CHAPITRE TROISIÈME Troisième Pratique
jBLppPofoiîctit* et icoitet* la tfie cje silefiee, cje prière, ct’acjoimtioîi et ctHminolatiou (Je Jésas-EaehaMstie
NFIN, Madeleine, aux pieds de Jésus, Le contemplait, et son âme, passant en quelque sorte avec son regard dans celle du Sauveur, s’identifiait avec Lui de plus en plus.
A l’exemple de Madeleine, fixant notre regard sur Jésus-Eucharistie, nous nous appliquerons à Le contempler attentivement, avec cette intelligence perspicace que donne l’amour.
Les divines leçons que Jésus nous donne dans l’Eucharistie
Que de leçons dans la blancheur immaculée de cette douce Hostie...
Dans ce silence..., quels que soient du reste l’indifférence, les insultes, les mépris dont Jésus est l’objet de la part de tant d’ingrats qui L’oublient et L’outragent..., et même souvent hélas ! de la part de ceux qui prétendent L’aimer.
Dans ce support miséricordieux de tous ceux qui L’approchent..., qui Le touchent...,' quelqu’indignes qu’ils en puissent être.
Dans la petitesse, la faiblesse, l’infirmité apparente de l’Hostie.
Dans ce sacrifice perpétuel que Jésus y fait de sa gloire et des égards extérieurs dûs à sa Divinité.
Dans le dénuement et la pauvreté de ses tabernacles de la campagne ou des pays de mission.
Dans la solitude de ses Temples et l’isolement où II se trouve en tant de lieux.
Et en même temps, que de paix... que de calme... que de joie autour de ce Tabernacle, vers lequel sans cesse s’abaissent les regards de Dieu, et qui contient les délices des Anges et des Saints.
Que de prières, d’adorations, d’anéantissements, de merveilles ineffables, en un mot, dans ce Cœur qui y bat... dans cette âme qui y vit... Cœur et âme de l’Homme-Dieu... Temple auguste de la Très Sainte Trinité.
Contemplons et admirons le modèle qui nous est donné en Jésus au Très Saint Sacrement : « Regardez et faites suivant le modèle qui vous est montré 1 ». dit la Sainte Ecriture.
Comment imiter Jésus dans son état de Victime
Regardez cette Hostie, où. sous une apparence de mort, demeure l’Agneau toujours vivant et toujours immolé !
En l’Eucharistie Jésus est toujours Hostie... toujours Victime... toujours offert à la gloire de son Père... toujours immolé pour le salut des hommes.
Victime à l'autel ! Victime au Tabernacle ! Quelle vie plus sacrifiée que la sienne!... En apparence, sourd, muet, insensible... ; et livré, à
cause même de son état sacramentel, à toutes les
indignités.
Vie cependant infiniment féconde en louanges, en réparations ; car c’est de ce Cœur qui bat au
1 Exode, xxv, 40.
Tabernacle que sortent toutes les grâces qui se répandent sur la terre, et que monte incessamment vers le trône de l’adorable Trinité le seul hommage digne de sa grandeur infinie.
Comment, en contemplant notre Bien-Aimé livré ainsi pour notre amour, pourrions-nous ne pas sentir le besoin de faire pour Lui ce qu’il fait pour nous ?
Appliquons-nous donc, à tout moment, à immoler notre amour-propre et à faire mourir notre nature, par amour pour Jésus.
A devenir, à notre tour, sourds, muets, insensibles à tout ce qui n’est pas Jésus.
A nous taire comme II se tait... : ne parlant plus du prochain qu’à Lui seul, pour Le supplier de se faire connaître à tous, Lui, l’unique trésor du ciel et de la terre... ; ne parlant plus de nousmêmes qu’à Lui seul, pour reconnaître devant Lui notre misère et la perdre dans son Cœur.
A supporter comme II supporte... : acceptant sans murmure ni impatience les ennuis, les difficultés de la vie ; accueillant avec un sourire les importuns, les indifférents, nos ennemis euxmêmes... ; ayant soin de ne jamais blesser aucun de ceux que Jésus a rachetés de son Sang, quels que soient du reste leurs torts à notre égard, ou leur misère personnelle,
A ne plus nous plaindre, car II ne se plaint pas, Lui : ne trouvant point cette souffrance trop douloureuse, cette privation trop dure, cet isolément trop pénible, cette humiliation trop grande, cette épreuve trop cruelle, ces piqûres d’épingles trop agaçantes ; ne nous plaignant ni du prochain, ni des évènements, ni des privations, ni des contrariétés ; alors que Lui, Jésus, le Dieu de l’éternité, ne se plaint ni de notre ingratitude et de notre insouciance, ni du peu d’égard et d’honneur, d’attention et de soin dont on entoure sa très sainte Humanité présente en l’Eucharistie.
Les joies incomparables dont Jésus-Eucharistie est pour nous la source
Et Jésus, qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, nous faisant de plus en plus sentir ce qu’il est pour nous au Tabernacle, nous nous écrierons avec le Psalmiste : « Que mon partage est doux... et combien le calice dont je m’enivre .est délicieux... 1 »
1 P&. xxn, 5.
Contemplant sous les voiles du Sacrement Celui dont la vue réjouit les anges du ciel ; jouissant chaque jour plus intimement et plus parfaitement, par l’amour, de Celui qui fait la félicité des saints ; nous vivrons dans l’allégresse, à la pensée que nous possédons en l’Hostie, à la table sainte, à l’autel, au tabernacle, l’Agneau qui vit dans les siècles des siècles et, en Lui, Dieu le Père et le Saint-Esprit ! Nous sentirons alors croître en nous le désir de ne faire qu’un avec Lui, nous aspirerons à L’aimer toujours davantage et nous ne goûterons plus d’autre bonheur que celui de vivre dans sa pensée et dans son amour.