‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 25 sur 120 · L’IDÉAL A POURSUIVRE · texte numérisé non relu

L’IDÉAL A POURSUIVRE

l’homme de réaliser sa destinée sur cette terre. Assurer au plus grand nombre dans la société l’aisance qui donne la dignité extérieure, restreindre autant que possible le domaine de la misère qui abaisse l’homme et le prive, en partie, des moyens d’accomplir sa destinée temporelle, tel est le but de toutes les études de l’économiste. La question de l’aisance et de la misère est donc le terme auquel vient aboutir toute la recherche économique. Or, en cette question, les considérations sur les mœurs de l’ouvrier, sur le bon ou le mauvais emploi qu’il fait de son salaire, sont capitales.

Quand même on se bornerait à considérer la puissance productive du travailleur ou les conditions de l’accumulation du capital, on rencontrerait toujours la question de l’usage licite et raisonnable de la richesse, puisque l’homme qui consomme abusivement la richesse n’est jamais un bon travailleur, et que toute consommation abusive est un obstacle à l’épargne de laquelle dérive le capital. Mais quand il s’agit de l’aisance et de la misère, les applications directes des régies de la morale sur l’usage de la richesse se rencontrant à chaque pas, il est de toute évidence que l’économiste ne saurait, sans se condamner à l’impuissance, bannir de sa recherche cet ordre de considérations. Il s’ensuit qu’il faut les envisager comme partie intégrante de la science économique. Mais il ne faut pas négliger de remarquer que, pour l’économiste, la question du bon et du mauvais emploi de la richesse ne se présente point comme question de morale, et que jamais il n’a à juger de la valeur intrinsèque des actes humains, de leur valeur par rapport au bien ou au mal. Pour lui la question reste purement économique. 11 n’a à s’occuper des effets

de la bonne ou de la mauvaise conduite de riiomine que par rapport à la prospérité matérielle des sociétés. On va lire l’esquisse du plan général que je me suis tracé pour l’exposé du système de la richesse dans les sociétés chrétiennes ; elle mettra ces propositions en suffisante lumière.

TADLEAÜ SUCCINCT DE l/oRDIlE ÉCONOMIQUE ET DE LA SCIENCE

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