LA PUISSANCE DU
live de l’homme, nous considérerons celle force en ellemême ; nous verrons comment la puissance productive du travail se trouve accrue ou diminuée, suivant que les travailleurs possèdent plus ou moins d’intelligence et d’énergie morale.
L’homme, en développant son activité propre, dans les conditions que lui impose la nature extérieure, crée, par ses labeurs successifs, le capital. Comment la puissance du travail, qui est une des sources du capital, se trouve-t-elle elle-même subordonnée à l’accroissement du capital? Comment cet accroissement se raltache-t-il aux faits les plus intimes de la vie morale ?
Hautes et graves questions qui touchent aux causes les plus profondes de la grandeur et de la décadence des peuples, et qui mettent particulièrement en évidence rinfluence qu’exerce sur l’ordre matériel le piincipe capital de la vie chrétienne, le renoncement.
Mais, comme l’œuvre du travail ne s’accomplit que dans la société, la puissance du travail sera nécessairement affectée par tout ce qui modifiera essentiellement les relations sociales. Nous aurons donc à faire voir comment la sécurité générale, le respect de la propriété, la liherté et la dignité des travailleurs, donnent au travail toute sa
puissance dans les sociétés auxquelles le christianisme assure ces bienfaits.
A ce même point de vue du caractère éminemment social de la production, nous aurons encore à étudier l’influence de la coopération et de la séparation des travaux sur les forces productives de la société. Quand nous aurons montré comment la puissance du travail s’accroît par sa ' division et que nous aurons signalé les principales questions
d’application que fait naître celle division dans leur rapport avec les intérêts généraux de la société, nous aurons achevé de parcourir tout le cercle des faits relatifs à la production des richesses.
(OMMKNÏ LES CONDITIONS DE L.V iNATCUE INFLL’ENT sur. LA PUISSANCE DU TRAVAIL
Importance des avantages naturels. — Que le climat, la nature du sol, la configuration des divers pays et leur situation géographiijne influent sur la puissance productive du travail de leurs habitants, c’est chose tellement évidente qu’il est à peine nécessaire d’en faire la remarque. Quelle différence entre ces contrées septentrionales, où l’on ne peut pas compter toujours sur le soleil pour mûrir les moissons, où, parmi les chances de la production, il faut ranger « les années vertes », et les heureux climats de l’Asie méridionale, où la terre ensemencée une fois jiroduit, en une année, une triple récolte. Mais, sans prendre des ternies de comparaison, aussi extrêmes, et en rapprochant seulement des contrées où l’iiomme se trouve placé d.ms les conditions normales de son développement, ne voit-on pas au Mexique le blé rendre trois ou quatre fois plus qu’en France. Qu’est-ce que la fécondité de nos plus riches contrées européennes, auprès de la fécondité du sol algérien, ipii peut rendre jusqu’à 50 pour 1? Quelle puissance ne donnent pas au travail les richesses minérales, et combien sont favorisés les pays qui possèdent en abon-