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LES BANQUES

la banque une fois perdu, le crédit de tous ceux qui s appuyaient sur elle, même de ceux qui ne recouraient à ses avances que pour des opérations sérieuses, se trouvera ébranlé. La gène se répandra partout; toutes les affaires seront entravées, et l’exagération du crédit, au profit de la cupidité et de l’avidité de quelques-uns, deviendra un mal général, et souvent prolongé, pour la société tout entière.

Et ce ne seront pas toujours les manœuvres coupables et les spéculations déloyales qui seront les causes de ces périlleuses exagérations du crédit. L’amour passionné du gain et l’esprit d’aventure, qui se rencontrent souvent dans les sociétés livrées aux impulsions de l'ordre matériel, suffiront pour les produire et pour amener les désastres qui les suivent fatalement.

Que la modération dans la recherche des succès matériels, conséquence du mépris pour la richesse qui accompagne toujours l’attache aux biens spirituels, redevienne, par l’action du christianisme sur les âmes, une habitude dominante de la société, et vous ne verrez plusse reproduire ces grands désordres financiers dont nos sociétés ont trop souvent à souffrir.

C’est à tort que l’on imputerait ces désordres aux banques en général. En elles-mêmes, elles ne sont que des instruments dont on peut à volonté tirer le bien ou le mal, suivant les dispositions de ceux qui s’en servent. Que l’esprit de travail sérieux et patient se substitue à cette impétueuse avidité qui prétend faire, en peu de temps et sans grande peine, une grande fortune; que le sentiment de l’honneur dans une position modeste, avec la simplicité des goûts, remplace les insatiables vanités et la passion des jouissances qui débordent aujourd hui dans nos

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mœurs, et tout, dans l’ordre des échanges et des transactions financières comme ailleurs, sera rendu a son couis

naturel.

Ce n’est point dans le crédit même qu <‘st le mal; il e^t dans la fausse application qu’on en fait. Les banques ne font qu’accroître la puissance du crédit. Bien conduites, les banques aident à diriger et à modérer le crédit, et elles peuvent servir de frein aux emportements de la spéculation, aussi bien qu’elles peuvent leur servir d instrument. C est grâce à leur puissant et ingénieux mécanisme que les opérations qu implique le solde des échanges se centralisent, se régularisent et se simplifient, de façon que, d un bout du monde à l’autre, les produits s’échangent contre les

produits.

Le ciédit est donc, quant à l’ordre matériel, un lien de plus, et un des plus étroits, dans cette grande solidarité où vivent tous les peuples qui couvrent la terre. La monnaie, quelque grandes que soient les facilités qu elle apporte aux échanges, serait impuissante à les opérer dans les conditions d’économie, de promptitude et d universalité que donne l’usage des titres de crédit par l’intervention des banques. On peut dire qu’un bon système de crédit est une des conditions premières du développement matériel d un peuple. C’est donc encore ici, non l’usage, mais l’abus qu’il faut combattre; or, l’abus tient à des causes de l’ordre moral auxquelles seul l’esprit chrétien peut porter remède.

La moralité base du crédit. — Comme tout système d’échange un peu développé implique le recours au crédit, on peut dire que la puissance de 1 échange sera toujours proportionnée à la puissance de moralité qui fait la solidité

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