‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 100 sur 120 · LE REVENU DES CAPITAUX · texte numérisé non relu

LE REVENU DES CAPITAUX

venons d’énoncer est la seule par laquelle se règle celle proportion.

Pour l’intérêt des capitaux, de même que pour les salaires, il y a des causes générales et constantes qui délerminent, dans chaque pays, un certain état de choses duquel résulte le taux normal de l’intérêt. Mais outre ces causes générales, il y a des causes particulières dont l’action n’est que momentanée, et qui portent l’intérêt au-dessus ou audessous du taux normal.

Les causes particulières qui modifient ainsi le taux de l’intérêt sont en général les mêmes que celles qui agissent sur létaux des salaires. Il arrive même, par une contradiction qui n’est qu’apparente, que les mêmes causes qui font hausser les salaires font aussi hausser l’intérêt. Par exemple, quand on emploie des sommes considérables en préparatifs de guerre, la demande extraordinaire de capitaux que font les gouvernements, au moment où les capitalistes se montrent plus circonspects, élèvera le taux de l’intérêt, et en même temps la demande extraordinaire des bras fera hausser les salaires. Mais ce ne sera là qu’une situation exceptionnelle, conséquence des sacrifices exceptionnels que feront les gouvernements pour obtenir immédiatement les travaux que les circonstances réclament; une fois ces circonstances passées, les choses reprendront leur cours, et, tandis que l’intérêt restera élevé, à raison de la destruction des capitaux par la guerre, les salaires baisseront par suite de la réduction survenue dans la masse du capital.

Du reste; ce serait, en principe général, une erreur de ranger, parmi les causes qui agissent sur le taux de l’intérêt, l’abondance ou la rareté du numéraire. Le numéraire sert à transmettre et à évaluer les choses qui constituent le ca-

pital, mais il ne se confond point avec lui. L’accroissement dans la quantité de numéraire n’augmente pas la masse du capital; seulement, par suite de cet accroissement, le numéraire se déprécie et les prix de toutes choses augmentent. Si l’on olfre en prêt des sommes de numéraire plus considérables, d’un autre côté, les entrepreneurs ont besoin, pour une même opération productive, de sommes plus fortes, puisque le prix de tous les objets qu’ils emploient dans la production s’est élevé en proportion. Il résulte de là que l’offre et la demande des capitaux restent dans la même relation et que, par conséquent, l’intérêt n’est point modifié. Les opérations dont le capital est l’objet s’effectueront sur des valeurs plus élevées, la masse des intérêts perçus en argent se trouvera accrue, mais le rappoid du revenu du capitaliste au montant de son capital restera le même. Toutefois il pourra arriver, dans les premiers moments, quand l’accroissement de la masse du numéraire n’aura pas encore pu agir pour en abaisser la valeur, que l’intérêt baissera; mais celte baisse ne sera que passagère, les choses reprendront bientôt leur cours naturel, et l’intérêt remontera à son taux ordinaire.

Le loyer du capital fixe. — Dans le prêt à intérêt, le capital s’offre sous la forme de choses que l’entrepreneur consomme et remplace par d’autres choses de même nature et de même valeur, ou plus souvent sous la forme d’une valeur en numéraire. Mais très souvent le capital se présente sous une autre forme, il consiste en objets déterminés, destinés à être restitués à celui qui les loue, tels qu’ils sont, et qui constituent le capital fixe. Alors, au lieu de rapporter un intérêt, le capital rapporte un loyer.

Le loyer comprend des éléments divers. Le plus impor-

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tant est l’intérêt du capital circulant, employé à constituer le capital fixe. Mais le capital fixe se détériore par l’usage; il exige, en outre, un entretien plus ou moins coûteux; il faudra donc que celui qui le donne en location retire, par le loyer, outre l’intérêt de la somme que représente l’objet loué, le montant des frais d’entretien, et une certaine

somme destinée à l’amortissement de la valeur de l’objet, somme qui sera calculée sur la durée probable de cet objet. Dans le cas où le producteur emploiera des capitaux fixes qui lui appartiennent, il comptera ces sommes dans ses frais de production, et il les prélèvera successivement sur le prix de ses produits. Ces sommes ne seront pas comptées dans le revenu proprement dit du capital, puisqu’elles ne serviront qu’à rembourser un fonds successivement consommé par les opérations productives. Ces remboursements devront être mis sur le même rang que les remboursements de la valeur des matériaux absorbés par l’opération productive. Il restera donc, comme revenu du capital, l’intéi êt des sommes employées à créer le capital fixe, et rien par conséquent ne sera changé, par suite de l’emploi de ces capitaux aux lois générales qui règlent le revenu du capitaliste.

II est toutefois à remarquer que, dans certains cas, par cela môme que le capital se trouve engagé de façon à ne pas pouvoir être à volonté appliqué à un autre emploi, le loyer des capitaux fixes poui’ra subir une dépréciation, parfois d’assez longue durée, et qui se prolongera d’autant plus que les capitaux surabondants seront plus longtemps à être détruits par l’us?ge. L’effet contraire se produii*a dans le cas où, la demande de ces capitaux s’accroissant, il faudra un certain temps pour en augmenter le nombre.

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