INFLUENCE DE IA CONCUIUIENCE SUR IA PUISSANCE DU TRAVAIL
Avantages de la concurrence pour la production.
- Au seul point de vue de la production cl de la puissance du travail, il serait difficile de contester les avantages de la libre concurrence pour notre temps. Les corporations eurent, au moven àye, leur raison d’être; elles eurent leur
jour de prospérité et de grandeur. Essayer de les restaurer, avec les conditions de privilège et de contrainte dans lesquelles elles vécurent autrefois, ce serait engager contre les instincts les plus profonds de nos sociétés une lutte impossible. Les associations ou corporations d’ouvriers et de patrons ont aujourd’hui à remplir une mission d assistance fraternelle qui, laissant de côté tout ce que leurs anciennes règles auraient de contraire à nos mœurs et aux conditions actuelles de l’industrie, les ferait remonter à leur but primitif. Je parlerai ailleurs de cette mission de charité fraternelle et d’assistance mutuelle, qui peut être de nos jours si féconde pour le bien-êlre de la classe ouvrière. Les corporations pourraient aussi remplir aujourd hui une mission d’honnêteté et de loyauté industrielles dont les résultats seraient considérables; j’en dirai un mot plus loin. Mais en tant qu’elles reposaient sur le monopole et la réglementation du travail, leur règne est définitivement passé.
Ce n’est pas que le régime de la libre concurrence n ait ses côtés faibles et périlleux. Conséquence inséparable du principe de la liberté, tellement qu’elle se confond avec lui, la concurrence met merveilleusement en jeu toutes les forces de la liberté. Elle imprime au travail, par la nécessité de bien faire pour parvenir au succès, un essor qu’il ne prendrait jamais sous les impulsions factices de l autorité. Car le stimulant de la concurrence, l’activité du travail s’accroît, les procédés se perfectionnent, 1 é(;onomie de la production devient [dus sévère; tout profite, rien ne se perd des forces du travail; en un mot, chacun prend de la peine afin d’obtenir pour son produit une préférence qui ne s’accorde qu’à la supériorité de la qualité et du bon marché. Telle est la bonne concurrence, la concuiTcnce