RENONCEMENT ET CHARITE
La charité est tout à la fois liberté, égalité, fraternité. Sans elle ce sera toujours et partout la guerre de tous contre tous : on l’a vu dans les sociétés* païennes de l’antiquité, et on commence, hélas! à le voir dans nos sociétés, que le paganisme est en train de ressaisir. Avec la charité, c’est la paix et l’harmonie universelles.
On peut dire que c’est dans la charité que se résume tout l’ordre social sorti du christianisme. La charité est le trait distinctif entre les sociétés qui obéissent au christianisme et les sociétés qui repoussent sa loi. iN’a-t-il pas été dit aux chrétiens : « On vous reconnaîtra à ce signe, que vous vous aimerez les uns les autres? »
PES COMlITIOXS D EFFICACITE DE LA CHAIllTE
Le principe générateur de la charité. — Rechercher les conditions d’efficacité de la charité, c’est demander comment le principe qui est l’essence même de la charité s’applique aux relations du riche et du pauvre, de façon que la charité puisse, non seulement remédier à la misère en procurant au pauvre le nécessaire qui lui manque, mais encore et surtout, prévenir l’action de la misère en l’attaquant dans ses causes.
La charité est essentiellement le don de soi et de ce que l’on possède, offert et reçu en esprit de mutuelle affection et de mutuel sacrifice. La chanté a donc sa source, sa condition la plus générale, dans une force morale assez puissante sur la volonté pour déterminer l’homme à préfê-
rer le bien d’autrui à son propre l)ien. L’Église catholique donne aux hommes cette force. En leur inculquant l’esprit de renoncement, elle réalise toutes les conditions de la véritable charité. Nous avons sous les yeux la preuve vivante de cetle vérité. La supériorité de l’Église catholique et sa fécondité dans les œuvres de la charité sont parmi les faits les moins contestables de notre état social.
11 faut que, dans son action, cette force qui engendre la charité se révèle, non seulement par l’ardeur qu’elle apporte à l’accomplissement des œuvres, mais encore par
l’intelligence et le soin qu’elle y met. 11 faut qu’elle se règle sur les inclinations naturelles et légitimes de l’homme et sur les nécessités de la vie sociale. De là les conditions particulières de l’efficacité de la charité, que l’on peut déterminer ainsi qu’il suit.
Caractère moralisateur de la charité. — Comme la misère provient, la plupart du temps, des vices ou des imperfections du pauvre, ce sont ces vices et ces imperfections que la charité doit combattre d’abord.
Sans doute il est des cas où des accidents plus forts que la volonté de l’homme, une situation générale de la société, sur laquelle il ne peut l ien, le réduisent à la misère, sans qu’on puisse rien lui imputer. Mais ces cas ne sont pas les plus nombreux, et les misères dont les accidents de la vie et les difficultés sociales sont la cause seraient singulièrement atténuées si les familles qu’ils affligent ne s’étaient jamais écartées, dans leur conduite, des règles tracées par la loi morale et par la prudence humaine.
Dans les cas où la misère provient de la faute de l’homme, et ce sont les plus fréquents, c’est à réformer les habitudes du pauvre que la charité doit viser. Sans cela, ses secours,
au lieu de remédier à la misère, ne feraient que l’encourager et la perpétuer, en donnant aux pauvres le moyen de persévérer dans leurs habitudes vicieuses, sans en éprouver les fâcheuses conséquences.
Ce n’est pas à dire que si la charité vraie, la charité catholique, distribue ses aumônes avec intelligence et circonspection, elle accepte les principes de la charité restrictive à laquelle Malthus a attaché son nom.
