‹ Près de JésusChapitre 14 sur 28 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

Cinquième Pratique :

Etudiez, à l’éeole de Jésas-EaehaMstie, tous les efiseignetnents que ee cfivin Jïaîtpe cous a doccés et y eofiîopmet» cotre vie

orsque Jésus était sur la terre, les Juifs n’allaient pas seulement Lui demander le soulagement de leurs misères ; ils allaient encore à Lui pour entendre les paroles de vie qui tombaient de sa bouche divine.

Avec quel empressement ils Le suivaient pour l’entendre, oubliant jusqu’au soin de leur nourriture !

Avec quelle avidité ils recueillaient ses paroles ! Que sa morale leur semblait belle !

Jésus n’est pas venu sur la terre seulement pour nous racheter; Il y est venu aussi pour

nous instruire et nous montrer la voie qui conduit au «royaume des cieux ».

Lorsque nous aurons compris l’amour de Jésus pour nous et que nous aurons établi avec Lui ces relations d’amitié dont nous parlions plus haut, le besoin de Le mieux connaître se fera sentir à notre cœur. Nous voudrons savoir ce qu’il a dit, ce qu’il a fait, quelle a été sa manière de voir et de juger toutes choses.

Nous voudrons devenir véritablement et pratiquement les disciples du Maître.

Toute la vie chrétienne consiste en cela: être les disciples de Jésus-Christ. C’est là le sens vrai du mot chrétien.

A plus forte raison cela importe-t-il dans la Vie Eucharistique , vie d’union avec Jésus toujours vivant et toujours présent au. milieu de nous. .

L’Evangile est le résumé des enseignements

de Jésus

Mais où trouver cet enseignement de Jésus- Christ, sinon dans l’Evangile.

Volontairement muet et silencieux au Très

Saint Sacrement, Jésus a voulu que l’Eglise nous conservât ses enseignements et sa doctrine, afin de nous servir de guide sûr dans la vie.

En vain nous flatterions-nous d’aimer Jésus, si nous ne faisions de ses préceptes la règle de notre conduite.

Ah ! nous nous demandons parfois pourquoi les chrétiens forts et fidèles deviennent de moins en moins nombreux... C’est que l’Evangile est oublié.

C’est que le nombre de ceux qui font des enseignements de Jésus l’aliment quotidien de leur intelligence, la règle de leur manière de voir, de juger et d’agir, semble diminuer de jour en jour.

Qui donc médite sérieusement, dans le fond de son cœur, « les paroles du Maître » ? Combien peu les connaissent ! Combien peu même les ont entre les mains !

Et on veut être chrétien !...

On lit les quelques pages détachées de l’Evangile que, chaque dimanche, l’Eglise met sous nos yeux. On entend peut-être l’explication qui en est donnée du haut de la chaire de vérité, puis... on n’y pense plus...

En sera-t-il ainsi pour le cœur qui aime ?

Quel prix l’enfant n’attache-t-il pas aux paroles d’un^père bien-aimé !

Si nous aimions vraiment Jésus, combien ses propres paroles nous seraient chères !

La pureté de la morale de l’Evangile

Et puis... et puis... non seulement on n’aime point... on ne lit point l’Evangile, mais combien peu acceptent la morale de Jésus dans toute son intégrité !

Il est si grand le nombre de ceux qui cherchent à concilier cette morale divine avec la manière de voir du monde., avec les exigences du monde !

En vain Jésus nous a prévenus que nous ne pouvions servir deux maîtres à la fois l. Notre application ne consiste que trop souvent à ne point nous séparer entièrement de Dieu., tout en suivant les maximes de l’ennemi qui se rit de notre faiblesse, et dont le seul but est de nous entraîner avec lui dans l’abîme : Satan, le père du mensonge.

Ah ! je le sais, la morale du Sauveur semble parfois bien dure à qui ne juge les choses que

i Matthieu, vi, 24.

DEGRÉS DE LA VIE EUCHARISTIQUE gi

d’une façon naturelle et ne les considère qu’au point de vue humain.

Elle nous semble parfois bien difficile à accepter et surtout à mettre en pratique, même à nous qui faisons hautement profession de servir Dieu fidèlement ; et bien souvent, hélas ! le sens en est caché aux yeux de notre cœur.

D’où cela vient-il donc ?

C’est que nous n’allons pas demander au Maître de faire pénétrer ces paroles dans notre esprit en y faisant la lumière, et de disposer notre cœur à y adhérer en l’embrasant du feu de son amour, ainsi qu’il le fit autrefois pour les disciples d’Emmaüs.

