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L’ASSOCIATION

Toutes les industries ne s’y prêtent pas également. Les industries manufacturières et extractives, aussi bien que le commerce, lui ouvrent le plus vaste champ. Là elle prend toutes les formes; elle donne à toutes les forces productives le moyen de combiner leur action, tantôt dans les conditions d’une solidarité étroite, tantôt dans les conditions d’une participation plus ou moins éloignée, qui laisse à celui qui possède ces forces une complète indépendance, en limitant sa responsabilité. Malheureusement la faiblesse du lien qui, dans certaines associations, unit l’actionnaire à l’entreprise, ouvre l’accès à bien des abus. C’est là surtout que sont nécessaires les garanties de moralité que donne si parfaitement la pratique de la vertu chrétienne.

L’agriculture n’admet l’association que dans des limites plus restreintes. On ne met pas les terres en commun comme les capitaux. Il y a, de l’homme à la terre, un lien qui tient aux instincts les plus profonds de notre cœur, et qui empêchera toujours le petit propriétaire, même avec l'espérance d’un accroissement considérable de revenus, d’abandonner sa terre à une association où elle disparaît, en quelque sorte, au milieu d’une vaste exploitation. Les communautés agricoles, qui ont autrefois fonctionné avec succès, étaient presque toujours composées de membres d’une même famille qui exploitaient un domaine cédé à la famille. C’est grâce aux habitudes de justice, de charité, de simplicité, que le cbristianisme avait enracinées dans les familles, que les communautés de paysans i)urent prendre une grande extension au moyen âge ; si elles ont aujourd’hui presque complètement disparu, c’est surtout à l'affaiblissement des mœurs, par la diminution de la foi dans les campagnes, qu’il faut en atti ibuer la ruine.

Il ne faut pas oublier, néanmoins, que si l’association pratiquée dans toute son étendue rencontre pour la culture de grands obstacles, les syndicats agricoles peuvent rendie aux cultivateurs bien des services dans les détails et les parties spéciales de l’exploitation.

L’association ouvrière pour la production coopérative. — Une des formes de l’association qui ont, de nos jours, le plus attiré l’attention, est ce qu’on appelle l’association ouvrière. Essayée à plusieurs reprises, et parfois sur d’assez grandes proportions, dans les années qui suivirent la révolution de Février, elle a échoué, la plupart du temps, contre des obstacles nés des éléments mêmes dont elle était formée. Je pense néanmoins qu’il serait téméraire de la condamner absolument, en principe. Depuis quelques années, les ouvriers reviennent, avec une nouvelle ardeur, aux sociétés coopératives de production. « La mine aux mineurs » figure parmi les prétentions les plus bruyantes

du socialisme.

Pour faire réussir les sociétés coopératives de production, il faut parmi les associés des qualités qui, dans l’état présent des mœurs des classes ouvi ières, ne se rencontrent que chez le petit nombre. Les associations dont les membres possédaient ces qualités ont donné, au point de vue de la production, des résultats satisfaisants.

Les conditions nécessaires au succès des associations ^ ouvrières de production seront, en tout temps, difficiles à

réaliser; la faiblesse humaine y mettra toujours beaucoup d’obstacles, et l’on conçoit que les économistes les plus ] expérimentés ne se prononcent qu avec une grande rc'serve

sur l’avenir de ces associations. Mais si elles doivent I prendre une extension notable et une sérieuse importance,

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