L’Église possède l’esprit d’amour et de sacrifice, et elle a toujours profondément répugné à ce système d’assistance avare et presque haineuse, par lequel l’école utilitaire voudrait faire de la charité un des instruments de la guerre qu’elle a déclarée au pauvre et à la pauvreté. « La charité, dit saint Ambroise, ne pèse pas si sévèrement les mérites; avant tout elle subvient aux nécessités. » Saint Jean-Chrysoslome parle dans le même sens : « Qu’un pauvre se présente à ta porte, manquant de pain, tu lui reproches sa paresse, sans penser que toi aussi tu es oisif, et que cependant Dieu te comble de biens Si nous scrutons si
curieusement les titres de nos compagnons de service. Dieu en fera autant avec nous, car selon que nous aurons jugé, il nous jugera. » Une circonspection intelligente, mais toujours unie à la miséricorde et tempérée par elle, telle est la règle de la charité catholique, et telle est aussi la règle de la charité dans sa vérité, de la charité secourable au pauvre sans être nuisible à la société.
Il y a un milieu à tenir entre la prodigalité des dons, provoquée par une pitié irréfléchie, et l’étroite et froide circonspection que certains voudraient faire considérer comme nécessaire, pour éviter que des pauvres indignes n’abusent de la charité. Que la charité soit sévère envers
les pauvres vicieux et rebelles aux conseils, qu’elle cherche dans celte sévérité un moyen de se faire écouter, c’est souvent une nécessité; mais que celte sévérité ne soit employée que lorsque toutes les autres voies ont été inutilement tentées, qu’elle ne fasse jamais taire le sentiment de la miséricorde sans lequel il n’y a plus de charité, et qu’elle cesse aussitôt qu’elle n’est plus nécessaire ou que l’on a acquis la conviction de son ineflicacité.
La charité doit être intelligente et affectionnée au pauvre. — Pour être efficace il faut que la charité ne se home pas au don matériel, il faut qu’elle console, soutienne, relève et réforme l’homme. Telle est l’aumône, dans son sens vraiment chrétien. Les premiers biens pour le chrétien sont les biens de l’àme, et ce sont ces hiens-là surtout qu’il est empressé de donner à ceux vers qui sa charité le porte.
H faut que celui qui fait la charité entre avec le pauvre dans une véritable intimité. 11 faut qu’il acquière une connaissance détaillée de sa situation et de ses besoins, de ses besoins moraux comme de ses besoins matériels ; qu’il se fasse en (pielque sorte de la famille du pauvre. Celui qu’anime vraiment l’esprit chrétien ne conçoit pas autrement la charité. Il voit Dieu dans les pauvres, et il les aime en Dieu comme Dieu lui-même. Toujours soutenu de cette pensée, il apportera à son action charitable un soin et un scrupule proportionnés à l’importance que le pauvre possède aux yeux de sa foi. 11 aura vraiment l’intelligence du pauvre et de ses besoins.
Ce n’est pas le don matériel qui constitue la charité, ce n’en est qu’une partie, souvent la moindre, et s’il n’était accompagné de l’action morale, il pourrait être plus nui-
sible qu’utile. Ce qui fait la charité, c’est le don de l’homme lui-même, avec toutes ses supériorités intellectuelles et morales. C’est ce don de soi qui établit la vraie communauté entre le riche et le pauvre.
La charité demande une autorité tempérée d’affection. — 11 faut que celui qui fait la charité acquière sur le pauvre, non seulement de l’inlluence, mais encore de l’autorité. L’intelligence peu éclairée du pauvre, sa volonté souvent incertaine, ont besoin d’être guidées, soutenues, contenues par une intelligence plus élevée et une volonté plus ferme. A qui se présente au nom de Dieu, et par l’impulsion de l’amour de Dieu, il sera facile d’acquérir celte autorité : posséder la connaissance sérieuse et détaillée de la vie du pauvre, prendre sur lui celte autorité toute de confiance et de persuasion, n’est pas l’œuvre d’un moment. Ce n’est pas non plus une œuvre qui puisse se faire sans peine. Ainsi comprise, la charité exige vraiment le sacrifice de l’homme tout entier, et ce n’est que lorsqu’elle est ainsi comprise qu’elle accomplit sa mission sociale. C’est la charité qu’inspire l’esprit de renoncement chrétien et que seul il peut inspirer.
