tome 11, p
YIII
VLE GÉXÉIULE DU PROBLÈME ÉCONOMIQUE CONSIDÉRÉ DANS LES RÉSULTATS QUE DONNE l’aCTIVITÉ DE L HOMME SOUS l’empire des règles de la vie CHRÉTIENNE
Envisageant d’ensemble le problème dont nous avons posé les termes, il nous reste, pour achever d élucider notre conception do la science économique, à montrer quels seront les résultats de l’activité de 1 homme dans l’ordre matériel, sous l’empire des principes qui règlent la vie chrétienne. J’ai donné un aperçu de ces résultats dans les conclusions qui terminent et résument mon tiaité de
kl
la Richesse dam les sociétés chrétiennes. Je reproduis cet aperçu qui fera saisir, mieux que des considérations générales, la pensée fondamentale, les caractères essentiels, la portée d’une science chrétienne de l’économie politique.
« Ce n'est que par l’esprit de renoncement que la richesse peut naître, grandir et se consolider, de façon à donner à la masse des hommes qui composent la société cet appui des biens matériels dont la Providence a fait une des conditions de l’accomplissement de notre destinée dans la vie présente. iSous allons reprendre en ses traits principaux, et résumer brièvement tout ce mouvement de l’ordre matériel dans les sociétés chrétiennes, atin de mettre en relief les grandes harmonies qu’y fait régner la loi première et générale du renoncement.
(( L’homme crée la richesse par son travail, et le tiavail est une peine ; c’est le renoncement dans son application la plus générale, toute vie humaine étant soumise à la loi du travail, ne s’alimentant et ne se soutenant que par le travail. Par le renoncement, l’homme surmonte les répugnances qui le détournent de la peine du travail; cetle peine est d’ailleurs pour lui une occasion de se purifier et de se grandir dans la vie morale. Sa volonté, sollicitée et fortifiée par les influences de l’ordre spirituel, triomphe des obstacles que la nature oppose à ses efforts, et la puissance de son travail s’accroît de tout ce que la pratique du
renoncement donne d’énergie à son âme.
« Mais il ne suffit pas que le travail soit énergique, il
faut encore qu’il soit intelligent. Le renoncement, en plaçant l’homme dans ses véritables rapports avec Dieu, ouvre son esprit à la vérité. Mais la vérité ne sacquieit, comme tout le reste, que par la peine. L esprit de renoncement.
en même temps qu’il donne à l’homme la force de reclieicher et de s’approprier la vérité, lui donne aussi le désii de la répandre. Par la charité, il assure la diffusion de l’instruction jusque dans les derniers rangs du peuple, et donne au travail, à tous ses degrés, 1 intelligence et les
connaissances nécessaires à son succès.
(( L'homme a été créé libre, et il ne peut rien que pai la liberté. La servitude obscurcit ses facultés et éteint son énergie. Par l’esprit de renoncement, qui est essentiellement un esprit de charité et de respect mutuel entre les hommes, la servitude est détruite et la liberté assurée.
« Toutefois, ce n’est pas assez que le travail soit en luimême puissant. Il faut de plus qu il trouve dans le capital ses moyens d'aclion. Le capital ne se forme et ne se conserve que par l’économie, et l’économie a pour condition un certain empire de l homme sur lui-meme et une ceitaine modération de désirs, que le renoncement seul peut engendrer. C’est grâce à l’esprit de renoncement que les richesses créées par le travail s accroissent et se conseivent dans la société, et que la puissance de l’homme sur la nature grandit de siècle en siècle, par 1 emploi de plus en plus fructueux d’un capital de plus en plus considérable.
