‹ Premiers principes d'économie politique [microform]Chapitre 87 sur 120 · LES SALAIRES ET L’INTÉRÊT · texte numérisé non relu

LES SALAIRES ET L’INTÉRÊT

les travailleurs et les capitalistes. 11 ne restera plus alors en présence que deux des copartageants, les travailleurs et les capitalistes, dont les intérêts sont, par la nature des choses, intimement liés, et, à certains égards, corrélatifs. Ces deux copartageants débattront ensemble les conditions de la répartition de la masse qui leur est dévolue, déduction faite de la part du propriétaire, et, suivant les circonstances, l’un ou l’autre aura l’avantage dans le débat.

Relation proportionnelle entre les salaires et l’intérêt. — Entre le taux des salaires et le taux de l'intérêt il s’établit une certaine proportion. Il n’en peut pas être autrement. En effet, puisqu’il s’agit d’une masse à partager entre le travail et le capital, ce qui ne sera pas attribué à l un sera attribué à l’autre, et l’une des deux parts ne pourra diminuer sans que l’autre s’augmente d’autant.

La proportion s’établira en faveur de celui des deux éléments producteurs qui, étant peu offert relativement à l’autre, aura par là le moyen de dicter ses conditions dans le marché. Le travail ne peut rien sans les avances et les moyens d’action que lui fournit le capital, et, d’autre part, le capital resterait stérile s’il n’était mis en œuvre par le travail.

Il résulte de là que le capital demande le travail, en même temps que le travail s’offre au capital, et réci- [iroquement. Quand le travail s’offrira en abondance au capital, celui-ci fera la loi; la part du travail sera relativement faible, celle du capital sera élevée. L’inverse se produira quand ce sera le capital qui s’offrira en grande quantité et que le travail sera, par rapport au capital, en quantité moins considérable.

L’intérêt est proportionnel, le salaire est réel. —

278 LA RÉPARTITIO^i DES RICHESSES.

S’il ne s’agissait que du taux de l’intérêt, on pourrait s’en tenir à ces notions et ne considérer que la relation proportionnelle du capital au travail. Mais pour le salaire, il en va autrement.

Le taux de l’intérêt est essentiellement proportionnel et rien que proportionnel. Ce n’est autre chose que le rapport de la part qui revient au capital dans la production avec la somme des avances qu’il y a apportées. Si le capital avancé est de cent mille francs, et que la part attribuée au capitalliste, en sus de ses avances, dans le résultat de la production, soit de cinq mille francs, l’intérêt sera de cinq pour cent ; il ne serait que de quatre, si cette part était de quatre mille francs. Dans toutes les spéculations relatives au taux de l’intérêt, on ne considère pas autre chose que ce rapport, et ce rapport est déterminé par la situation respective du travail et du capital, au point de vue de l’offre et de la demande.

Les choses se présentent autrement pour les salaires. Tandis que l’intérêt n’est qu’une simple relation de valeurs, le salaire implique une relation des valeurs attribuées au travail avec les besoins du travailleur.

Personne ne songera à considérer les salaires comme élevés, par cela seul que la part proportionnelle de l’ouvrier dans le produit à partager est considérable ; et de fait, il arrive qu’avec une part proportionnelle faible, l’ouvrier jouit d’un salaire qui lui donne largement l’aisance. On a pu voir aux États-Unis l’intérêt très élevé et, par conséquent, la part proportionnelle du travail moindre, avec de hauts salaires, c’est-à-dire des salaires qui fournissent abondamment aux besoins de l’ouvrier. Si la puissance du travail est faible, par une conséquence nécessaire, la masse

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