La charité doit respecter le pauvre. — Mais si, dans l’exercice de la charité, une certaine autorité est nécessaire, cette autorité ne peut jamais être que morale; il faut qu’elle soit librement acquise et jamais imposée; il faut que, dans tous les cas, elle respecte l’indépendance et la dignité du pauvre. La charité qui les méconnaîtrait ne serait plus la charité; ce ne serait, du côté du riche, qu’un despotisme aussi injuste qu’insolent, et, du côté du pauvre, qu’un trafic honteux de tout ce qui fait la force et l’honneur de la vie humaine. D’ailleurs, ce n’est que lorsque la cha-
^ rin~iT liiitiiTléinriiTBMMiBIIWiiiiiiBVii^iiJfiTiri 'imkiTiii 'TinrT"Tini u îriruiiiiii ünr" 1 llÉlIQhiilUlUSMiiI
rité respecte le pauvre qu’elle exerce sur lui une véritable puissance, parce que ce n’est qu’à cette condition qu’elle s’ouvre et s’attache son cœur.
La charité est tenue de respecter la liberté, les affections, dans une certaine mesure même les goûts du pauvre. Il faut surtout qu’elle respecte ce qu’il y a de plus profond et de plus élevé dans les affections de l’homme, les affections de la famille. La vie de famille est un des plus puissants préservatifs contre tous les désordres, contre toutes les faiblesses et contre tous les avilissements. Faire de l’éloignement de la famille une condition de la charité, ce serait non seulement attenter à l’un des droits les plus sacrés de l’homme, mais ce serait encore manquer le but de la charité, qui est principalement un but de perfectionnement moral.
Les bonnes dispositions du pauvre doivent répondre aux bonnes dispositions du riche. — Les bonnes dispositions du pauvre à qui l’on fait la charité ne sont pas moins nécessaires à son efficacité que les bonnes dispositions du riche. Si le pauvre, en recevant l’assistance du riche, se l aidit dans son orgueil et s’enferme dans son égoïsme ; s’il ne voit dans celui qui secourt sa misèi’e qu’un privilégié de la fortune dont le bonheur immérité ne fait que soulever ses jalousies ; s’il reçoit cette assistance comme une humiliation nécessaire mais impatiemment supportée, le bienfait de la charité ne sera-t-il pas perdu pour lui? Il est donc indispensable que la charité soit reçue comme elle est donnée, qu’il y ait des deux côtés un égal esprit d’abnégation et d’affection fraternelle.
Il faut au pauvre de l’abnégation pour supporter sans murmure le contraste de l’aisance des classes supérieures
avec sa misère, de leur bonheur avec ses souffrances. Il lui en faut encore pour accepter les conseils du riche, pour avoir foi dans la supériorité de ses lumières, et se soumettre avec une confiante déférence à sa direction. Il faut au pauvre la charité envers le riche, laquelle lui fera comprendre les sacrifices que celui-ci fait pour lui. En rendant au riche charité pour charité, le pauvre s’attachera à lui; il répondra d’autant mieux à ses soins, il sera d autant plus docile à ses avis, qu’il appréciera mieux, par ses propres dispositions, les sentiments qui l’inspirent.
