LA FAMILLE
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tout ce que comporte son existence morale et matérielle. Dans le monde où règne la loi chrétienne, ces deux sociétés, la société domestique et la société publique, la famille et l’iUat, sont établies suivant les vrais principes, poursuivent chacune leur fin soas une loi de coopération, d’harmonie et de mutuelle assistance. A tous les âges de l’histoire et sous toutes les latitudes, on trouve l’homme lié à l’une comme à l’autre pour l’exercice de son activité économique. L’observation la plus élémentaire des faits sociaux montre que les conditions d’existence de la famille influent autant que les conditions d’existence de l’État sur la production et la répartition de la richesse. L’indissolubilité delà société conjugale, la puissance de l’autorité qui régit la famille, les mœurs et les traditions qui règlent sa vie, tout ce qui forme, en un mot, la constitution de la société domestique, est à considérer en première ligne dans les questions économiques. On ne peut donc se dispenser de mettre les principes qui président à la vie de la famille, les lois particulières auxquelles elle obéit, au nombre des données supérieures sur lesquelles repose la science économique. Par la force des choses, s’il s’agit de l’ordre économique d’une société chrétienne, lors même que ces lois ne seraient pas expressément rappelées, leur existence est toujours implicitement admise, et les règles de la vie économique s’établissent en conséquence.
Les vertus de la famille sont les vertus génératrices du travail, les vertus qui forment et conservent le capital. C’est d’elles que vient la fécondité du travail producteur de la richesse, ce sont elles qui assurent le bon et fructueux emploi de la richesse produite. Troubler l’ordre de la famille, c’est troubler tout l’ordre économique. Qui aujour-
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d hui songerait a le nier, à la vue des ravages que produisent dans notre existence économique les attentats de la révolution contre la hunille !
L ordre matériel ne peut se passer des vertus de a famille. — « La société est un tout fortement lié où 1 ordre domestique et l’ordre politique, l’ordre civil et 1 ordre public se touchent par tous les côtes et se pénètrent intimement. Tous ceux qui travaillent à affermir et à pacifier la société travaillent à faire respecter la famille. Tous ceux qui visent à troubler et à renverser la société s’attachent a abaisser la famille. Nous sommes témoins de ce que fait a Révolution pour détruire la famille sous prétexte de
ce que les déhiil-
lances et les corruptions de la fomille démocratique prêtent de force à la Révolution. La Révolution s’attaque à la amille dans l’ordre moral et dans l’ordre matériel; par une et 1 autre voie, elle attente au bon ordre, au bien-être, à la vie même de la société politique. L’entreprise capitale de la Révolution contre la famille, c'est la sécularisation du mariage. En sécularisant la famille, la Révolution la désorganise et la tue.... L’attentat que commet la Révolution contre la famille, en la privant de son caractère religieux, est le plus grave de ses attentats contre l’ordre social. La plus profonde et la plus honteuse des plaies de la famille sécularisée, c est la stérilité. Comment les époux résisterontils aux conseils de la prudence utilitaire, s’ils n’ont plus foi au commandement divin? Qui leur persuadera de s’imposer la charge toujours pesante d’une nombreuse famille, s’ils croient que l’homme u’est en ce monde que pour accroître ses jouissances, et si la loi de l’intérêt a remplacé, dans les habitudes domestiques, la loi chrétienne du sacrifice? La
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