‹ Près de JésusChapitre 11 sur 28 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Deuxième Pratique :

illlet* à Jésas-Eaehaidstie avec GOfifiauee, cotntoe où allait à Lai pendant sa rie mortelle

fe p^ÉNÉTRÉs de la pensée de la Présence réelle de iïJSl Jésus au Tabernacle, nous nous appliquerons à repasser dans notre mémoire tout ce que l’Evangile nous raconte de la vie du Sauveur, des merveilles qu’il a opérées, des bienfaits sans nombre qu’il a répandus partout autour de Lui; et nous chercherons à imiter dans nos prières la confiance et l’humilité de ceux qui s’adressaient à Lui pour en obtenir quelque secours.

Quoi de plus facile que de nous représenter par la pensée ces scènes de l’Evangile où nous voyons passer tour à tour : Madeleine, Nicodème, la Samaritaine, Lazare, l’aveugle-né, les lépreux, le jeune homme riche, la veuve de Naïm, Jaïre et tant d’autres...

Avec quelle foi, quelle humilité, quel désir d’être soulagés, les malades, les pécheurs venaient à Jésus !

Il est là, au Très Saint Sacrement ! C’est bien le même Jésus, toujours aussi accessible à tous. Nous viendrons à Lui, comme ils y allaient eux-mêmes.

Aveugles et ignorants, allons à Jésus pour être instruits

Nous songerons à l’aveugle de Jéricho et, comme lui, nous crierons à Jésus-Eucharistie : « Seigneur, faites que je voie !... 1 » Tous, en effet, sans en excepter le plus sage, le plus savant, le plus juste, nous sommes des aveugles au regard de Dieu.

Que de mystères autour de nous, surtout quand il s’agit des choses surnaturelles !... Comme souvent nous nous trompons dans nos calculs !... Comme nous comprenons mal nos intérêts !

1 Luc, xvin, 41.

Crions donc à Jésus présent au Tabernacle : « Seigneur, faites que je voie... Que je voie que la vie est courte et qu’il me faut songer à mon âme... Que je voie combien cette âme est précieuse à vos yeux et ce que Vous faites chaque jour pour la sauver... Que je voie que la terre et ce qui est de la terre ne peut me donner la véritable paix... Que je voie que chaque jour me rapproche de l’éternité... Que je voie que le péché est le seul mal réel, puisque seul il peut me séparer de Vous, ô mon Jésus, et me précipiter dans l’abîme éternel... Que je voie combien Vous m’aimez... Que je voie que seul Vous êtes le consolateur puissant, l’ami vrai qui peut me conduire au ciel... Que je voie que vos paroles sont celles de la vie éternelle... Que je voie que, hors de Vous, tout est illusion, mensonge et vanité...

« Seigneur, faites que je voie clair en moimême... Que je voie ce que Vous demandez de moi... quel degré d’amour, quel détachement du monde Vous attendez de moi... Que je voie combien le plus léger péché volontaire Vous attriste... Que je voie le danger auquel je m’expose en abusant de vos grâces... Que je voie combien il y a d’inutilités, de vanités dans ma

vie... Que je voie, sans me faire illusion, quelle est votre volonté sur moi...

« Seigneur, faites que je voie combien sont vains et faux les jugements des hommes... Que je voie quel cas je dois faire de vos enseignements, sans chercher à les interpréter suivant les désirs de ma nature... Que je voie les ruses de Satan, et les pièges qu’il me tend pour m’éloigner de Vous... Que je voie quel jugement Vous portez de toutes mes actions, mes pensées, mes désirs... Que je voie quel jugement j’en porterai moi-même à la mort...

« Seigneur, faites que je voie comme Vous voyez Vous-même, avant qu’il ne soit trop tard !... »

Pécheurs, allons à Jésus pour être purifiés

Si nous sommes pécheurs et que nous ne sentions pas en nous la force de renoncer au péché, nous nous approcherons de Jésus avec humilité, en pensant à Madeleine, au bon larron, à tous les pécheurs qui venaient à Lui, à ces malheureux atteints de la lèpre, image du

péché ; comme eux, nous tendrons les bras vers Lui, en criant : «Seigneur, ayez pitié de moi ! *... Seigneur, si Vous voulez, Vous pouvez me guérir!2... Seigneur, si Vous ne venez à mon aide, je vais périr3... Donnez-moi le désir de sortir de l’état du péché qui me prive de votre amour et me sépare de Vous ; donnez-moi le courage de le fuir et d’y renoncer à jamais... »

Ne nous lassons pas, importunons Jésus par les cris de notre prière, jusqu’à ce que nous ayons trouvé dans son Cœur miséricordieux la force de briser nos liens et de rentrer dans la grâce de notre Dieu.

