I - question sociale comprend deux problèmes : le problème
, du gouvernement de la société et le problème du travail.
^ Séparer l’un de l’autre, c’est s’exposer à fausser les solu-
tions des deux côtés. On sentira par le fait l’évidence de cette proposition, si l’on remarque que les gouvernements I qui reposent sur l’idée révolutionnaire et qui relèvent du
\ suffrage universel, qu’ils aient pour chefs des Césars ou des
( présidents de république, manifestent tous, directement ou
f indirectement, des tendances vers le socialisme; qu’au
contraire les gouvernements qui se fondent sur l’autorité des lois imposées par Dieu à l’homme et sur la tradition i sociale, trouvent, dans le respect et la pratique des vieux
I principes, le moyen de pourvoir au bien-être des masses.
14 DÉFINITIONS, MÉTHODE, VUES GÉxN'ÉRALES.
et qu’ils savent être des pouvoirs populaires sans cesser d’être des pouvoirs conservateurs.
« Mais on ne se rendrait pas compte de ce pliênomèiie politique, si l’on oubliait que rharnionie de l’ordre polilique avec l’ordre économique a sa raison dans la nécessaire et légitime domination qu’exercent, sur l’un et sur l’autre, les principes supérieurs de la vie morale. D’un côté, les mêmes égarements qui mettent le droit souverain dans l’individu y mettent aussi le germe des cupidités qui Iroublent l’ordre social; et ces cupidités, il faut bien qu’on les tienne pour légitimes, puisqu’elles sont l’expansion naturelle d’une liberté qui ne se connaît point de maître; il faut bien qu’elles fassent loi pour des pouvoirs qui sont, du fait de leur origine, les serviteurs de la foule et de ses appétits souverains. De l’autre côté, du côté des sociétés où la paix et l’activité féconde régnent également dans les régions de ' la politique et dans celles du travail, c’est du respect de l’autorité divine que découlent ces bienfaits; c’est sous l’empire du devoir, règle commune que Dieu impose à tous, que les gouvernants prennent à cœur les intérêts des gouvernés, et que les gouvernés pratiquent la soumission à un ordre qui n’est exempt ni de gêne ni même de souffrance, mais qu’ils acceptent parce que c’est l’ordre même imposé à la vie humaine par la volonté créatrice.
Ce que comprend le problème du travail. La science économique. — « Il faut considère!', dans le problème du travail et dans la science qui en poursuit la solution, trois choses qu’il est inipossible de séparer : d’abord la morale qui vient de Dieu et qui règne partout; après la morale, la politique et l’économie, domaines que Dieu a livi'és aux hommes sous la condition qu’en y déployant leur libre