ASSOCIATION ET PATRONAGE
blêmes, il y a beaucoup à espérer du temps. C’est une question qui a besoin d’être mûrie et qu’il ne faut point écarter par une fin de non recevoir pure et simple.
Ces exemples suffisent pour faire comprendre comment on peut admettre, sans tomber dans le socialisme, une certaine réglementation du travail par la loi, lorsque les nécessités de la conservation sociale par le respect des bonnes mœurs, le maintien des relations de famille, la préservation morale et physique des jeunes générations, lorsque le soin de la santé publique compromise par la nature du travail, ou son excessive durée, font à l'État un devoir d'user de son droit de police.
Association et patronage. — Les deux grandes forces dont on peut espérer la reconstitution morale et professionnelle des classes ouvrières, sont l’association et le patronage. Résumées dans une même institution, ces deux forces constituent la corporation, dans la forme que comporte la situation actuelle du travail et des classes qui, à tous les degrés, se livrent au travail. C’est dans la corporation, dont l’encyclique Beriim novai'uni trace avec tant de soin les règles, que doivent se concentrer, s’unir et s’organiser toutes les activités, toutes les bonnes volontés qui s’emploient aujourd'hui à la solution pratique du problème social. Dans mon ouvrage sur la Richesse dans les sociétés chrétiennes, une élude sur l’association et le patronage forme la conclusion du sixième livre, où il est traité de la misère et des remèdes à y opposer. Dans le présent écrit, sous les n°® Y et Ylll du premier chapitre, j’ai parlé de ces deux grandes forces de toute société chrétienne. Les considérations qui s’y rapportent devaient trouver là leur place.
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vu que ce sont des institutions essentielles en tout régime économique bien constitué, tenant par la nature même des choses à ce qu’il y a de fondamental dans l’ordre du travail. J’en ai dit tout ce qu’il convient d’en dire, dans un écrit où l’on se borne à poser les principes et à tracer les grandes lignes d’une organisation cbrélienne du travail. Je n’ai plus à faire ici autre chose que de renvoyer le lecteur à l’endroit du livre où, en traitant cette question, j’ai rnis en évidence, dès le début, le vrai moyen de solution du problème de la misère, problème capital et dernier mot de l’économie politique.
NÉCESSITK DE LA CUAKITÉ DAXS l’oUDDE SOCIAL
La charité nécessaire dans l’ordre économique. — Dès le début j’ai dit, en posant les principes, qu’en toute société fondée sur la liberté et l’égalité, la charité a son rôle nécessaire, même dans l’ordre matériel, parce que toujours, à raison de l’imperfection et de l’infirmité des choses humaines, il se rencontrera des dénuements et des souffrances auxquels seule elle peut remédier.
Dans toute organisation sociale où l’esclavage n’est pas la condition des masses, la charité est une nécessité. Sans elle que deviendrait cette foule de malheureux que les défaillances de leur volonté, les accidents de la vie, les révolutions ou les complications du travail, privent de leurs moyens de subsistances? Dans toutes les sociétés, même les mieux ordonnées, la pauvreté a toujours une grande