(( L’homme isolé ne peut rien, pas plus pour son peifectionnement matériel que pour son iierfectionnement moral ; sa destinée est de vivre et de travailler avec ses semblables. Ce n’est qu’en unissant nos efforts aux efforts de nos frères que nous pouvons nous rendre maîtres du monde matériel. La puissance de notre travail sera toujours en raison de notre aptitude à 1 association. Or, 1 association requiert deux choses : 1 énergie propre des
volontés individuelles et la facilité à se plier à la volonté d’autrui sans laquelle le concours des associés pour une œuvre commune serait impossible. Par la pratique du renoncement, par la nécessité où elle nous met de nous vaincre à chaque instant nous-mêmes, notre puissance individuelle grandit, en même temps que notre volonté se discipline, s’assouplit et se prête plus facilement, par l’abnégation personnelle, aux exigences de 1 action commune.
(( Pour que le travail soit fécond il faut que 1 homme soit libre. Mais la liberté a ses dangers. Sous l’empire des passions cupides, la concurrence, qui n’est en soi qu une même chose avec la liberté, amène des complications et prête à des manœuvres qui aboutissent à des spoliations et à des désastres. Que l’esprit de renoncement ait amorti la passion des richesses et inspiré aux hommes la modération des désirs, alors les crises, qui souvent désolent les sociétés, seront arrêtées dans leur principe, ou du moins réduites à des proportions dans lesquelles elles pourront être encore une cause d’embarras, mais non une cause générale et persistante de misère.
« Par cette même modéi’ation des désirs l’esprit de renoncement facilite la répartition des travaux de la société suivant leur équilibre naturel. L’espiit chrétien, qui donne aux hommes l’amour de la vie calme et la simplicité des goûts avec l’élévation de Pâme, préserve la société des entraînements de la vie industrielle, vers laquelle le luxe et la passion du gain poussent follement les hommes. Sans ôter au travail manufacturier les bras et les capitaux qui peuvent y être utilement appliqués, les habitudes de la vie chrétienne portent de préférence le travail vers 1 agriculture,
* 'iv
fjff DÉFIÎsITIOSS, méthode, M'ES GÉNÉRALES,
laquelle est la plus saine et, à tous égards, la plus importante de toutes les industries.
« Pour produire avec succès la richesse, il faut que les
hommes combinent leurs efforts en répartissant entre eux les diverses applications du travail. La division du travail est une des premières conditions de sa puissance, de là la nécessité de l’échange. Plus les échanges seront faciles et étendus, plus grandes seront les ressources de la société, et moindre sera la peine qu’elle aura à prendre pour se les
procurer.
« La facilité des échanges repose principalement sur le crédit, et le crédit a pour condition première des habitudes de moralité et de probité que la pratique du renoncement peut seule assurer à la société. Pour étendre les échanges, il y a à vaincre des obstacles souvent considérables. Les distances et la diversité des mœurs, les haines, les rivalités, la guerre, séparent les hommes. L’esprit de renoncement, (lui est un esprit de sacritice, de paix, d’union et de rapprochement entre tous, fait disparaître les obstacles de l’ordre moral, tandis que les obstacles de l’ordre physique cèdent à l’impétuosité de celte passion du sacrifice qui se porte toujours là où il y a à accomplir quelrpie grande œmvre au
prix d’une grande peine.
« L’esprit de renoncement qui rapproche et unit les hommes, tend par là môme à faire prédominer dans le monde la liberté des échanges. Mais en meiiœ temps, comme il comprime les ardeurs désordonnées qui portent à chercher à tout prix et immédiatement les jouissances de la richesse, il donne aux sociétés le moyen de se préserver des abus de celte liberté. Grâce à lui, les hommes savent faire le sacrifice de leur bien-être individuel et des avant
' tages de l’heure présente aux intérêts généraux et à l’avenir de la société. Les intérêts des individus et ceux de la société se trouvent donc en ce point facilement conciliés. Les sociétés où régnent la modération et les hautes préoci cupations de la vie chrétienne, accomplissent l’évolution qui les rapproche de la pleine liberté des échanges d’un mouvement continu mais toujours mesuré ; la solidarité de t' tous les peuples dans l’ordre matériel devient de jour en jour plus étroite, sans que les sociétés particulières perdent |: les conditions de leur vie propre et de leur grandeur
nationale.
