‹ Près de JésusChapitre 16 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Première Pratique :

Etabli# la demea#e de üot#e âme eû Jésus-Eaeharistie

ORSQUE notre âme aura pris l’habitude de vivre dans des rapports journaliers et fréquents avec le Jésus de l’Eucharistie ; lorsque peu à peu ces rapports auront fait naître en nous un amour plus ardent et que, éclairés par la lumière qui sort du Tabernacle, nous aurons entrevu quelque chose de la beauté de Dieu et du besoin qu’a toute âme humaine de ce Dieu, son seul et unique bien : le désir de nous unir plus parfaitement à Lui se fera sentir au fond de notre cœur.

Nous ferons alors un pas de plus pour avancer dans l’intimité du divin Maître.

Au lieu d’aller simplement à Jésus, quoique fréquemment et dans tous nos besoins, comme y allaient les Juifs, nous établirons en esprit la demeure perpétuelle de notre âme au Tabernacle.

Nous tenir comme Madeleine aux pieds de Jésus et comme Jean sur son Cœur

Nous nous tiendrons aux pieds de Jésus, comme autrefois s’y tenait Madeleine. Nous nous y tiendrons dans le sentiment de notre misère, de notre faiblesse, humbles et repentants comme elle, alors qu’elle arrosait de ses larmes les pieds de son Sauveur.

Nous nous y tiendrons dans la douce suavité de la Présence adorée de Jésus, surtout dans nos visites au Saint Sacrement, L’écoutant comme Madeleine,. Le contemplant, laissant doucement s’écouler notre vie sous son regard divin.

Nous nous y tiendrons dans le sentiment de la douleur, de la compassion pour son amour outragé et méconnu ; dans l’union à son esprit de réparation, surtout pendant le saint Sacrifice;

comme Madeleine étreignant le pied de la Croix, contemplant son Amour souffrant et agonisant, et se laissant inonder par le Sang divin qui s’échappait des plaies sacrées de son Sauveur.

Nous nous tiendrons sur le Cœur de Jésus, comme Jean reposant sur la poitrine du Maître; nous confiant absolument à Jésus qui nous aime et savourant, dans ce repos silencieux, les ineffables suavités de l’union divine.

Moyens pratiques de rendre habituelle

la pensée de Jésus-Eucharistie

Ce ne sera plus seulement de temps en temps que le regard de notre âme cherchera celui de Jésus ; ce sera d’une manière ininterrompue, pour ainsi dire, que nous le fixerons amoureusement sur Lui.

Il nous suffira pour cela de placer notre âme, par un acte de volonté, tout près de Jésus prisent dans le Tabernacle où nous venons chaque jour L’adorer, de fixer nos regards sur Lui et de les y maintenir, toujours par le même acte de volonté ; puis, d’y ramener notre esprit et notre

cœur chaque fois que la fragilité de notre nature les en aura éloignés, et dès que nous nous en apercevrons.

Nous aurons soin chaque jour, au réveil, de nous y retrouver par la pensée ; de même, la nuit, lorsque notre sommeil se trouvera interrompu. Nous nous appliquerons, en outre, à faire toutes nos actions, tous nos exercices de piété sous le regard de Jésus-Eucharistie.

Faisons de Jésus-Eucharisüe le confident de nos pensées, de nos sentiments les plus intimes. Gardons notre esprit et notre cœur tellement exposés devant Lui, que ce soit à Lui que nous confiions tout d’abord nos impressions, nos joies et nos peines ; afin qu’en tout II bénisse ce qui s’y trouve de bon, et nous aide à rejeter ce qui pourrait Lui déplaire. Vivons en esprit avec Lui, comme si nous étions réellement près du Tabernacle. Tout en vaquant à nos occupations, parlons-Lui de ce qui nous intéresse, de nos craintes, de nos ennuis, de nos difficultés, de nos désirs, subordonnant tout à son bon plaisir.

Pendant tout le jour, que le regard de notre ame se porte constamment sur Jésus, qui ne nous perd pas de vue un seul instant. Et le soir, endormons-nous à ses pieds et sur son Cœur, nous y retrouvant chaque fois au réveil.

DEGRÉS DE LA VIE EUCHARISTIQUE ll3

Cet exercice, qui paraîtra peut-être à quelquesuns tout à fait impraticable, est pourtant on ne peut plus naturel. C’est ce que nous faisons sans effort dans les affections humaines ; nous vivons par le souvenir avec ceux que nous aimons, et si l’amour est excessif, la pensée de l’être aimé nous devient inséparable. Pourquoi n’y aurait-il que la pensée et le souvenir de Jésus, de Jésus vivant et habitant à quelques pas de notre demeure. qui ferait exception ? Sera-t-il dit que Jésus occupera moins de place dans notre cœur que les créatures ?

La demeure de l’âme en Jésus-Eucharistie est une demeure toute d’amour

Cette pratique d’ailleurs ne vient pas de nous. C’est le Sauveur Lui-même qui l’a indiquée en diverses révélations, tant à Sainte Marguerite- Marie qu’à plusieurs de ses servantes qu’il a le plus favorisées de son intimité en ces derniers temps.

Elle réalise donc les désirs de son amour, et il semble que ce soit surtout pour arriver à ce but,

qu’il nous a manifesté son Cœur Sacré, voulant nous y ménager une retraite sûre dans les maux qui nous menacent ; voulant nous aider à accomplir le précepte qu’il donnait à ses Apôtres avant de les quitter, au moment où II instituait la sainte Eucharistie : « Demeurez dans mon amour 1 ».

Or, le centre de l’amour, n’est-ce point le cœur?... Demeurer dans l’amour de Jésus, n’estce point demeurer dans son Cœur ?

Et ce Cœur, où le trouver sur la terre, sinon au Très Saint Sacrement, dans la poitrine sacrée de Jésus où il bat sans cesse d’amour pour nous ? Comme ce serait mal comprendre la dévotion au Sacré-Cœur que de la faire consister spécialement dans le culte rendu à une statue ou à une image, et d’oublier que le seul endroit où ce Cœur adorable est réellement présent et actuellement vivant, c’est dans l’Eucharistie ! Avouons pourtant que la chose n’est pas rare.

Hélas ! cette anomalie dans la piété des fidèles, n’est-elle pas déplorable ? Evitons l’aveuglement de ces chrétiens qui vont, dans une église, prier longuement devant une statue du Sacré-Cœur et pensent à peine à aller saluer Jésus au Tabernacle, où les appelle l’amour de son Cœur.

1 Jean, xv, 9.

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