LES CAUSES DE LA 31ISÈHE
téressent à la classe ouvrière, et nulle n’est plus difficile à résoudi’c.
5“ Les dispositions personnelles des travailleurs.
Les causes de misère qui appartiennent à cette catégorie peuvent se résumer sous les chefs qui suivent : la paresse, l’ignorance, l’imprévoyance, le luxe, l’inconduite sous toutes ses formes, c’est-à-dire des vices ou des faiblesses, l’immoralité ou un blâmable abandon aux sollicitations de la vanité, de l’orgueil, de la sensualité; en un mot l’oubli plus ou moins profond de la loi de la vie chrétienne, de la loi du renoncement, de laquelle dérivent la modération des désirs et la régularité des habitudes. Dans ces défaillances et dans ces désordres, il y a des degrés; mais toujours la condition des familles s’en trouvera alfectée. La gène, en tous cas, la misère, lorsque les désordres auront atteint un certain degré, en sortiront fatalement.
La conséquence dernière et la suite inévitable des faiblesses et des désordres de l’ouvrier, c’est l’imprévoyance et ce vice qui met le comble à tous les autres, rend incurable la misère qui a sa cause dans les dispositions personnelles de l’ouvrier.
Les causes personnelles de la misère sont de beaucoup les plus actives. Lors même qu’elles ne produisent pas à elles seules la misère, elles s’ajoutent aux autres causes pour en accroître la fâcheuse influence. Si les classes ou-
vrières étaient douées d’une sérieuse moralité, les autres causes de la misère perdraient par là même la plus grande partie de leur pernicieuse efficacité, 'fel est l’avis de tous ceux qui ont fait sur la situation des classes ouvrières de sérieuses éludes.
¥ Les accidents inséparables de la condition humaine.
53i LA MISÈRE ET LA CHARITÉ.
Ces accidents qui frappent tantôt l’un, tantôt l'autre, traînent partout la misère à leur suite. Quelquefois ils irappent des populations entières, et répandent la souffrance, souvent même la déiresse, sur de vastes contrées; ce sont alors des fléaux. Comme la volonté humaine ne saurait les prévenir et qu’elle ne peut en modérer l’action que dans une très faible mesure, c est à la prévoyance et à la charité qu’il faut demander d’en atténuer les suites.
Comment on peut combattre la misère. — Dans les causes de la misère, comme dans les remèdes qu’on peut lui opposer, l’élément individuel tient une tiès grande place. Souvent, l’expérience en fait foi, la moralité de l’ouvrier suffirait pour écarter de lui la misère, dans ce quelle a de plus douloureux et de plus humiliant. Les enquêtes approfondies faites, depuis cinquante ans, par les hommes les plus compétents et les plus dégagés de parti pris, sur l’état des classes ouvrières, conduisent toutes à cetle constatation. L’ouvrier laborieux et rangé pourra être pauvre, rarement il sera misérable. Alors même que la misèie a sa source dans les conditions extérieures d’existence que l’ordre social et l’organisation industrielle font à l’ouvrier, il pourra, s’il a conservé toute son énergie morale, réagir, dans une assez forte mesure, contre les nécessités que lui impose le milieu où il vit.
Est-ce à dire pourlant qu’il faille tout abandonner à l’action individuelle, au travail de moralisation, de réformation spirituelle, auquel l’ouvrier peut se livrer sur lui-même et pour lequel les œuvres qui s occupent d’améliorer son sort peuvent lui prêter leur aide? L’émancipation complète des travailleurs, qui est un des principes, je dirai plus, une des conquêtes de notre ordre social, a-t-elle pour consé-