(( L’humanité ne possède point pour la production des richesses une puissance indéfinie. Une force mystérieuse la pousse à accroître rapidement ses générations, mais les résistances que la nature des choses oppose au développement de la puissance du travail sont telles, qu’il peut arriver que les produits ne se multiplient pas en proportion du nombre des producteurs. Les résistances que la nature oppose au travail de l’homme rendent la vie difficile pour ! le grand nombre. Même dans les sociétés les mieux ordon- ! nées, où les classes inférieures posséderont le nécessaire, il ne leur sera jamais acquis qu’au prix d’un travail continu et toujours pénible. Pour que ce nécessaire soit
assuré à tous, il faut qu’il y ait, entre la population et la puissance du travail qui lui fournit les subsistances, un certain équilibre, et il faut qu’il y ait dans la société une force morale qui maintienne cet équilibre. Cette force.
i c’est dans l’esprit de renoncement chrétien qu'il faut la chercher. En même temps que l’esprit de renoncement tend, i comme nous venons de le voir, à développer la puissance
1 du travail, il contient dans ses justes limites l’essor de
la population. Il règle le mouvement de la population sans comprimer sa force naturelle d’expansion, et il ne le règle que par la liberté. Il y a ici un double écueil à éviter ; il faut se garder, par une coupable défiance de la Providence, de mettre à la population des obstacles que la nature des choses condamne; car par cette voie on serait fatalement conduit à la dépopulation, et, par la dépopulation, à la décadence et à la ruine de la société. Mais il faut, d’un autre côté, que le mouvement ascendant de la population se proportionne la puissance d’expansion du travail, de façon à ne point dépasser les ressources dont l’état général de la société, à une époque donnée, fixe la limite. L’esprit de renoncement, avec les habitudes et les institutions qu’il engendre dans les sociétés catholiques, pourvoit tà cette double nécessité en assurant la pureté des mœurs dans toutes les conditions. Par la chasteté dans le célibat où vivent ceux que le travail n’a pas encore pourvus des ressources nécessaires à une famille, par la chasteté dans le célibat ecclésiastique et dans le célibat religieux, la pratique du renoncement régie et modèi-e le mouvement progressif de la population; d’un autie côté, par la chasteté dans le mariage, cette même pratique du renoncement maintient la fécondité des races et préserve la société des dangers de la stérilité. Sous les influences du christianisme, les générations humaines montent de siècle en siècle, toujours soumises à la loi de la peine que la justice de Dieu leur a imposée, mais toujours assurées de ce pain quotidien que sa Providence miséricordieuse leur a promis comme récompense de leurs labeurs. Grâce à cette expansion continue et difficile, l’humanité réalise le progrès dans les seules conditions où il lui soit permis
Li4. J-
d’y prétendre : dans les conditions de la vie pénible et renoncée.
« Dans toutes les sociétés où les hommes seront fidèles à la loi divine, le travail sera doué d’une fécondité telle que ses produits suffiront aux besoins. Non qu’il faille espérer du travail, même le plus énergique et le mieux entendu, ces ressources indéfinies qui donneraient à chacun tous les agréments de la vie. Telle n’est point la condition de l’homme. Jamais l’humanité, prise en masse, ne pourra, même au prix des elforts les plus persévérants, s’élever beaucoup au-dessus du nécessaire. Mais ce nécessaire qui suffit à la dignité, à la liberté de l’homme, et à l’accomplissement de ses fins supérieures, elle l’aura si elle sait s’en rendre digne.
« Pour que ce nécessaire soit attribué à tous, et que la société soit exempte de misère, il ne suffit pas qu’elle possède la richesse, même en une large mesure. Le mépris des lois de la justice, l’oppression et l’exploitation des petits par les puissants, peuvent engendrer la misère au milieu des richesses. L’esprit de charité, qui a sa source dans l’esprit de renoncement, parera à ce danger; il introduira dans la vie sociale, par la double garantie des lois et des mœurs, le respect scrupuleux de la liberté et des droits de tous, et ainsi il assurera l’équitable répartition des produits.
