‹ Près de JésusChapitre 12 sur 28 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Troisième Pratique :

péfléehiP, aax pieds de Jésus, àl’aîDOUP qui L’enehaîne dans l’EuehaPistie et h ee qu’il y fait sans cesse poup nous

I nous voulons mieux comprendre encore l’amour de ce Jésus qui est venu sur la terre, s’est l'ait homme, et s’est renfermé pour nous en l’Eucharistie ; si nous voulons faire croître en nous l’amour de Jésus, qui seul peut nous donner, avec la paix du cœur, le courage de remplir tous nos devoirs ; si nous voulons enfin essayer de pénétrer dans l’intimité de son Cœur Sacré et ne pas rendre inutile pour nous sa Présence au Sacrement, il nous faudra chaque jour venir au Tabernacle, au moins en esprit, et chercher à acquérir une connaissance plus grande de Celui qui s’y est constitué pour toujours notre prisonnier d’amour.

Quel est Celui qui est là ?

Après avoir adoré ce divin Maître, à l’exemple des Juifs qui venaient à Jésus, nous nous placerons près de Lui, sous son regard, et nous nous demanderons : Quel est Celui qui est là ?

Nous le savons, sans doute : mais hélas ! nous y pensons si peu, que Jésus peut nous dire comme à la Samaritaine : « Si vous connaissiez le don de Dieu et quel est Celui qui vous parle 1 » !

Oui, si nous savions quel est Celui qui, du fond du Tabernacle, nous regarde... Celui qui veut parler à notre cœur, pour lui apprendre les secrets de la Vie éternelle... Celui qui se tient là dans l’Hostie, comme autrefois au puits de Jacob ; nous attendant, comme II attendait cette femme de Samarie, et auprès duquel nous passons si souvent sans Le voir... Celui qui nous aime — nous personnellement — et nous a aimés d’un amour éternel.

Alors, d’un rapide regard de notre âme, nous reverrons la Crèche où, petit enfant, Il nous tendait les bras. Nous reverrons l’atelier de Na-

1 Jean, rv, io.

zareth, où II travaillait en pensant à nous ; les routes de la Palestine, où II passait en faisant le bien. Nous reverrons le Cénacle, où II instituait l’ineffable Sacrement de l’Eucharistie et consacrait ses premiers Prêtres. Nous reverrons les scènes du Jardin des Olives, du Prétoire et du Golgotha.

Le Jésus qui nous a tant aimés..., qui a tant souffert, tant prié, tant pleuré pour nous... : voilà Celui qui est là près de nous...

Et, levant les yeux vers la porte du Tabernacle qui Le dérobe à nos regards, nous Lui demanderons de nous faire mieux comprendre son amour.

Celui qui est là?... Mais portons notre pensée vers le Ciel : voyons-y Jésus, notre Sauveur, dans toute la gloire de son Humanité ressuscitée.

C’est Lui dont la présence fait la joie des anges et des saints.

C’est vers Lui, Verbe divin, que vient converger l’amour du Père et du Saint-Esprit. C’est Lui l’objet de leurs complaisances divines.

Et Lui, ce trésor de Dieu... ce trésor des milices célestes et des élus, Il est là !

Il est là et II est à nous ! Il se livre, Il se donne, Ii reste avec nous !

Comme II fait les délices des habitants du paradis, Il veut faire nos délices...

Comme II aime ses élus au ciel, Il nous aime, nous, enfants de la terre... Et II s’est multiplié, pour être à nous et avec nous, comme II est à eux et avec eux...

Cette pensée seule ne suffirait-elle pas pour faire de nous des saints, si nous l’approfondissions dans le recueillement de notre âme ?

Oh ! si chaque jour, qui que nous soyons, nous voulions être fidèles à . venir à Jésus, Lui demandant : « Tu quis es ? — Qui êtes-vous ? 1 » essayant, ne fût-ce que pendant quelques instants, de réfléchir et de répondre nous-mêmes à cette demande, à l’aide de notre foi et de notre éducation chrétienne, quelle clarté se ferait dans notre esprit !

Pourquoi Jésus est-Il là ?

