‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 80 sur 120 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

répartition des produits du travail dans les sociétés païennes et cette même répartition dans les sociétés chréliennes!

Chez les peuples païens, le travail est asservi et exploité sans autre mesure que l’intérêt du maître. La ration du travailleur se fixe comme celle de la bêle de somme, que le propriétaire entretient avec la moindre dépense possible, et seulement en raison du profit qu il peut en retirer, cesse-t-il d’être productif, le maître cesse de l entretenir. Non seulement les esclaves, mais tous les petits et tous les faibles sont livrés à l’exploitation des forts et des puissants. Fréquemment dans l’antiquité les cupidités des giands réduisent le citoyen à une misère qui ne lui laisse de refuge que dans la révolte ou dans le plus abject assujettissement.

A mesure que le christianisme s empare des âmes et pénètre dans les mœurs, ces iniquités s effacent et disparaissent insensiblement. Dès sa première apparition dans le monde, le christianisme pose les principes d’équité et de charité qui émanciperont les classes inférieures et leur assureront, par la liberté et l’assistance mutuelle, leur juste part dans les fruits du travail de la société. Par l’impulsion de la charité et par la seule puissance delà liberté, l’Église à peine établie va en ce sens plus loin que ne pourra jamais aller aucune législation humaine. Elle établit, par la communauté volontaire et charitable, un ordre de lelations qui pourra servir d’idéal aux efforts des hommes pour restituer aux pauvres et aux faibles leur part légitime des avantages de la vie sociale, mais qui, par la force des choses, ne pourra être imité que de très loin dans les sociétés où les hommes sont nombreux et les intérêts compliqués. Grâce à l’action de l’Église sur les mœurs, ces Ira-

vailleurs, à qui le paganisme avait refusé la propriété d’eux-mêmes, acquirent, avec la liberté, le droit de propriété en toute son étendue. Ils purent, en disposant, avec une indépendance toujours croissante, de leur travail, en recueillir les fruits sans avoir à subir d’autres lois et d’autres chances que celtes auxquelles, par le cours naturel des choses, tous les hommes se trouvent soumis.

Principes sous l’empire desquels s’opère, dans les sociétés chrétiennes, la répartition des produits du travail. — Dans la société chrétienne, c’est par le cours naturel de la liberté, et par l’application régulière du droit de propriété, conséquence de la liberté, que se déterminent les revenus de tous ceux qui ont pris à la production une part directe ou indirecte. C’est j»ar l’action de la loi d’offre et de demande que se fixe, en général, et sauf l’action de la loi chrétienne de la charité et du respect dû à la personnalité humaine, la valeur des services rendus par chacun et, par conséquent, la rémunération de ces services. Le socialisme voudrait renverser cet ordre naturel des sociétés où les relations économiques se fondent sur la liherté et la propriété. 11 prétend faire régler, par les pouvoirs publics, l’attribution à chacun de sa juste part dans le résultat cki travail social. On a cent fois démontré depuis cinquante ans, par des arguments de fait irréfutables, qu’il n’y a dans les systèmes de ces téméraires novateurs que chimères et impossibilités ; que la masse ouvrière n'y trouverait, après de courtes expériences, au lieu du bienêtre qu’on lui fait espérer, qu’une misère sans mesure et sans terme. Mais ce que ne peuvent ces nouveautés subversives pour la juste amélioration du sort du grand nombre, l’Église a mission de le faire, et elle l’a fait, durant le

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