« Mais encore, même sous l’empire de la justice et sous le régime de l’égalité, la misère pourra, par d’autres voies, faire inxasion dans la société. Le travail peut être exercé dans des conditions où il dégrade le travailleur au moral et au physique; l’ouvrier peut faire de son salaire un emploi que réprouvent les principes de la morale et d’une sage économie. Dans tous ces cas, la source du mal est entière-
niixciPEs d’é'ün. tout. ^
' JT
n DÉFINITIONS, MÉTHODE, VUES GÉNÉHALES.
ment, ou du moins principalement dans l’ordre moral. Elle y est entièrement quand les vices de 1 ouvrier et son défaut de prévoyance sont la cause de son dénuement; elle y est aussi et principalement, même quand il semble qu il faille atlribuer les abaissements des travailleurs aux conditions physiques et extérieures du travail. Car, au fond, ces coiiditionsue sont que des occasions qui développent les germes du mal, lesquels résident dans l’alfaiblissement des volontés et la perversion des âmes. Donnez a la société des moeuis saines, faites du renoncement sa loi, et vous la verrez triompher des séductions de la vie manufacturière, comme elle a triomphé, avec l’assistance de la vertu chrétienne, de tous les périls qui accompagnent toujours les grands développements de la civilisation.
« 11 est néanmoins incontestable que la constitution actuelle de rindustrie multiplie les séductions autour des travailleurs et, par là même, multiplie les causes de misère. Pour vaincre ces difficultés propres à notre temps, il faut à la fois l’énergie personnelle, par laquelle riiomme si* rend maître de ses mauvaises passions, et l’assistance mutuelle par laquelle, en nous appuyant les uns sur les autres, nous accroissons si prodigieusement nos forces dans nos luttes contre le mal. 11 faut que riiomme commande à ses convoitises, et ceci est essentiellement œuvre de renoncement.
Mais, tant qu’il sera seul, riiomme sera toujours faible, et il sera à tout moment vaincu dans la guerre qu’il se livre à lui-même, alors surtout que l’esprit de la société est si profondément vicié que la séduction pénétre en lui, en quelque sorte, avec l’air qu’il respire. 11 faudra un effort héroïque
de tous pour unir et entraîner, d’un même mouvement, toutes ces volontés et tous ces cœurs que l’individualisme
a si tristement refroidis et si profondément divisés; et ceci est encore essentiellement une œuvre de renoncement par la charité.
« xMais la charité peut affecter des formes diverses. Elle peut être pratiquée entre ceux qui portent en commun le fardeau du travail manuel; alors elle donne naissance à l’association ouvrière, et l’on sait quels bienfaits ces associations ont répandus sur les classes populaires dans les sociétés catholiques. La charité peut aussi être pratiquée par les grands, les riches et les puissants envers les petits et les pauvres; alors elle constitue le patronage. La charité est, sous cette forme, une des forces principales, un des éléments naturels de toute oi-ganisation sociale.
« En toute société fondée sur la liberté et l’égalité, la charité a son rôle nécessaire, même dans l’ordre matériel, |»arce que toujours, à raison de l’imperfection et de l’infirmitédes choses humaines, il se rencoulrera des dénuemenis et des soulfrances auxquels seule elle peut remédier. Dans 1 état présent de la société, avec 1 ellrayante perversion d’idées et de mœurs qui énerve tous les cœurs et dissout tous les liens, elle est la seule force par laquelle nous puissions espérer de nous sauver.
(( Le n est que par une acceptation franche et courageuse de la loi de la charité et du travail, à tous les degrés de la société, que l’on rétablira parmi nous les intluences hiérarchiques et la puissance de l’action commune, sans lesquelles nous ne pouvons espérer ni paix ni pi-ogrés stable.
