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mieux caractérisés ; le nombre des assises peut augmenter, et dans certains cas il existe jusqu’à 6 assises palissadiques. Les faisceaux libéro-ligneux sont beaucoup plus développés ; les vaisseaux ligneux, un peu plus nombreux (6 à 7 au lieu de 4 à 5), sont séparés par des cellules de parenchyme, alors qu'ils sont étroitement accolés dans les sépales sains; c’est surtout le conjonctif qui prend un grand développement; à la partie inférieure et supérieure des faisceaux il forme une plage de collenchyme; enfin au niveau des nervures les deux épidermes sont constitués par des cellules beaucoup plus grandes, dont les parois sont considérablement épaissies. Ces différents caractères acquis sous l’action du Puceron, à part la formation de collenchyme dans les nervures, sont sensiblement ceux de la feuille saine. Cette dernière ne contient pas de cellules spéciales; les sépales sains en présentent une au niveau de chaque nervure et uneentre deux nervures voisines; les sépales modifiés peuvent avoir à ce point de vue, suivantle degré de leur transformalion, les caraclères des sépales sains ou des feuilles.
2. Corolle (PI. XI, fig. 7). — Il se produit une augmentation dans le nombre des assises du limbe pétalaire (8 au lieu de 5), dont l'épaisseur double; les épidermes cessent d’être papilleux, le parenchyme qui est lacuneux dans toutes ses parlies acquiert de la chlorophylle (p. c4.); les nervures s'accentuent, le nombre des vaisseaux ligneux augmente et nous retrouvons les deux plages de collenchyme {c) que nous venons de voir se développant dans les sépales; la plage correspondant à la face inférieure peut rejoindre l’épiderme correspondant ; les cellules épidermiques prennent les mêmes caractères que dans les sépales au niveau des nervures.
Dans leur virescence, les pétales n'acquièrent pas, comme les sépales, les caractères de la feuille; je n’y ai jamais observé de tissu palissadique ; nous rencontrons un exemple de deux organes dont les caractères extérieurs deviennent tout à fait semblables, mais qui restent nettement différents par leur constitution anatomique ; une même action trans-
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CÉCIDIES FLORALES. 139
forme plus facilement en feuille un sépale qu’un pétale; cela peut tenir à ce que le sépale étant extérieur subit plus jeune l’action du parasite, mais surtout à ce que le sépale offre une conslilution anatomique moins éloignée que celle du pélale de la constitulion de la feuille.
3. Étamines. — Rarement les étamines restent normales, avec anthères bien constituées. Le plus souvent les grains de pollen n’atleignent pas leur complet développement et on retrouve ici tous les états d’atrophie des sacs polliniques que nous avons eu l’occasion de signaler plusieurs fois; l’assise mécanique ne se développe pas du tout ou quelquefois seulement par régions irrégulièrement disposées. Le connectif acquiert de la chlorophylle ainsi que le filet, dont le faisceau devient plus gros et plus riche en vaisseaux ligneux. Quelques élamines ont un ou deux de leurs sacs polliniques externes prolongés par une lame foliacée dont le parenchyme a partout la même constitution.
Ces transformations de l’étamine nous sont déjà familières et ne font que confirmer la généralité de ce mode d’atrophie des organes mâles. Il n’en est pas de même des phénomènes présentés par certaines autres élamines;,ces dernières sont arrêlées très jeunes dans leur développement et à l’intérieur de leurs sacs polliniques, on ne trouvesouventmême plus trace des cellules mères. La paroi de ces sacs polliniques peut, elle aussi, au moins en partie, subir une dessiccation, par suite de la mort de ses cellules; il en est de même du tissu qui sépare les deux sacs polliniques; enfin l’atrophie des cellules peut se propager au connectif, et on-voit certaines bandes formées de tissu mort reliant les sacs polliniques au faisceau libéro-ligneux et pouvant entourer ce dernier; c’est le commencement d’une dessiccation de l’anthère, que nous avons constaté se produire complètement dans l'attaque du Papaver Rhæas par le Peronospora arborescens. Mais alors que dans ce cas l’étamine ne réagissait nullement, il se produit ici un tissu de cicatrisation (PI. XI, fig. 5, 6, p.s.) par ladivision répétée des cellules bordant la région atteinte, di-
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vision s’effectuant par des cloisons parallèles au contour de cette région ; on peut observer un tel cloisonnement jusque dans la paroi externe des sacs polliniques.
4. Pistil. — Les feuilles carpellaires qui sont devenues indépendantes el virescentes offrent, comme les sépales attaqués, une constitution très analogue à celle de Ia feuille : leur parenchyme est nettement divisé en une zone palissadique (3 assises) el une zone lacuneuse. Les nervures principales acquièrent les mêmes caractères que celles des sépales (épidermes à parois épaisses, collenchyme dans les faisceaux). Lorsque les feuilles carpellaires restent en partie soudées, chaque bord placentaire se prolonge à l’intérieur en une petile lame foliacée munie de faisceaux libéro-ligneux et venant s’accoler contre la partie externe du carpelle ; les deux carpelles sont unis par une bande parenchymateuse issue de la face libérienne de chaque carpelle au niveau des grosses nervures qui, par leur réunion, forment la nervure placentaire de l’ovaire normal; de cette disposition il semble résulter que les carpelles ne sont pas accolés immédiatement par leurs bords, mais par une région située à quelque distance de ces bords, le tissu qui se trouve en dedans de celte. région constituant Le placenta.
En résumé, les modifications introduites par l’Aphis Sp,. dans l'appareil floral du Sinapis arvensis, sont :
EL Changements dans la morphologie extérieure :
1° Virescence de tous les organes (l'élamine seule présente de rares cas de phyllodie partielle) ;
2° Allongement de l'axe floral au-dessous et au-dessus des. carpelles.