Redisons-Lui avec le prophète : « Du fond de l’abîme de ma misère, je crie vers Vous, Seigneur ; Seigneur, écoutez ma voix4... »

Incrédules, allons à Jésus pour être éclairés

Si le doute étreint notre esprit, allons à Jésus, comme le docteur de la loi, Nicodème, Le sup-

4 Marc, x, 47 ; Luc, xvm, 38. — 2 Matthieu, vm, 2 ; Marc, 1, 40. — 3 Matthieu, vm, 25. — 4 Ps. cxxix, 1.

pliant, Lui qui nous voit et nous entend du Fond de son Tabernacle, de faire luire la lumière dans notre âme. Crions-Lui : « Seigneur, dites â mon âme que Vous êtes son Dieu; aidez, oh! aidez mon incrédulité1 ».

Le Dieu de l’Eucharistie a fait, à notre époque, plus d’un miracle de ce genre; plusieurs, comme Saul sur le chemin de Damas, ont été foudroyés par son puissant regard et par les influences divines qui s’échappent du Tabernacle.

Prions, oh! prions Jésus-Hostie. Il est la Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde 2 ; et le meilleur moyen de trouver cette lumière, c’est de venir humble et suppliant frapper à la porte de sa prison d’amour.

Indifférents, allons à Jésus pour être ranimés

Si nous sentons que l’indifférence a envahi notre cœur ; si nous ne venons plus à l’église que par un reste d’habitude, par convenance, que

1 Marc, ix, 23. — 2 Jean, i, 9.

sais-je ? songeons à ces sourds, à ces muets, à ces paralytiques que l’on portait aux pieds du Sauveur ; jetons, nous aussi, notre âme à ses pieds. C’est toujours le même Jésus, compatissant à toutes les misères ; disons-Lui : Seigneur, aidez-moi à sortir de mon insouciance, rendez la vigueur à mon âme.

Jésus n’a jamais repoussé personne ; crions vers Lui du fond de notre misère, et il nous entendra.

Tentés, allons à Jésus pour être fortifiés

Si les tentations nous assaillent, si l’esprit du mal obscurcit nos pensées, déchaîne en nous la tempête des sentiments mauvais; songeons à ces pauvres possédés qu’on Lui amenait pour qu’il les guérit. Crions-Lui : «Seigneur, sauvez-moi, car sans Vous je vais périr 1 ».

N'est-ce pas Lui qui commandait aux vents et à la mer?... Satan et ses légions infernales ne Lui sont-ils pas toujours soumis?...

1 Matthieu, vm, 25.

Revenons à Lui jusqu’à ce qu’il nous ait délivrés ou donné la force de résister courageusement à l’ennemi.

Aux pieds de Jésus, ne nous décourageons jamais, quelles que soient nos terreurs ou nos chutes... Il est là ! Sa Présence nous est un gage de son amour. Puisqu’il permet que nous venions à Lui, ne fût-ce que par la pensée, c’est qu’il veut nous sauver. Cramponnons-nous à son Cœur. Qui donc pourrait nous en arracher?

Anxieux sur le sort de ceux qui nous sont chers, allons à Jésus pour être secourus

Avons-nous à gémir, à craindre pour des personnes qui nous sont chères ; rappelons-nous ce père affligé, cette mère désolée venant implorer le Sauveur pour des enfants bien-aimés. Disons- Lui, nous aussi : « Seigneur, celui que Vous aimez est malade1... Seigneur, Vous seul pou-

1 Jean, xi, 3.

vez sauver cette âme qui m’est chère ; Vous seul pouvez la retirer de l’abîme. »

Puis, confiance et patience.

Persévérons dans la prière, sans douter jamais du Cœur de Jésus. Il est l’ami fidèle.