(( La loi du travail est la loi providentielle du genre humain ; les grands et les riches n’en sont pas plus dispensés que les petits et les pauvres. H faut que tous prennent de Li peine ; seulement tous ne sont pas appelés à s’iuqioser
cette peine dans les mêmes conditions. Aux masses, le travail des mains, aux classes supéi ieures les Iravaux de la charité. La charité pratiquée en toule son étendue par les riches envers les pauvres, c est le patronage. Mais ce n est pas assez que le patronage rapproche les grands et les puissants des petits et des taibles, il faut encore que, pai 1 association, les faibles unissent et combinent leurs forces; en telle sorle que, par la communauté des faibles entre eux qu’établit l’association, et par la communauté des petits avec les grands qu’établit le patronage, tous soient vraiment unis, et que Ions s’aident à porter d’un commun effort le poids de la vie.
« IN’est-il pas évident que le patronage et l’association, fondés sur la charité, sont les grandes forces de la liberté et relèvent essentiellement d’elle? La charité procède de la liberté. Le patronage librement offert par les classes supérieures, et librement accepté par les classes inférieures; l’association constituée pir le libre concours de tous ceux que rapprochent dans la vie les mêmes travaux et les mêmes peines, et organisée par leur libre volonté : voilà le patronage et l’association tels que la charité les produit et tels que la liberté des sociétés chrétiennes les réclame.
« Cette conciliation de la liberté complète du travail et des travailleurs, avec les principes de solidarité et de hiérarchie sans lesquels il n y a point de société véiitable, est la grande œuvre du temps. L indi\idualisme tend aujourd’hui à isoler les hommes, comme la barbarie isolait les peuples dans les premiers siècles du moyen âge. C’étaiuit alors les peuples qu’il fallait rapprocher des peuples. C’est aujourd’hui l’homme qu’il faut rapprocher de l’homme. Avec les rivalités sans frein et les inextinguibles
cupidités qu’a but germer dans le monde la révolte contre la loi chrétienne, cette œuvre égale en difticultés les œuvres 1ns plus difficiles du moyen âge. 11 suffit qu’elle soit difficile pour qu’on puisse affirmer que le zèle catholique la tentera. Ne voyons-nous pas déjà le renoncement chrétien s’y porter d’instinct, et la charité chercher dans toutes les œuvres qui rapprochent les hommes et réconcilient toutes les classes, un aliment à cette ardente passion du sacrifice dont le chrétien est tourmenté, et par laquelle, en tous les temps, l’Église a imprimé l’impulsion à tous les progrès. Il est dans la nature des choses que le développement de la charité accompagne le progrès de la liberté. C’est l esprit de renoncement qui, par la charité, engendre la liberté, et il faut que l’un grandisse avec l'aulre, sinon la liberté manquant de l’arome qui doit la conserver, dégénérera et à la fin périra.
« En traçant cette rapide esquitse des harmonies chrétiennes de l’ordre économique, nous avons commencé par la charité, et c’est par la charité que nous terminons. Elle est véritablement le premier et le dernier mot de tout l’ordre social sorti du christianisme.
« C est par les renoncements de la charité, unis aux renoncemenls du travail, que l’ordre matériel se constitue, s affermit et se développe. C’est grâce à ces renoncements que le nécessaire est assuré aux masses et que la société est mise en possession d’une richesse saine, vraiment utile et féconde parce qu’elle est toujours contenue et modérée. Sans e.xposer les peuples à aucun des péi ils qui accompagnent les prospérités exagérées et coupables, cette richesse, sortie du renoncement, leur donne la puissance matérielle nécessaire pour réaliser toutes les grandeurs auxquelles Dieu les
convie. La richesse ainsi conçue aide à tous les progrès de l’ordre moral, parce qu’elle n’est autre chose que le fruit des flforls et des succès de riionune dans sa vie morale, l.orsqu’ii se renonce à tous les instants, par le travail dans sa vie individuelle, par la charité dans son existence sociale, l’homme accomplit ses destinées terrestres suivant la loi qui régit toutes les créatures douées de liberté, suivant la loi du sacrifice. Ce respect de la loi naturelle de riiumanité fait régner en toutes choses la force, la mesure et l’harmonie; il assure à la fois la perfection de l’ordre moral et la perfection de l’ordre matériel dont la vie humaine révèle partout la féconde et indestructible unité. »
ciiAPrrr.K ii