Le pauvre qui a reçu les enseignements de l’Église n’éprouve aucune de ces révoltes qui font obstacle à l’efficacité de la charité. 11 sait ce que valent devant Dieu la richesse et la pauvreté. Il sait, car l’Évangile a pris soin de le lui dire à toutes ses pages, que sa position est meilleure, quant à l’ordre spirituel, que celle du riche. Il n éprouvera donc aucune de ces défiances et de ces jalousies qui soulèvent le pauvre contre le riche, dans les sociétés qui ont perdu l’intelligence de la loi du sacrifice. Il sait que le riche vient à lui avec les dispositions d’un frère pour son frère. Tandis que les riches voient dans les pauvres les membres de Jésus-Christ, les pauvres voient dans le riche le ministre de la bonté de Dieu, l’homme à qui Dieu a imposé, en lui donnant la supériorité des richesses et des lumières, le devoir d’assister, d’éclairer et de guider ses frères déshérités de la fortune et de la science. Dans les sociétés chrétiennes, entre le riche et le pauvre, le respect, l’amour et la confiance sont réciproques; d’où il suit que 1 autorité en son sens le plus vrai, l’autorité qui s’appuie sur la libre conviction et la libre adhésion de ceux qu’elle
fWjr-K
552 LA MISÈUE ET LA CllARirÉ.
dirige, se trouve réalisée, dans leurs rapports, à sou plus haut point de perfection.
Les sociétés chrétiennes possèdent des institutions dans lesquelles se conservent le culte de la pauvreté et 1 amour \ du pauvre, et qui sont, en même temps que des foyers de
; charité, des écoles où l’on enseigne a tous les secrets de la
•I pratique charitable. Par son clergé et ses ordres religieux,
; l’Église a créé des serviteurs des pauvres tels que n ont
jamais pu en avoir les sociétés où le renoncement chrétien a cessé d’avoir empire sur les mœurs. C’est une constante expérience que, pour aimer les pauvres et les servir, il faut I être pauvre, sinon en réalité, du moins de cœur. Ce sont
les pauvres qui donnent aux pauvres. Ces prêtres et ces religieux qui se font pauvres pour l’amour du Christ, aiment les pauvres et sont aimés d’eux, les comprennent et en sont compris, comme jamais ne pourront l’être les hommes du monde, si délachés qu’ils soient en esprit des biens de la fortune. Recrutés en même temps dans les rangs supérieurs et dans les rangs inférieurs, également honorés de tous à cause de leur caractère, ils sont les intermédiaires naturels entre les riches et les pauvres. C’est surtout à leur intervention que les sociétés, vivant de la vraie vie catholique, doivent d’échapper à cette séparation ' profonde des classes, à cette hostilité des petits contre
les grands, qui dévore les sociétés livrées aux instincts utilitaires.
Liberté de la charité. — Toutes ces conditions d’efficacité de la charité, que je viens d’exposer, en supposent une autre sans laquelle elles seraient vaines ; c’est la liberté de la charité.
La charité ne se conçoit pas sans la liberté. Qui dit
charité dit en même temps et nécessairement liberté. Cela résulte de la considération de la charité dans sa nature intime. En effet, ce don de soi et de ce que l’on possède, déterminé par l’esprit de sacrifice et de fraternelle atfection, peut-il être autre chose qu’un acte de pleine liberté? et ne perdrait-il pas son caractère essentiel, et par là même sa vertu, si l’obligation légale remplaçait le mouvement spontané de la volonté sous la seule impulsion delà conscience; si, d’une façon ou d’une autre, la loi traçait à la charité ses limites et réglait son mode d’action? Vous pourrez instituer ce qu'on appelle la charité légale, lever, de par la loi, des contributions sur les classes aisées et répartir entre les pauvres, à titre de supplément de moyens d’existence, ce que vous aurez ainsi pris au riche ; accorder aux ouvriers sans travail ou chargés de famille des subventions sur les revenus de la paroisse, comme en Angleterre; attribuer, comme le voudiait le socialisme d’État, avec le concours du trésor public, des pensions de retraite aux ouvriers âgés ou infirmes, ce qui est bien de la charité légale ; rien dans ces largesses faites par l’autorité de l’Etat, et suivant les règles nécessairement fixes et uniformes de la loi, ne ressemblera à la charité. Ce qui fait la principale force de la chaiâté, l’action morale, n’aura dans de pareilles pratiques auciuie place; toutes les conditions parliculières d’efficacité de la charité que je viens de rappeler se trouveront par là même méconnues ou violées. Sur les faits, sur les conséquences désastreuses de la charité légale, on peut voir ce que j’ai dit au chapitre iv du livre Vil de la Richesse dans les sociétés chrétiennes.
