DIX-HUITIÈME JOURNÉE
Nous nous levons de bonne heure pour aller déjeuner à Munzigen, à moitié chemin de Berne. La route est couverte de campagnards se rendant au marché. 11 n'y a peut-être pas un coin du globe qui donne plus que cette admirable vallée l'idée de l'abondance, du confortable agreste, du dernier raffinement de la civilisation agricole. A chaque instant nous nous arrêtons devant les fermes pour admirer mille soins, mille commodités, dont nous autres messieurs nous sommes à cent lieues dans le genre de vie qui nous est propre.
De très-bonne heure nous sommes à Berne, et le programme de la journée ■est donné. Il est très-conforme à celui de nos autres séjours à Berne, ce qui nous dispense d'y insister ici.
DIX-NEUVIÈME JOURNÉE
Encore sur nos jambes jusqu'à Fribourg. Nous avons déjeuné à Berne; sur la route, nous vivons de prunes, de halles et d'éclats de rire. Plusieurs se démoralisent, y compris le chef, et ce ne sont pas les moins gais. Et puis nous voici à Fribourg, et le pont, et les orgues, et un grandissime souper, un banquet à tout rompre, sans aucune parcimonie de la bourse commune, conformément aux principes énoncés dans le préambule.