‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 70 sur 120 · LES CRISES ÉCONOMIQUES · texte numérisé non relu

LES CRISES ÉCONOMIQUES

cette activité fiévreuse, par laquelle il s’efforce d atteindre a un bien-être sans limites qui lui échappe au moment où il croit en approcher, que cette activité toujours trompée l’épuise et le tue. « J'avoue, dit Stuart Mill, un des plus grands économistes de fiViiglelerre contemporaine, j axoue que je ne suis pas enchanté de l idéal de vie que nous présentent ceux qui croient que l’état normal de l homme est de lutter sans fin pour se tirer d’affaire; que cette mêlée où l’on se foule aux pieds, où l’on se coudoie, où l’on s’écrase, où l’on se marche sur les talons, où la vie de tout un sexe est employée à courir après les dollars, et la vie de l’autre à élever des chasseurs de dollars, est la destinée la plus désirable pour l’humanité. Ce n’est pas une perfection sociale dont la réalisation puisse devenir le but des philanthropes à venir. »

Il n’y a pas de plus grand obstacle au progrès social que l’instabilité perpétuelle et les secousses périodiques qu’impriment à la société les crises industrielles et commerciales. Je dirai plus tard, en parlant de la misère, comment, même avec la meilleure volonté du monde, les classes ouvrières voient, par le retour fréquent de ces crises, tous leurs efforts pour consolider et élever leur condition frappés d’impuissance. Donnez aux classes qui sont prépondérantes dans les affaires, la modération chrétienne des habitudes ; à la passion du luxe et des jouissances substituez des vues et des aspirations d’un ordre plus élevé; reportez les âmes vers les choses d’en haut ; apprenez aux hommes à mépriser la richesse et à n’y voir que ce qu’y voit le christianisme, un moyen d’atteindre un but supérieur à l’ordre matériel ; en un mot, donnez pour mobiles a la société les mobiles de la vie chrétienne, faites du renonce-

ment la règle des mœurs, et vous verrez l’industrie prendre un cours de progrès régulier, que pourront troubler encore ces accidents ou ces égarements passagers, avec lesquels il faut toujours compter quand on a affaire à des hommes, mais qu’on ne verra plus à chaque instant an été par des houleversements désastreu.v.

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