C’est à la conscience que la charité doit s’adresser pour réformer les mœurs du pauvre; or quelle autorité aura
ôbi LA MISÈRE ET LA CHARITÉ.
sur les consciences celui qui ne parle qu’au nom de la loi? La loi gouverne les actes extérieurs, mais il ne lui est pas donné de pénétrer dans le sanctuaire de la conscience.
La dernière raison de la loi est la contrainte matérielle ; si la loi ne fait pas appel à la contrainte, elle est sans force, elle n’est plus rien, car elle n’a point, par sa nature, mission pour parler dans l’ordre spirituel. Or, rien ne ferme plus les âmes à la confiance que l’intervention de la contrainte. Comment gagnerez-vous la confiance du pauvre, quand, sous vos exhortations, apparaîtra toujours la menace de la loi ? Il faut, sans doute, que la charité s’appuie sur une autorité, mais il faut que cette autorité soit de l’ordre spirituel et qu’elle tire sa force de l’adhésion spontanée des consciences. Sans cette adhésion libre et souveraine des volontés, point de moralité sérieuse ; vous aurez tout au plus de l’hypocrisie, et vous n’opérerez point de réformes véritables dans les mœurs.
D’ailleurs, si vous agissez sous la règle stricte du droit, tous vos actes participeront du caractère de l’obligation légale, et vous aurez devant vous, non point un homme sur qui le bienfait que vous lui apportez vous donne par lui-même une certaine autorité, mais un créancier qui exigera avec hauteur ce que la loi vous oblige de lui accorder. Or, si les pauvres peuvent compter sur le secours comme sur un droit, au lieu d’aider à réformer leurs mœurs, ce secours servira à alimenter leurs vices. Où sera alors l’action morale de la charité? En perdant la liberté, n’aura-t-elle pas perdu toute puissance pour l’accomplissement de sa mission sociale?
En même temps que la contrainte de la loi ôtera à la charité toute action efficace sur les mœurs, cette contrainte
tarira les sources où elle s’alimente. C’est d’affection que la charité s’exerce : si l’affection n’est pas libre de se porter vers les objets de sa prédilection, elle se replie sur elle-même et elle s’éteint sons le poids de la contrainte qui prétend la diriger. Tentez de soumettre les inspirations de la charité aux règles de la loi, de lui assigner d’autorité l’œuvre qu’elle aura à accomplir, et plus vous mettrez d’insistance à provoquer son action, plus vous la verrez se dérober à vous et vous fermer ses trésors.
Liberté quant au don en lui-même, liberté quant à la manière de donner, telle est la condition sans laquelle il n’y a véritablement plus de charité.
Même quand la charité revêt la forme d’institution, encore faut-il qu’elle reste libre.
Comme toutes les forces nécessaires à la vie sociale, la charité, pour être en possession de sa pleine puissance, doit pouvoir s’appuyer sur la tradition et prendre le caractère de la perpétuité. Ses œuvres, qui répondent à des besoins universels et constants de la société, ont droit à être assurées, par la protection des pouvoirs publics, d’une durée indépendante de la vie bornée et de la mobile volonté des individus. Mais, pour que les œuvres charitables se fondent suivant ces conditions, et pour qu’elles conservent dans leui action toute leur efficacité, il faut que le principe de la liberté leur soit appliqué. Il faut qu’il y ait liberté de fonder et liberté de tracer les règles de l’administration des fondations; de telle sorte que l’institution, bien que vivant sous la garantie et sous la surveillance des pouvoirs publics, puisse conserver, pour l’application des secours, la spontanéité et l’indépendance indispensables à l’efficacité de sa mission charitable.
T rr
aasatassss: