‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 11 sur 120 · LA SCIENCE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

LA SCIENCE ÉCONOMIQUE

activité, ils lui rendraient l’hommage de fidèle obéissance que la créature doit à son auteur. A y regarder de plus près, on veri*ait peut-elre qu au lieu de tiois choses, il n \ en a en réalité que deux, puisciuc l’économie n’est de sa nature qu’une partie et une dépendance de la politique, et que toutes les deux, la politique et l’économie, relèvent également du suprême empire de la morale.

« Partant de ces vues générales, nous avons à fixer les termes dans lesquels se pose le problème du travail. En ce problème, c’est l’économie politique tout entière qui se présente à nous. A la question du travail viennent aboutir toutes les questions particulières dont s’occupe la science économique; pour la résoudre, il faut tenir compte de tous les principes et de tous les faits qui constituent l’ordre matériel. On n’en peut négliger aucun, si l’on veut arriver à savoir comment s’accroît la puissance du travail dont l’homme tire tous ses moyens d’existence, et suivant quelles conditions de vie individuelle et sociale le travailleur trouvera, dans sa peine rendue plus féconde, le nécessaire que réclament la dignité et la liberté d'un être créé à l’image de Dieu et fait pour le posséder.

« Avant tout examen et toute discussion il faut que nous soyons fixés sur les grandes lignes de l’ordre économique ; il faut qu’entre bien des roules où s’est égarée la recherche économique, nous ayons reconnu celle par laquelle on peut espérer d’arriver à des solutions vraiment pi’atiqiies.

« Au milieu des abstractions d’un tel sujet, il n’est pas toujours aisé d’introduire la lumière. Les obscurités naturelles de la question se trouvent accrues de tous les sophismes dont on l’a chargée, dans le dessein d en bannir le principe divin. Par la force même des choses, en toute

question sociale, ce principe s’impose. C est en vain que l’esprit humain se flatte de réussir à se soustraire, sans dommage pour lui-même, à la vérité vivante qui le presse de toutes parts. Il s’en trouve d’autant plus embarrassé et obsédé qu’il fait plus d’efforts pour lui échapper. D’ellemême, l’érrour est toujours compliquée et elle aime à se voiler de nuages. Fuyant la simplicité qui la ferait trop facilement reconnaître, elle se perd en formules vaines. Par ces raffinements prétentieux, la science qu’elle crée peut très souvent justifier la qualification assez dure de lUlémlure ennuyeuse qu’un des espj'its les plus nets de ce siècle adressait à l’économie politique.

Le travail est un fait social. — « Il est une remarque qu’il faut faire tout d’abord : ce qu’on appelle l’ordre économique, ou bien, en termes plus généralement usités, l’ordre matériel, présente essentiellement le caractère d’un fait social. C’est dans les relations de la vie sociale que le travail déploie ses forces. Séparés les uns des autres par un individualisme absolu, les hommes ne conserveraient presque plus rien de leur puissance productive. Pour que leurs labours soient féconds, il faut qu’ils s’accomplissent dans les liens d’une étroite solidarité, sous la loi de la division du travail.

« L’œuvre du travail, dans l’ordre économique, est, d’une autre façon encore, marquée du caractère social. Elle suppose l’action simultanée, et du groupe social avec toutes ses forces individuelles, et de l’autorité politique qui régit ce groupe. On se placerait en dehors de toute vérité théorique, aussi bien qu’en dehors de toute vérité pratique, si l’on prétendait, avec le radicalisme, fermer à toute intervention des pouvoirs publics le domaine de

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