‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 116 sur 120 · ROLE SOCIAL DE LA CHARITE · texte numérisé non relu

ROLE SOCIAL DE LA CHARITE

place, et la misère même une part trop considérable; d'où il suit que la charité doit nécessairement entrer dans toute organisation sociale régulière. Sans la charité, la distribution de la richesse resterait imparfaite et vicieuse, puisqu’une notable partie des membres de la société resteraient privés de ce nécessaire, dans l’ordre matériel, qui est une des conditions de l’accomplissement de notre destinée terrestre.

Rôle social de la charité. — La charité a, tout à la fois, un but spirituel et un but social. Ici comme toujours, la perfection dans l’ordre spirituel amène naturellement la perfection dans l’ordre des intérêts temporels.

Le but spirituel, c’est d’unir plus étroitement l’homme à Dieu par le sacrifice, c’est de le rendre plus semhlable à son auteur, dont la bonté et la miséricorde sont les attributs par excellence.

Le but social, c’est de rattacher intimement les uns aux autres les membres de la grande famille humaine et d’accomplir en eux la loi de justice, par une égale distribution des biens et des épreuves de la vie ; c’est d’opérer cette équitable répartition, non par une loi fatale qui ne laisse point de place à la vertu et au mérite, mais par un acte de la liberté qui donne à l’homme la grandeur du sacrifice volontairement accompli, en même temps qu’il lui assure les avantages de l’ordre régulier de la société.

La communauté par la charité. — L’inégalité des conditions, qui accompagne inévitablement la propriété, a sa raison dernière dans la loi du perfectionnement par le sacrifice, qui est elle-même la raison dernière de toute l'organisation de notre vie sociale. La pauvreté est la condition de l’homme déchu. Tous nous avons été condamnés.

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en punition de la faute de notre premier père, à manger notre pain à la sueur de noire visage. Il y a dans la pauvreté une vertu d’expiation qui lui donne le caractère d’un bienfait en même temps que d’un châtiment.

Ce bienfait de la pauvreté, Dieu n’a voulu en priver personne de nous. A ceux à qui il n’impose pas la pauvrelé dans sa réalité, il offre la pauvreté volontaire et le dépouillement libre par les renoncements de la charité. Par un de ces secrets qui ne peuvent appartenir qu’à l’auteur des choses. Dieu a fait l’humanité tout ensemble riche et pauvre. C’est par la richesse et par les riches que se révèle et s’exerce particulièrement cette domination sur le monde matériel que Dieu, par les bénédictions du premier jour, avait départie à l’humanilé. L’humanité avait été créée riche, elle s’est faite pauvre par son péché. Elle n’est plus riche que dans quelques-uns de ses membres, mais ceux-là même ne peuvent échapper à la loi générale qui a fait du besoin et de la souffrance la condition commune. C’est par la solidarité avec les pauvres, par la participation libre ou obligée aux épreuves de la pauvreté, que le riche prendra sa part de l’expiation générale.

La charité établit donc entre le riche et le pauvre une véritable communauté. Cette communauté de la charité est une nécessité. Sans elle la propriété serait une institution contre nature, ce serait le plus intolérable des abus et la plus criante des iniquités. Toutes les attaques dont le principe de la propriété a été l’objet, et tous les systèmes qui ont pour but de substituer le régime du communisme au droit de propriété, ont leur source dans une fausse application de l’idée de la communauté. Au lieu de la communauté par la liberté, qui est la charité, on prétend établir

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