‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 63 sur 120 · IT · texte numérisé non relu

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ventes et des achats successifs. Dans les opérations du change, le numéraire n’intervient que pour mesurer les valeurs, et ce sont les produits qui, sans aucun mouvement de numéraire, s’échangent contre les produits.

Par eux-mêmes, les elfets de commerce, la lettre de change, le billet à ordre ne servent qu’à faciliter des transaclions réelles, et ils accroissent considérablement par là la puissance du travail.

¥' Le billet de banque. — Lorscpie le billet, ou simple reconnaissance, est au porteur et payable à vue, lorsqu’il peut passer sans aucune formalité d’endossement d une main à une autre, il sert, comme la monnaie, a solder successivement un nombre de transactions indéfini. C est le cas pour le billet de banque, qui est une promesse de la banque par laquelle il est émis de payer, à présentation, au porteur, la somme qui s’y trouve énoncée. Le billet de banque est le titre fiduciaire par excellence. Lorsque le crédit de la banque est bien établi, il entre comme le numéraire dans la circulation par la persuasion où chacun se trouve qu’au moment où il le désirera il obtiendra, au guichet de la banque, l’argent que le billet représente.

Les banques. — C’est quand l’emploi de ces divers titres de crédit se rattache aux grandes institutions de crédit, notamment aux banques de circulation, dont la spécialité est l’émission des billets de banque, c’est alors qu il étend extraordinairement le crédit et qu’il donne ouverture aux plus graves abus. Autant rinlervcntion des banques jnocure de solidité au crédit et d’extension féconde aux alfaires, lorsqu’elles fonctionnent avec sagesse et loyauté, en vue d’appliquer les capitaux aux opérations régulières

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du travail véritablement producteur, autant elle peut être fatale lorsqu’elles prêtent leur concours aux folles tentatives de la spéculation.

Le crédit d’une banque peut s’établir par une de ces impressions indéfinissables de l’esprit public en matière de confiance financière, par un de ces engouements que secondent et surexcitent trop fréquemment des manœuvres au moins indélicates. Une fois la banque en possession du crédit, elle pourra, en admettant à l’escompte des effets de commerce qui ne répondent qu’à des entreprises hasardées, donner à ces entreprises une vie factice. Les habiles saisiront ce moment pour tirer profit de l'affaire, et ils sauront, en la livrant à temps aux mains des dupes, en rejeter sur ceux-ci les suites désastreuses. En escomptant les effets de commerce, la banque substitue son crédit au crédit des souscripteurs de ces effets. Les capitaux que ceux-ci n’auraient point obtenus sur leur simple signature, ils les obtiennent sur la garantie de la banque, laquelle est exprimée par le billet de banque qui leur a été donné lors de l’escompte, en échange de leur papier. Qu’arrivera-t-il si les entreprises que la banque couvre de son crédit ne sont pas sérieuses? Au bout d’un certain temps elles auront consumé les capitaux que le crédit aura déplacés à leur profit; bientôt viendra le moment où, leurs produits ne trouvant point de placement sur un marché qui ne les réclamait pas, leurs opérations seront forcément suspendues. La banque n’aura plus alors, pour garantie du paiement de ses billets, que le papier de ces entreprises dont le capital s’est évanoui et dont le néant est dévoilé aux yeux de tous.

Dés lors le crédit de la banque sera perdu. Le crédit de

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