‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 15 sur 120 · DÉFINITION DE LA RICHESSE · texte numérisé non relu

DÉFINITION DE LA RICHESSE

V la matière inerte au mouvement et aux magnificences de l’esprit. 11 est de fait encore que les besoins sont un des liens de la société humaine. A lui seul, l’homme ne pourra, dans son isolement, satisfaire qu’à peine les plus rigoureux de ses besoins. Associé â ses semblables, sa puissance ! d’appropriation des choses aux usages de la vie grandit, au

point d’être prise par quelques-uns pour une domination souveraine sur le monde extérieur. Il sera donc vrai de dire, en un certain sens, avec Platon, que si l’on remonte i par le passé à l’origine de la société, on la voit sortir de

nos besoins. Les besoins sont un des moyens dont se sert la Providence pour retenir les hommes dans cette communauté de vie et de pensées, dans celte unité spirituelle qui est la raison vraiment profonde et la fin dernière de la société.

« L’ordre matériel n’est donc, pour ainsi parler, que !j l’ombre de l’ordre moral. L’ordre moral, ou, pour mieux * dire, l’ordre spirituel, crée l’ordre matériel â son image.

I La vie matérielle doit, par conséquent, trouver dans la vie spirituelle son principe et sa règle. Là-dessus le bon sens j public ne s’est jamais trompé. Pour les peuples comme pour les individus, la richesse n’est quelque chose, elle ne donne quelque grandeur, que s’il en est fait un noble emploi. Bornée à la simple jouissance, elle ne rencontre que l’indifférence sinon le mépris.

(( La richesse qui ne se spiritualise pas, en quelque sorte, par son application aux fins supérieures de l’homme, n’est pour la société qu’un fardeau dont le poids l’accable et souvent la tue. Mais les conquêtes de l’homme sur la nature, la puissance matérielle qu’il en lire tant qu’elles restent sous le gouvernement de l’esprit, servent merveil-

leiisement à raccomplissement des destinées divines de l’hunianité. » {La Richesse, tome 1, p. 28.)

COMMENT PROCÈDE LE TRAVAIL POUR LA RÉALISATION DE LA DESTINÉE SOCIALE DE l’homme QUANT A LA RICHESSE

LA FAMILLE ET l’ÉTAT, LA LIBERTÉ ET LA PROPRIÉTÉ DANS l’ordre ÉCONOMIQUE

Énoncé de la question. — Les principes étant établis, nous avons à rechercher comment, sous leur empire, l’activité humaine réalise son but quanta la richesse, quel est son mode légitime d’action dans tout le domaine des faits économiques, suivant quelle mesure les forces individuelles et les forces collectives de la société concourent à l’œuvre de la prospérité commune dans l’ordre matériel.

On retrouvera ici certaines notions auxquelles je me suis déjà arrêté, mais qu’il est nécessaire de rappeler pour la suite logique et la clarté de mon exposé :

« L’ordre matériel embrasse tout le déploiement de l’activité humaine pour la production et la répartition des richesses, c’est-à-dire des biens matériels qui servent aux besoins de l’homme. Le travail, et, depuis la chute, le travail pénible, est la condition de notre existence et de toutes nos conquêtes dans l’ordre moral et dans l’ordre matériel. La Providence a ordonné la vie humaine en vue d’y réaliser l’unité dans la diversité. Fait pour vivre et se développer dans la société, l’homme n’est rien et ne peut

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