DE LA RÉPARTITION DES PRODUITS DU TRAVAIL
DE I.X mSTllIDUÏIOX DES RICHESSES EX GÉNÉRAL
I Observations préliminaires. — 11 semblerait, à
^ entendre les novateurs qui se sont donné mission de refaire
il l’ordre économique, et la science qui en explique les lois,
qu’il n’y a à s’inquiéter dans les questions de cet ordre que I de la distribution des richesses. Quant à la production, il
I est convenu que le travail social ne peut manquer de
' donner des résultats suffisants, et que la seule difficulté est
j de répartir ce résultat de façon à contenter tous les appé-
I tits. On semble oublier que la part de chacun de ceux qui
^ ont coopéré à la production ne peut être satisfaisante, que
II g| J0 travail a été mené de façon à fournir une masse assez
I considérable pour que tous puissent y prendre une somme
d’utilités répondant à la pleine aisance dont on veut que tous soient pourvus. On semble ne pas soupçonner qu il
est tel système de répartition des produits qui, si on l’imposait à la société, paralyserait le travail et ferait, par conséquent, diminuer la masse à répartir, au grand détriment de ceux qui doivent prendre part à la répartition, c’est-àdire des travailleurs.
Sans doute l’arbitraire des pouvoirs publics peut exercer sur la distribution de la richesse une influence qui ne saurait s’exercer au même degré sur la production, parce que ici on va se heurter aux lois fondamentales de la vie et de l’activité humaine, dans l’ordre matériel, lois absolues qui tiennent à la constitution même de la personnalité humaine et aux conditions de son action sur les objets du monde physique. Toutefois, même pour la distribution des richesses, une fois certains principes de vie sociale admis, il s’ensuit, quant à la répartition des richesses, un ordre de conséquences auxquelles il est impossible de se dérober.
11 y aura donc, pour assurer le bien-être du grand nombre par une bonne répartition de la richesse, d'abord à rechercher dans quelles conditions le travail donnera une masse à distribuer suffisante pour que chacun ait une part convenable : c’est ce que j’ai fait dans les chapitres qui précèdent. Ensuite il y aura à déterminer suivant quels principes de vie sociale la distribution de la masse produite se fera de façon à assurer le bien-être du grand nombre, dernier objet, et seul objet légitime des recherches de l’économiste.
Toute doctrine engendre un ordre social formé à son image, et tout ordre social détermine une certaine répartition des richesses, dont l’équité ou l’iniquité répond aux principes sur lesquels s’établissent les relations des membres de la société. Quelle différence, en effet, entre la