DÉFINITION DE LA RICHESSE
nité dans les choses matérielles ne s’y rencontrent que comme l’annonce des calamités destinées à rappeler les hommes au sentiment des infirmités et des épreuves de leur exil. Le matérialisme économique sent d’instinct que la méthode historique n’a pour lui que des démentis, et c’est pourquoi il la repousse avec tant d'obstination. » {Les Doctrines économiques, p. .o54.)
NOTION DE LA RICHESSE ET DE L ORDRE ECONOMIQUE SUIVANT LA CONCEPTION CHRÉTIENNE DE LA VIE INDIVIDUELLE ET SOCIALE
La définition de la richesse. — La définition de la richesse a fort occupé et souvent embarrassé les économistes. Que peut faire, en effet, la science de la richesse si elle n’a défini tout d’abord l’objet de sa recherche? La notion de la richesse diffère totalement suivant l’idée qu’on se fait de la destinée humaine. Le chrétien a de la richesse une notion qui ne peut pas être la même que celle de l’utilitaire. ■
« La richesse n’est pas, ne peut pas être pour le chrétien cet instrument de jouissance et de domination que se disputent sous nos yeux les cupidités d’un siècle où les masses ne voient plus rien au delà de cette terre. Pour lui, c’est une force dont il use sans la priser plus qu’elle ne vaut, en vue d’une fin qui exclut à la fois l’orgueil de l’esprit et les jouissances des sens. Que de fois, dans ses aspirations aux pures joies de l’àme, il laisse
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échapper cette plainte de l’esprit captif sous les liens de la matière cpi’exprime si élofjuemment Bossuet : « Pour- « quoi m’es-tu donné, ô corps mortel? fardeau accablant,
« soutien nécessaire, ennemi flatteur, ami dangereux, avec « lequel je ne puis avoir ni guerre, ni paix, parce qu à « chaque moment il faut s’accorder et à chaque moment
« il faut rompre Je ne sais pourquoi je suis uni à ce
« corps mortel, ni pourquoi, étant 1 image de Dieu, il « faut que je sois plongé dans celte boue. Je le hais (( comme mon ennemi mortel, je l’aime comme le com- « pagnon de mes travaux; je le fuis comme ma prison,
« je l’honore comme mon cohéritier. »
« Ce que dit Bossuet de l’homme, de la guerre que se livrent en lui l’esprit et le corps, de la chaîne étroite et de la mutuelle dépendance qui les tiennent attachés 1 un à l'autre et, pour ainsi dire, confondus dans l’unité de la personnalité humaine, nous le pouvons dire pareillement des sociétés. La vie sociale est une comme l’homme est un. Aussi bien que l’homme, c'est par l’âme que les sociétés vivent.
Conception chrétienne de l'ordre matériel. — « De même que le corps n’existe que pour Pâme, l’ordre matériel dans la société n’existe que pour l’ordre moral. C est dans l’ordre moral qu’est le but; en lui est la vie même des peuples. L’ordre matériel n’a de prix que parce qu en y déployant son activité l’homme y fait rayonner quelque chose de la splendeur dont Dieu illumine son âme. Les besoins matériels, qui semblent se rapporter au corps seulement, si l’on y regarde de près, ont une raison plus haute. C’est par eux que l’homme est sollicité â celte transformation du monde qui associe, en quelque sorte.