‹ Premiers poèmesChapitre 79 sur 82 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Le Désespoir fleurît sur tes autels de jaspe^ O Songe ! et la colère y fume en hautes torches ; L'Orgueil est nu sous Tor qui d'un faste le drape Et le vent de la mer entre par les trois portes.

La terre délaissée autour du temple vide Isole pour jamais son ombre auprès de lui; Le couchant refroidi à l'occident oxyde Ses funestes métaux de Nuée et de Nuit;

Et le fleuve désert entre les routes blanches

De la poudre des temps^ des jours et des vains soirs

Roule ses ternes eaux, taciturnes et lentes,

Que ne remontent plus le Regret et l'Espoir

La terre est triste^, ô songe, et ton temple de jaspe Accueille les vaincus du mal pâle de vivre, Et les trois marches d*or, de bronze^ et de basalte Exhaussent ton seuil dur et ton sévère asile,

Refuge de l'Orgueil et du Désespoir morne Courbés au foiid des soirs qui n'auront que des nuits. Autel mystérieux de l'ultime concorde.

Où s'abjure le soin des antiques ennuis.

Les débris de la Lyre, hélas ! et de la Lance Attestent l'Essai nul et le Destin amer.

Et le cri des vivants a remis au silence Son grief oublié du Ciel et de la Mer !

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