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SOIRS

Parmi le soir, l'exil évanoui des flûtes.

Par delà le verger, la colline et le bois,

S'est tu, comme lassé d'avoir rythmé des chutes

De fruits mûrs en l'herbe où paissent les palefrois.

Le sonore métal des boucliers concaves

Etalés sur la terre en rondeurs de plats d'or

A tinté d*an écho d'insolites octaves

Au poids des fruits tombés dont le heurt vibre encor.

Mais les chevaujc, les boucliers et les cortèges Ont fui le crépuscule et les périls du soir.

Et les flûtes déjoueuses des sortilèges Ont tu leur charme fort d'un ordre de surseoir.

Le doux roi pastoral, vainqueur de la Gorgone, A fêté son triomphe en ce riche verger !

Héros improvisé d*un combat qui Tétonne, Le doux roi qui sait mieux cueillir ou vendanger,

Resté seul, en la nuit équivoque et stellaire Voit, à son. poing, saigner le trophée effrayant De la tête mystérieuse qui s*éclaire D'une lueur de lune pâle à l'Orient I

Le palais, entre les vergers et les prairies, Sous la lune totale et la nuit étoilée.

Rayonne en soir de joie, et la tête voilée Saigne sur un plat d'or, parmi des pierreries.

Par la fenêtre ouverte, sur la mer sereine Et sur les prés et sur les plaines florescentes, Vient la double senteur des grèves et des sentes^ Et le doux roi s'enivre aux doux yeux de la reine...

820 PREMIERS POrMES

L*hydre est rentrée au fond de sa caverne noire. Et les bons pèlerins qui vont, chantant des psaumes, Ont vogué vers l'Ophyr et la terre des baumes, Et le vent a brouillé les pages du grimoire.

Les béliers, dont la laine a la blancheur des neiges, Ont vaincu le bouc noir, et voici dans les vignes Et par delà les viviers où rôdent les cygnes. Les flûtes victorieuses des sortilèges

Chanter en unissson des gammes pastorales.

Sous la lune totale et la nuit étoilée...

Et le caillot; saigné par la tête voilée.

Durcit parmi Tor pur et les gemmes astrales !

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