LE PRARION, VALLÉE DE CHAMOUNIX
CHAMOUNIX, L’OBERLAND, LE RIGHI
molles par centaines, s’aperçoit peu que le temps est changé. De menus naturels lui offrent du lait, il boit du lait; de l’eau, il boit de l’eau; il boirait de la coloquinte si on la lui présentait; mais, arrivé à l’auberge, il tombe malade et s’abandonne à des affadissements de toute pâleur. U’Estraing, qui le soigne, s’affadit à le voir faire. Walter et Woodberry s’affadissent spontanément. Édouard attend sa fin prochaine, et la pension se trouve divisée en deux parts : les cholériques et les infirmiers. Heureusement, toutes ces maladies passeront avec la nuit, hormis celle de Walter, qui ne cédera que le lendemain aux efforts de l’art. Les efforts de l’art, c’est, comme l’an passé pour Harrison, un bon duvet et trois tasses de sureau.
L’orage est devenu terrible, au point que, pour que nous puissions traverser un bout de rue qui nous sépare de la salle à manger, on est obligé de nous transporter en char les uns après les autres : c’est long. Les éclairs brillent, le tonnerre retentit avec un fracas épouvantable : c’est très beau. La salle à manger est belle, bien éclairée, la table appétissante : c’est délicieux. Le mon sieur Dumont de l’autre jour y prend son thé, surpris toujours, et assis sur une chaise qui fait des bruits étranges. Après un souper pyramidal, nous remontons en char pour rejoindre nos affadis. Édouard n’est pas mort, mais c’est tout comme.