CHAPITRE DEUXIEME Deuxième Pratique
Fait<e Pointé cfe pensées, <Je sentiments, (faction et 4e m atfee Jésos-Euehaiâstie
g|£fi^|ÀiS Madeleine 11e se tenait pas seulement iiyyi aux pieds de Jésus. Avec quelle avidité ne recueillait-elle pas ses paroles ; et ensuite, avec quelle attention, quel recueillement ne se remémorait-elle pas ses actions et ses discours !
De même que la Vierge Marie, la douce Mère de Jésus, « elle conservait dans son cœur1» tout ce qui concernait son divin Maître, elle le méditait dans le silence de l’amour.
Si nous avons déjà pris, grâce aux premiers exercices de la Vie Eucharistique, l’habitude d’aller chercher la lumière auprès de Jésus-Hostie, combien ne le ferons-nous pas plus fidèlement
1 Luc, h, 19.
lorsque nous aurons fixé notre demeure à ses pieds et dans son Cœur !
Comme l’Evangile nous deviendra de plus en plus cher et précieux ! Comme le souvenir des actions de notre bien -aimé Sauveur fera le charme ne nos méditations ! Comme nous aimerons à y songer près de Lui, à nous en entretenir avec Lui î
Comme chacune de ses paroles aura du prix à nos yeux ! Nous en ferons la nourriture constante de notre âme. En toutes circonstances elles seront la règle de notre conduite et de nos jugements.
Nous les lirons, comme en un livre ouvert, dans le Cœur de Jésus. Nous ne pourrons passer un seul jour sans Lui demander de nous en faire Lui-même comprendre le sens et la valeur.
Oh ! comme alors ces leçons du divin Maître deviendront chères à notre cœur ! Comme près de Lui nous apprendrons à aimer ces vertus de charité, de douceur, d’humilité, d’obéissance, de mortification qu’il nous a enseignées !
Comme nous comprendrons mieux le renoncement aux vanités de la terre, l’amour de la pauvreté, l’amour de la sainte volonté de Dieu, l’amour de nos frères, qu’il nous a prêchés !
Lorsque, prêtant l’oreille, nous L’entendrons
nous redire du fond de son Tabernacle : «Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur1... Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mais la volonté de mon Père céleste2... Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir3... Aimez-vous comme je vous ai aimés4...»; comme ces douces vertus, qui furent ses vertus de prédilection, nous deviendront chères !
A l’exemple des saints, nous sentirons grandir en nous l’amour de ce qu’a aimé Jésus : le dénuement, la pauvreté, l’humiliation, le mépris, la souffrance, l’immolation.
Et, comme l’union des cœurs se manifeste par l’harmonie des vues, des sentiments, des désirs et des volontés, notre union avec Jésus deviendra par là plus parfaite ; entre Lui et nous l’intimité sera d’autant plus grande que nous semblerons ne plus faire qu’un avec Lui, n’ayant en tout qu’un même esprit, un même cœur, une même volonté.
Cette seconde pratique sera un couronnement précieux de la première, et rendra notre demeure en Jésus-Eucharistie vraiment glorieuse pour Lui et sanctifiante pour nous.
1 Matthieu, xi, 29. — 2 Jean, vi, 38. — 3 Marc, x, 45. — 4 Jean, xv, 12.