LA MONNAIE
intervient pour donner à ce moyen d’échange une commodité de plus. Elle partage ces métaux précieux en portions adaptées aux usages les plus ordinaires, elle leur imprime une marque qui en constate le poids total, et dans ce poids la quantité de matières étrangères, d’alliage, qu’il a été convenu d’introduire pour la facilité de la fabrication et la solidité de la pièce, mais qui ne compte pas pour la valeur réelle; c’est ce qu’on appelle le poids et le titre. Dans cet état, la monnaie circule pour ainsi dire avec la signature de 1 Etat qui la garantit. Là se borne le pouvoir de 1 autorité. Elle atteste la valeur de la monnaie et ne la constitue en aucune façon. Comme toutes les autres valeurs celle de 1 or et de l’argent se règle par les frais de production et par la loi d’offre et de demande. Quand les frais de production diminuent, leur valeur baisse; quand ils sont liés olferts, cesl-à-dire en grande abondance, cette valeur diminue de même. »
Une fois que 1 usage de la monnaie s’est introduit, et loi-squ’il s’est généralisé, l’échange ne s’opère plus, sauf des cas très rares, que sous foi'me de vente, et le prix prend, dans la pratique, la place de la valeur en échange.
Il est à remarquer toutefois que la vente ne constitue pas un échange complet; ce n’est que la moitié d’un échange. Quand je vends mon hlé, ce n est jias en vue des cens (jLic jo reçois coiiiiiio prix de celle vente, c'est en vue des objets utiles que je me procurerai à l’aide de ces écus, et ce ne sera que quand la vente aura été suivie d’un achat
que l’opération d’échange, incomplète jusque-là, se trouvera achevée.
La monnaie étant l’instrunient universel des échanges, toutes choses sont successivement mises en comparaison
avec elle, et elle devient par là même la mesure de toutes les valeurs. C’est par son intermédiaire que se détermine la proportion suivant laquelle chaque producteur prend, dans la masse produite par le travail de tous les membres de la société, une part correspondante à sa part de sacrifices, c’est-à-dire de services, dans la production. « Grâce à la monnaie, ditBastiat, l’échange peut prendre un dévelop- ])cment vraiment indéfini. Chacun jette dans la société ses sei’viccs sans savoir à qui ils procureront la satisfaction qui y est attachée. De même il retire de la société, non des services immédiats, mais des écus, avec lesquels il achètera en définitive des services, où, quand et comment il lui plaira. En sorte que les transactions définitives se font à travers le temps et l’espace, entre inconnus, sans que personne sache, du moins dans la plupart des circonstances, par l’effort de qui ses besoins seront satisfaits, aux désirs de qui scs propres efforts procureront satisfaction. L’échange, par l’intermédiaire de la monnaie, se résume en trocs innombrables, dont les parties contractantes s’ignorent. »
On voit comment la monnaie accroil la puissance du travail, en faisant disparaître les obstacles qui s’opposeraient aux échanges, si l’on était obligé de les conclure sans son intermédiaire. Il n’est pas, comme on 1 a dit, de machine qui économise autant de temps et de peine que la monnaie.
Le crédit et les titres fiduciaires. — « Dans l’ordre logique, dit Bastiat, après le troc simple, après le troc à deux facteurs, ou l’échange composé de vente et achat, apparaissent encore les transactions étendues dans le temps et l’espace par le moyen du créiiit, tities liypolhé-