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LA PUISSANCE DU TRAVAIL. R

Ici, dans l’industrie, comme ailleurs, l’individu s’efface et disparaît devant l’État qui exerce la direction et dispose des forces sociales, dans l’ordre économique comme dans l’ordre des relations politiques.

D’après l’économie collectiviste, il n’y a plus qu’un patron, ou, pour mieux dire, qu un maître, c est 1 État. L’État est l’entrepreneur universel.

Si cette conception pouvait être mise eu pratique, les chefs des groupes industriels ne seraient, en réalité, que les commis de cette collectivité que représente l’Ktat, et dans les mains de laquelle toutes les forces productives de la terre et du capital mobilier se trouveraient concentrées. En un pareil régime, il n’y a plus ni supérieur ni inférieur, mais des hommes égaux sous la main de l’Etat. L État distribue le travail et mesure la portion de chacun dans le gain commun; le fonctionnaire de la police économique a pris la place du patron. Le patron disparaît de cette société d’où a disparu toute liberté du travail.

1»E r.X rUISSANC.E PRODUCTIVE DU TRAVAIL EN GENERAL

Le travail peut être plus ou moins productif. — On n’obtient pas toujours du travail des produits égaux pour la qualité et la quantité. La différence est grande à cet égard entre les peuples encore plongés dans la barbarie et les peuples chez lesquels la civilisation a déployé toutes ses ressources. Le degré de résistance des obstacles naturels que l’effort de l’homme est appelé à vaincre, l’intensité

de cet effort pris en lui-même, ainsi que la direction qui lui est imprimée, étendent ou restreignent considérablement la quantité de produits que peut fournir une même somme de travail, et modifient singulièrement la valeur des résultats du travail au point de vue de leur perfection.

Importance de la question. — l/homme ne pouvant jamais posséder de richesses que ce qu il en conquiert par son travail, l’aisance, pour la société prise en masse, sera toujours en proportion de la puissance du travail. S’il ne suffit pas, pour assurer le bien-être à un peuple, de lui donner les richesses, s’il faut encore lui inspirer les vertus qui le mettent en état de faire de ces richesses un usage conforme au but supérieur et à la fin véritable de la vie, il est néanmoins incontestable que 1 amélioration du sort du grand nombre suppose toujours, comme condition première, une puissance de travail suffisante pour procurer à tous le nécessaire. La question de l’extension des ressources matérielles forme donc la première partie du problème dont l'économi-ste cherche la solution.

Ce qu’il faut considérer dans la question. — U y a des nécessités extérieures qui s’imposent à riiomme. Sans doute, sa liberté peut, en une certaine mesure, réagir contre ces nécessités, mais il ne lui est point donné de les écarter à son gré. Elles forment le milieu physique dans lequel s’exerce l’activilé de l’homme, et aux lois duquel il faut qu’il plie les procédés de son travail. Comment et jusqu’à quel point ces circonstances extérieures affectentelles la puissance du travail? Tel sera le premier point sur

lequel portera notre recherche.

Ouand nous aurons déterminé l’influence de ces condilions extérieures sur le développement de la force produc-

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