Mais songeons-y, le meilleur moyen d’obtenir son secours, c’est de devenir ses amis, en entrant dans la familiarité et l’intimité de son Cœur.: et c’est là que nous conduira la Vie Eucharistique.

Jésus, dans l’Eucharistie, est l’Ami de la jeunesse

Enfants, venez au Dieu de votre première Communion, comme ces enfants de la Judée qu’il aimait tant à caresser et à bénir... Demandez-Lui de bénir votre âme et de la garder.

Jeunes gens, jeunes filles, venez au Dieu qui réjouit votre jeunesse, comme y allait Jean, son disciple bien-aimé... Que le Tabernacle soit véritablement pour vous un abri dans les orages que Satan ne tardera pas à déchaîner contre vous.

Aujourd’hui, c’est d’un cœur sincère que vous désirez rester fidèles à Jésus. Croyez-moi, le

meilleur moyen de persévérer, c’est d’aller tous les jours le Lui demander à Lui-même présent au Tabernacle ; c’est d’aller encore et toujours vous réfugier — au moins par la pensée — près de Lui, à l’heure du danger.

D u fond de sa prison d’amour, Il vous dira que c’est Lui « qui enseigne toute vérité 1 », que l’homme qui se fie à son intelligence s’égare vite, que c’est Lui «qui donne la paix2», cette paix véritable que le monde et ses fausses joies ne peuvent donner.

Il vous dira qu’il est « la résurrection et la vie3». Il mettra votre cœur dans son Cœur... Il vous vivifiera en venant en vous par la sainte Communion * Il vous fortifiera contre votre propre faiblesse, vous rendra généreux en face de tous les ennemis du dehors et du dedans, vous animera d’une sainte ardeur pour le bien et vous conduira à toutes les victoires.

Il vous apprendra qu’ici-bas tout est vanité, hors savoir L’aimer et Le servir ; et la pensée de sa Présence au Tabernacle, où II reste pour vous, vous réjouira, vous consolera pendant la vie, et fera votre sécurité à l’heure de la mort.

1 Jean, xvï, i3. — 2 Ibid., xiv, 27. — 3 Ibid., xi, 25.

Jésus, dans l’Eucharistie, est le Consolateur de tous ceux qui souffrent

Vieillards, malades, pauvres, vous tous que la douleur et l'isolement accablent, venez à Jésus... Ne cherchez pas seulement votre consolation dans le souvenir de ses souffrances... allez plus loin... allez jusqu’à ses pieds... jusqu’à son Cœur... Il est là au Tabernacle, et II n’y est resté que pour votre amour... Il y est en personne, afin de mettre à votre disposition, à toute heure, un Cœur qui comprenne vos peines, vos tristesses, vos angoisses.

Il sera votre consolateur comme II le fut autrefois de tous ceux qui souffraient... Il vous apprendra à trouver en Lui un confident, un père, un frère, un ami, un compagnon fidèle.

Il a souffert comme vous ; comme vous, et plus que vous, Il est tous les jours délaissé, trahi dans son Sacrement d’amour. Son amitié adoucira vos peines. Près de Lui disparaîtront l’amertume et l’ennui. Il y a tant de secrets de miséricorde dans son Cœur ! Et ces secrets, Il vous les apprendra dans votre solitude à deux.

Jésus, dans l’Eucharistie, est l’universel soutien de tous ceux qui recourent à Lui

Qui que nous soyons enfin, souvenons-nous que «Jésus se tient au Tabernacle, pour nous écouter et nous instruire ».

Justes ou pécheurs, vertueux ou misérables, fidèles ou infidèles, nous avons tous besoin de Lui. Il ne demande qu’à donner ; nous n’avons qu’à tendre la main. Il ouvre tout grand son Cœur pour nous y loger tous.

Ah ! ne rendons pas inutile, par notre insouciance, son inconcevable dévouement. Ne laissons pas perdre, par notre faute, toutes les grâces qu’il nous offre.

Venons à Lui et répétons-Lui dix fois, cent fois la même prière ; nous ne saurions jamais fadguer Jésus. Puis tenons-nous humblement à ses pieds, comme s’y tenaient ses disciples, le regard fixé vers le Tabernacle qui Le renferme.

