‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 83 sur 120 · DIFFICULTÉS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS PRÉLIMINAIRES

représentera l’ensemble des revenus soldés aux trois groupes de producteurs qui ont successivement concouru à la créer. Suivez jusqu’au bout toutes les transformations de cette toile, jusqu’au moment où elle parviendra, sous forme de vêtement, dans les mains de celui qui l’appliquera directement à son usage : vous aurez toujours à constater les mêmes faits, et vous trouverez que la valeur de ce vêtement se résout, en dernière analvse, en la somme des rentes, des salaires et de ï intérêt payés aux trois classes dans les mains desquelles se trouvent les trois éléments généraux de la production.

Il est clair, d’après ce qui précède, que la somme de toutes les valeurs créées dans la société se résout en rentes, en salaires et en intérêts. Quelles que soient les complications que puisse offrir la production dans son ensemble, quelque inégale que soit la durée de l’application des forces productives dans leurs différents emplois, tout revient à cette donnée première; il suffit d’une simple opération arithmétique pour y ramener toujours toutes les combinaisons de la production.

Pour nous rendre compte de la loi qui préside à la distribution de la richesse, nous n’aurons donc qu’à observer ce qui se passe dans chacun de ces groupes producteurs qui forment l’élément simple et primitif dans l’ordre matériel, comme la famille dans la société. Quand nous aurons déterminé cette loi, il nous restera un autre point à éclaircir : il faudra montrer qu’elle agit d’une manière uniforme et constante dans tous les groupes divers. Cela fait, nous serons parvenus au but de notre recherche, nous aurons saisi la loi générale de la distribution de la richesse dans la société.

Loi générale de la répartition dans la richesse. — Dans tout groupe producteur, la répai tition de la richesse se fait en raison de l’importance des services apportés à l’œuvre commune par les possesseurs des diverses forces productives, et cette importance se détermine, en général, par l’action de la loi d’oflre et de demande.

Au fond, la répartition s’opère d’api*és les principes qui régissent le partage des bénéfices d’une association entre tous les associés : chacun y prend une part proportionnée à l’importance de ses apports, et les apports sont estimés plus haut ou plus bas, suivant qu’il est plus ou moins difficile de les obtenir, soit à raison de leur rareté naturelle, soit à raison de la peine qu’il faut prendre pour les effectuer. Si les terres sont rares, par rapport à la demande qu’on en fait, si les capitaux ne se trouvent qu’en petite quantité, relativement au travail qui en demande le concours, la rente et l’intérêt du capital seront élevés, tandis que le travail qui s’offre en abondance n’obtiendra qu’une rémunération proportionnellement peu élevée.

Telle est la règle générale. Toutefois il faudra, pour la mettre en œuvre, distinguer, suivant les cas, les divers modes d’après lesquels elle s’applique. Ainsi la règle aura, pour chaque espèce de revenus, des effets particuliers qu’il faudra constater ; mais ce sera toujours, au fond, la même régie.

11 est à remarquer que l’intervention de l’entrepreneur ne change rien au cours naturel des choses, tel que je viens de le décrire. J^’entrepreneur sert d’intermédiaire entre les diverses classes qui concourent à la production, mais la position respective de ces classes ne s’en trouve en rien modifiée. Les prétentions qu’elles débattraient directement

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