LES TITRES DE CRÉDIT
produits équivalents à la somme d’argent qu’il donne le droit de percevoir, il épargne le numéraire, et par cela même simplifie les échanges.
O® La lettre de change, qui aide merveilleusement aux transactions par l’échange des cniances entre les places les plus éloignées. L’opération fondamentale du change sera rendue facilement saisissable par un exemple où les choses seront réduites à leur plussimple e.xpressiou et dégagées de toutes les complications qui peuvent se présenter dans la pratique. — Je suppose qu’un négociant français vend aux Etats-Unis des marchandises d’une valeur de 1 00 000 francs. D’autre part, un négociant américain vend en France des marchandises de même valeur. Le premier aura de ce chef 100000 francs à percevoir aux États-Unis, et le second 100000 francs à percevoir en France. Au lieu de faire voyager, chacun de leur côté, une somme de 100000 francs en écus, ils se donneront réciproquement une délégation de 100000 francs sur leurs débiteurs respectifs. Le négociant français déléguera sa créance de 100000 francs au négociant américain qui se paiera, à l’aide de celte déhigation, du prix des marchandises qu’il a vendues en France, landis qu’à l’inverse le négociant français se paiera des marchandises qu’il a vendues en Amérique avec la délégation que le négociant américain lui aura donnée. Celte opération s’accomplit à l'aide de traites, c’est-à-dire de lettres de change tirées de part et d’autre et négociées à la Bourse des deux pays. La lettre de change aboutit donc à une compensation des valeurs cédées entre les deux plact^s contractantes, sans que le numéraire intervienne autrement que comme mesure des valeurs.
C’est par l’escompte, c'est-à-dire par la cession de la
créance que représente le billet à ordre ou la lettre de change, que s’effectuent la plupart des opérations de crédil î c’estpar l’escompte que ces titres entrent dansla circulation. Un négociant qui se trouve en possession d un effet de commerce payable à six mois et qui désire percevoir immédiatement le montant de sa créance, cède son titre, avec le droit qu’il donne, à un capitaliste qui lui remet une somme égale au montant de la créance, moins un prélèvement représentant l’intérêt de la somme jusqu’au jour de l’échéance, ainsi que la compensation des désavantages de toute nature que l’opération peut présenter. L’escompte est, comme on 1 a dit, l’achat au comptant d’une créance à terme. C’est donc un véritable prêt que fait au porteur du billet celui <pii l’escompte, et le taux de l’escompte correspond à l’intérêt de la somme ainsi prêtée. C’est par les opérations de l’escompte que, d’ordinaire, les banques font leurs prêts. Les emprunteurs des banques leur présentent des effets de commerce revêtus de leur signature, et les banques ont pour garantie du remboursement de ces effets la solvabilité de ceux qui les ont souscrits.
En fin de compte, gi'àce à l’intervention du crédit, par l’emploi des billets que je viens de caractériser, ce sont les produits qui s’échangent contre les pioduils, fait capital qu’il ne faut jamais perdre de vue, quand on étudie les combinaisons et complications qui peuvent se produire dans les échanges. Déjà par la définition de la vente, on a pu voir que, deux ventes équivalant à un échange, ce sont, en définitive, les produits qui s’écbangeni contre les produils, et que le numéi'aire n’intervient dans 1 opération (|U à litre d’instrument deséchanges, et non comme butde 1 échange, ce but étant les objets utiles que l’on se procure par des
LES RANQEES.
ventes et des achats successifs. Dans les opérations du change, le numéraire n’intervient que pour mesurer les valeurs, et ce sont les produils qui, sans aucun mouvement de numéraire, s’échangent contre les produils.
Par eux-mêmes, les effets de commerce, la lettre de change, le billet à ordre ne servent qu à faciliter des tiansaclions réelles, et ils accroissent considérablement pai là la puissance du travail.
¥ Le billet de banque. — Lorsque le billet, ou simple reconnaissance, est au porteur et payable à vue, lorsqu il peut passer sans aucune formalité d endossement d une main à une autre, il sert, comme la monnaie, a soldei successivement un nombre de transactions indéfini. C est le cas pour le billet de banque, qui est une promesse de la banque par laquelle il est émis de payer, à présentation, au porteur, la somme qui s’y trouve énoncée. Le billet de banque est le titre fiduciaire par excellence. Lorsque le crédit de la banque est bien établi, il entre comme le numéraire dans la circulation par la persuasion où chacun se trouve qu’au moment où il le désirera il obtiendra, au guichet de la banque, 1 argent que le billet représente.
Les banques. — C’est quand l emploi de ces diveis titres de crédit se rattache aux grandes institutions de crédil, notamment aux banques de circulation, dont la spécialité est l’émission des billets de banque, c’est alors qu’il étend extraordinairement le crédit et qu’il donne ouverture aux plus graves abus. Autant l’intervention des banques procure de solidité au crédit et d’extension féconde aux affaires, lorsqu’elles fonctionnent avec sagesse et loyauté, en vue d’appliquer les capitaux aux opérations régulières
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créance que représente le billet à ordre ou la lettre de change, que s’effectuent la plupart des opérations de crédit } c’est par l’escompte (jue ces titres entrent dansla circulation. Un négociant qui se trouve en possession d un elfet de commerce payable à six mois et qui désire percevoir immédiatement le montant de sa créance, cède son titre, avec le droit qu’il donne, à un capitaliste qui lui remet une somme égale au montant de la créance, moins un prélèvement représentant l’intérêt de la somme jusqu’au jour de l’échéance, ainsi que la compensation des désavantages de toute nature que l’opération peut présenter. L’escompte est, comme on 1 a dit, l’achat au comptant d’une créance à terme. C’est donc un véritable prêt que fait au porteur du billet celui «pii l’escompte, et le taux de l’escompte correspond à l’intérêt de la somme ainsi prêtée. C'est par les opérations de l’escompte que, d’ordinaire, les banques font leurs prêts. Les emprunteurs des ’nanques leur présentent des elïets de commerce revêtus de leur signature, et les banques ont pour garantie du remboursement de ces elfets la soUabililé
de ceux qui les ont souscrits.
En fin de compte, grâce à l’intervention du crédit, par l’emploi des billets que je viens de caractériser, ce sont les produits qui s’échangent contre les produits, fait capital qu’il ne faut jamais perdre de vue, quand on étudie les combinaisons et complications qui peuvent se produire dans les échanges. Déjà par la définition de la vente, on a pu voir que, deux ventes équivalant à un échange, ce sont, en définitive, les produits qui s’écbangcnl contre les produits, et (jue le numéraire n'intervient dans 1 opération (pi à titre d'instrument des échanges, et non comme but de 1 échange, ce but étant les objets utiles «pie 1 on se procure par «les