Ne craignons pas que notre prière reste infructueuse. Peut-être Jésus voudra-t-Il parfois

éprouver notre confiance, en n’ayant pas l’air d’y répondre aussitôt, comme II le fit pour la Chananéenne. Mais soyons sans crainte : Il a entendu notre prière..., Il l’a recueillie en son Cœur..., Il nous a bénis; et un jour nous sentirons les effets de sa miséricorde..., nous connaîtrons que pas un cri de notre cœur n’a été oublié par Lui. N’a-t-Il pas dit : « Demandez et vous recevrez ; frappez et on vous ouvrira1 »?

Oui, Il a engagé sa parole, à la condition pourtant que nous Lui demanderons de « bonnes choses », utiles au salut de notre âme, car c’est cette âme qu’il aime en nous ; c’est cette âme qui Le préoccupe ; c’est cette âme qu’il veut sauver, et dont les intérêts éternels lui ont coûté jusqu’à la dernière goutte de son Sang.

Souvent nous nous trompons en ce qui nous est bon et utile. Lui, qui sait ; Lui, qui voit ; Lui, qui est la Sagesse incréée, connaissant ce qu’il nous faut, nous le donnera, car II a dit : « Si vous qui êtes méchants, savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père céleste vous donnera-t-Il ce qui vous est nécessaire 2 ».

1 Matthieu, vu, 7 ; Luc, xi, 9. — * Matthieu, vu, 11 ; Luc, xi, 1 3.

Comment nous présenter devant Jésus et honorer sa divine Présence au T. S. Sacrement

Mais afin de mieux profiter de la Présence de Jésus en l'Eucharistie, de faire revivre pour nous d'une façon plus saisissante les scènes du saint Evangile, qu’il nous soit permis d’indiquer ici deux pratiques qui pourront être utiles aux âmes.

La première, c'est de penser à l’avance — en allant à l’église, je suppose — à l’attitude que nous allons prendre devant Jésus. Sera-ce celle de la Samaritaine, du lépreux de l’Evangile, du paralytique, d’un des amis du Sauveur, de Jean, de Madeleine : c’est à nous de choisir. Nous essaierons de nous faire une idée de leurs sentiments au moment où iis approchaient du Maître, et cela nous aidera à formuler notre prière à Jésus.

La seconde, c’est que, en entrant dans l’église, prenant l’eau bénite et faisant la génuflexion pour adorer Jésus dans son Tabernacle, nous

nous proposions, à l’exemple de Madeleine, de baiser par la pensée les pieds du Sauveur.

Et qu’on ne voie là rien de mystique ; cette pratique est, au contraire, on ne peut plus naturelle.

S’il nous eût été donné d’être admis dans la maison de Marthe, à Béthanie, notre premier acte, en entrant, n’eût-il pas été de nous prosterner aux pieds du Maître, ainsi que le faisaient les Juifs, et de baiser ses pieds en signe d’adoration ?

Puisque le « Maître est là 1 » comme autrefois en Judée, et que son état sacramentel ne nous permet pas de baiser réellement ses pieds, faisons-le du moins en esprit ; ce sera le moyen d’arrêter aussitôt sur nous son regard divin.

Enfin, nous rappelant que de la Personne sacrée du Sauveur Jésus émane une vertu toutepuissante qui convertit les cœurs et sauve les âmes ; avant de Le quitter, plaçons notre âme à ses pieds avec toutes celles que nous aimons, comme les Juifs y déposaient leurs malades, leurs possédés ; demandons-Lui, dans un sentiment profond de notre misère et de confiance en sa

1 Jean, xi, 28.

bonté, de nous donner une de ces bénédictions puissantes qui changent les cœurs et font les amis de Dieu et les saints.

Oh ! alors, quand nous aurons senti la douceur et la paix qu’apporte avec elle une bénédiction du Dieu de l’Eucharistie, nous aimerons à venir plus souvent à ses pieds. Notre prière sera plus douce à notre cœur, lorsqu’elle ira droit à Jésus- Eucharistie personnellement présent à deux pas de nous.

Nous voudrons venir à Lui, non seulement les jours où l’Eglise nous en fait un devoir, ou quand un office solennel ou une circonstance quelconque nous y appelle ; mais souvent, tous les jours, ne fût-ce qu’en allant à nos affaires ou même à nos délassements.

Page 1