Continuant à interroger le Sauveur, nous Lui demanderons : « Pourquoi êtes-Vous là?... » Songeant alors à tout ce qu’il Lui a fallu

1 Jean, i, 19.

d’amour pour rester ainsi au milieu de nous ; embrassant d’un rapide coup d’œil toutes les humiliations qu’il y endure, les profanations, les sacrilèges et, ce qui est très sensible à son Cœur, notre indifférence : nous comprendrons peutêtre quel prix II attache à notre salut éternel.

Il nous a aimés au point de se livrer à nous sous les apparences et dans les conditions les plus humiliantes ; dans un état que nous, ses créatures, nous ne voudrions pas accepter.

Il a voilé sa gloire, sa majesté, sa puissance, afin d’être plus accessible à tous.

Connaissant notre faiblesse, Il s’est mis à notre disposition à toute heure, afin de nous venir toujours en aide. De son Tabernacle, Il nous appelle... Il nous attend... Il nous bénit.

Comme notre salut est chose importante à ses yeux!... Comme notre âme est précieuse à son Cœur !... Comme II l’aime !...

Ce que Jésus-Eucharistie attend de nous

Tout cela nous le savons. On nous l’a redit bien souvent. L’avons-nous vraiment compris ?

Hélas ! faudra-t-il que tant d’amour, que tant de sacrifices soient inutiles ; et ne répondronsnous jamais que par l’insouciance à la tendresse du Cœur de Jésus ?

Mais cela n’est pas possible... ce serait de l’aberration !... ce serait de la folie !

Quoi, Jésus, le Dieu de l’éternité... là , en personne , ne pourrait attirer, fixer notre attention?

Lui !... Lui, de qui nous dépendons, nous ne Le traiterions que comme une chose sainte ou à peu près, et nous ne nous préoccuperions pas de ses désirs ?

Lui, le maître de l’univers... le juge des vivants et des morts... Celui qui tient notre vie entre ses mains et qui, demain peut-être, nous appellera à son tribunal, Il est là ; et nous entrerions dans l’église, nous inquiétant à peine du lieu où II est, nous occupant fort peu de sa Présence... de ce qu’il fait... de ce qu’il veut !

Oh ! qu’il n’en soit jamais ainsi pour nous, âmes chrétiennes, qui Lui avons promis de L’aimer toujours.

Si l’on savait... si l’on connaissait le don de Dieu'... les grâces, les lumières que Jésus-

1 Jean, iv, 10.

Eucharistie verse dans l'âme de celui qui vient humblement Lui demander de l’instruire?

Quoi de plus simple et de plus facile après tout !

Lorsqu’on assiste au Saint Sacrifice de la Messe ; quand on vient à l’église pour quelque office ou pour faire sa visite au Saint Sacrement; ou encore, de temps à autre dans la journée, et le soir, avant de terminer sa prière, il n’y a qu’à se placer sous son regard et à se dire : Quel est Celui qui est là?... Pourquoi est-Il là?... Ou’y fait-il?... Que me demande-t-Il ?... — puis, rester un instant à réfléchir, afin de pénétrer le sens de ces vérités, — et enfin demander au Maître de nous éclairer, puisqu’il a dit : « Je suis la lumière du monde 1 2 ».

Sans doute nous pouvons trouver les réponses à ces questions dans un livre * ; les lire, c'est très bien, mais cela ne suffit pas.

Il faut savoir, à certaines heures, se les poser à soi-même, y répondre personnellement , dans le recueillement de sa pensée, et laisser Jésus les développer en notre âme.

1 Jean, viii, 12.

2 Voir en particulier, Sous le Regard de Jésus (Maison du Bon-Pasteur, 1 fr. 70), brochure pleine de piété et d’enseignements pratiques, répondant parfaitement aux sujets traités dans le présent ouvrage.

Encore une fois, cet exercice ne demande de nous qu’un peu de bonne volonté, et les résultats en seront incalculables pour notre âme, si nous y sommes fidèles.

Plus nous approfondirons ces pensées sous le regard de Jésus , plus la lumière se fera vive et efficace sur les mystères de notre foi et sur celui de notre éternité.

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