‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 48 sur 120 · L’ASSOCIATION. H · texte numérisé non relu

L’ASSOCIATION. H

qui nous entourent, la réalisation des entreprises auxquelles notre énergie propre nous porte, et que jamais, livrés à nous seuls, nous ne pourrions songer à aborder. Cette même force de la charité, qui donne à notre volonté une si grande puissance d’expansion, lui donne aussi la mesure dans l’action. Elle lui apprend à se plier aux nécessités de l’action commune ; dès lors, chacun trouvant cette disposition dans les autres, en même temps (ju’il la porte en lui-même, toutes les aspérités s’effacent et toules les volontés individuelles se confondent en une même volonté.

Là où le renoncement chrétien est vraiment la loi des mœurs, là où il a pénétré profondément dans les habitudes, le concours des volontés s’établit de lui-même. Qu’il y ait, dans l’ordre moral ou dans l’ordre matériel, quelques obstacles à vaincre, aussitôt l’association se constitue spontanément et met au service du progrès, non pas une force éphémère et une impulsion d’un moment, mais une puissance douée d’une persistante énergie, parce qu’elle procède du principe qui est la règle suprême et constante de la vie.

C’est dans l’Église catholique que l’on trouve le renoncement organisé de façon à exercer, sur les convictions comme sur les actes, une influence sérieusement et constamment efficace, et c’est aussi dans l’Église catholique que la puissance de l’association est portée à son comble; c’est d’elle, de sa tradition, des mœurs (ju’elle avait longuement façonnées et que les révoltes du proleslanlisme n’ont pu détruire, que nos sociétés modernes la tiennent.

L’association dans l’ordre industriel. — La puissance de l’association pour le développement des richesses est aujourd’hui un fait trop bien constalé pour qu’il soit nécessaire de nous y arrêter. Les abus qui en accompagnent

PRINCIPES d’ÉCON. polit.

DE LA rUODüCTIOA' DES RICHESSES.

l'applicalion ne frappent aussi que trop vivement les yeux. Cette noble et sainte force de l’association est tombée, de nos jours, dans le domaine des manieurs d argent de tout rang et de toute race ; nous savons ce que leurs mains, cupides et prodigues tout en même temps, peuvent dissiper de capitaux et de travail et anéantir de puissance productive. Les sociétés anonymes peuvent être particulièrement dangereuses. On sait à quels abus criants, à quelles exploitations révoltantes elles se prêtent. Les actionnaiies ont, dans ces sortes d’associations, des devoirs dont il semble qu’ils n’aient pas toujours eu pleine conscience, mais dont, fort lieureusement, depuis quelque temps, les catholiques, les propriétaires chrétiens notamment, ont compris l’iiiiportance et qu’ils s’appliquent à remplir avec un zèle et un

courage qui ne restent pas sans fruits.

Pour que l’association retrouve, dans l’ordre industriel, toute sa dignité et toute sa fécondité, il faut que l’esprit d’abnégation du christianisme rende aux hommes les habitudes de justice, de bonne foi et de modération par lesquelles s’établissent la sûreté des rapports et la confiance réciproque. Les elfets de la discipline catholique sur les mœurs industrielles sont ici d'une telle évidence, et notre siècle commence à ressentir si prolondt'iiient les maux que lui causent, même pour ses intérêts purement matériels, les habitudes de lucre à tout prix qui ont pris la place de cette salutaire discipline, qu’il suflit d’un mol pour en rappeler l’impérieuse nécessité.

Limites à l’extension de l’association. — Tout en reconnaissant l’immense importance de I association et ses fécondes conséipiences, gardons-nous, dans I api»lication, d’en exagérer la portée.

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