C’est que nous oublions la Présence au milieu

de nous du Docteur des docteurs, de Celui

auquel, mieux avisé que nous, un saint Thomas d’Aquin, par exemple, allait demander la lumière, frappant à la porte du Tabernacle jusqu’à ce que les difficultés qui se dressaient devant son intelligence aient été vaincues.

Sachons recourir humblement et avec confiance à Jésus au Très Saint Sacrement, et nous en recevrons des lumières précieuses qui nous donneront, en même temps que l’intelligence de sa divine doctrine, la grâce et la force d’y conformer notre vie.

La morale de l’Evangile est immuable

Ne nous y trompons pas : la parole du Verbe Incarné est toujours la parole de la Vérité même et la vraie lumière de l’homme ici-bas.

Le temps peut modifier les sociétés, changer les usages ; la morale de l’Evangile reste immuable comme Celui qui l’a promulguée : le ciel et la terre passeront , mais mes paroles ne passeront pas % nous dit le Sauveur.

En vain voudrions-nous façonner à notre guise la morale de l’Evangile, le rapetisser suivant les désirs de notre amour-propre, de notre orgueil, de nos vues étroites, de nos convoitises ; toutes ces choses passeront, et nous passerons avec elles.

Que nous restera-t-il de toutes ces vanités auxquelles nous attachons tant de prix ?

Oh ! que plus sage sera l’âme qui se présentera devant le souverain Juge, pouvant Lui dire : « J’ai 'médité vos enseignements dès ma jeunesse, et ils ont fait mes délices chaque jour de ma vie1 2. »

1 Matthieu, xxiv, 35 ; Marc, xiii, 3i ; Luc, xxi, 33.

2 Ps. ex vin, 47.

Que plus sage sera Famé qui, ayant accepté Jésus pour son Maître, aura su conformer sa manière de voir et d’agir à ses enseignements ; l’âme de bonne volonté qui sera venue à Jésus- Eucharistie, comme autrefois saint Pierre, lui criant du fond du cœur : «A qui irais-je, Seigneur, sinon à Vous qui avez les paroles de la vie éternelle ? 1 »

C’est aux pieds de Jésus que l’âme s’assimile le mieux la divine nourriture contenue dans l’Evangile

La parole de Jésus doit devenir la nourriture journalière de notre âme. Mais, afin que cette divine semence pénètre en nous, y prenne racine et y fructifie, étudions la doctrine de notre Maître sous son divin regard, tout près de Lui au Sacrement de son amour.

Dans le recueillement du sanctuaire et. le charme de sa divine compagnie, apprenons à

1 Jean, vi, 69.

la méditer sans cesse... à l’aimer... à la goûter... à en causer avec Jésus1.

Avec quel plaisir l’ami ne se remémore-t-il pas les paroles de son ami ! Il aime à les lui rappeler, à lui demander quel sens il y attache... : « Ne vous souvenez-vous pas, lui dit-il, que vous disiez ceci... cela... »

Puisque nous avons résolu de modeler nos relations avec Jésus-Eucharistie sur celles que nous établissons entre nous et nos semblables, aimons à venir à ses pieds relire ses paroles si pleines de divins enseignements.

Comme l’enfant vient auprès de son maître étudier la leçon que celui-ci lui a donnée, et lui demander de la lui expliquer, venons chaque jour — au moins par la pensée — au pied du Tabernacle, sous le regard du Maître. Lisons peu... une maxime à la fois... puis arrêtonsnous... regardons le Tabernacle... prions Jésus de faire germer et éclore sa parole en notre cœur, de nous en faire comprendre le sens exact, de nous la faire accepter et aimer. Disons-Lui avec simplicité et confiance : «Parlez,

1 Voir Sous le Regard de Jésus, où sont groupées, comme en une gerbe précieuse, les paroles de Jésus dans l’Evangile. (Maison du Bon-Pasteur)

Seigneur, votre serviteur écoute!1... Seigneur, faites que je voie ! 2 »

Répétons plusieurs fois la même parole, élevant chaque fois notre regard et notre prière vers Jésus.

Adhérant ainsi pleinement et de tout notre cœur à tous les enseignements de notre adorable Maître, nous ferons de l’Eucharistie la divine école où nous viendrons sans cesse apprendre de Jésus à L’aimer, à L’imiter et à nous unir étroitement à Lui.

1 I Rois, ni, 9, to. — * Luc, xviii, 41.

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