‹ Présentées à la Faculté des Sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur ès sciences naturellesChapitre 19 sur 42 · RUN · texte numérisé non relu

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délimitation entre les cylindres centraux et le parenchyme cortical devient aussi très nette dans les pélales, pour la raison que nous avons donnée plus haut; elle est impossible pour les pétales sains, où les cellules du conjonctif sont absolument semblables à celles du parenchyme cortical. Les vaisseaux du bois sont également plus nombreux, mais leur nombre n’augmente jamais autant que pour les sépales.

Ces modifications des pétales se produisent alors même que la fleur ne contient pas de larves à son intérieur ; nous avons donc un exemple d’organe modifié à distance par le parasile ; l’action de ce dernier s'exerce dans toute la fleur dont le pédoncule est au contact de la larve.

Les élamines sont peu modifiées ; le plus souvent le connectif est simplement épaissi; les sacs polliniques sont normaux, les grains de pollen offrant leur constitution normale et l’assise mécanique existant avec ses caractères ordinaires.

Les carpelles ne sont pas transformés, leurs ovules sont bien développés ; ces fleurs hypertrophiées n’en sont pas moins stériles, puisqu'elles ne s’épanouissent pas.

En résumé, sous l’action du Diplosis ruderalis, les fleurs du Sisymbrium officinale présentent les principales modifications suivantes :

1° Hypertrophie de tous les tissus, mais surtout du parenchyme;

2 La chlorophylle des sépales, ou celle qui apparait dans les pétales attaqués, es{ en petits grains, faiblement colorés ;

3° La stérilité des fleurs est due à ce qu'elles ne s’épanouissent pas.

Sisymbrium Irio L.

Attaqué par le Diplosis ruderalis Kieffer.

Cette même larve a été signalée aussi sur le Sisymbrium Sophia L., et je l'ai trouvée vivant dans les inflorescences de nombreux pieds de S$. Jrio L. Elle peut s'y développer

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dans l'intérieur des fleurs ou entre les pédoncules floraux ; les modifications. qu’elle détermine dans ces deux cas, amènent des changements de forme très différents.

[. Les larves vivent à l’intérieur des fleurs. — Les fleurs qui abritent des larves se renflent beaucoup et leur aspect rappelle tout à fait celui que prennent les boutons du Laphanus Raphanistrum, sous l'influence du Cecidomyia Haphanistri; le pédoncule ne s’épaississant pas sensiblement, et l’hypertrophie du bouton étant surtout considérable à la base, celui-ci prend un aspect conique.

L'épaisseur des sépales augmente beaucoup; le nombre des assises n'est pas modifié; la disposition des différents lissus reste la même; mais chacune des cellules du parenchyme change beaucoup d'aspect ; alors qu'à l’état normal elles contiennent un noyau très dense et de gros grains de chlorophylle, le noyau en s’hypertrophiant a sa chromatine plus diffuse, répartie à la périphérie, et le nucléole devient très grand ; le protoplasma est très granuleux et la chlorophylle s’y trouve à l’état de grains beaucoup plus petits et moins fortement colorés. Les cellules spéciales, quand elles subsistent, se trouvent occuper la même position que dans les sépales sains; elles disparaissent dans les sépales les plus forlement hypertrophiés.

Les pétales offrent un épaississement beaucoup plus considérable, qui provient ici de deux causes, l’hypertrophie des différentes cellules et l'augmentation du nombre des assises ; les pélales, possédant à l’état sain quatre assises dans leur limbe, en présentent jusqu’à douze dans une région attaquée correspondante ; on observe d’ailleurs la division des cellules du parenchyme, qui se continue assez tard sous l'action des larves. Les épidermes ne deviennent pas papilleux et leurs cellules prennent les mêmes caractères internes que celles des sépales ; il en est de même pour celles des élamines. On peut rencontrer, comme dans les pétales sains. quelques rares cellules spéciales ; dans ce cas, elles subissent la même hypertrophie que les autres cellules.

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CÉCIDIES FLORALES. 169

Les étamines, dont le filet et le connectif sont épaissis, présentent des grains de pollen qui acquièrent une constitution morphologique à peu près normale ; l’assise mécanique se différencie ou non; souvent elle est réprésentée par des cellules fibreuses qui apparaissent çà et là, surtout en dedans des sacs polliniques ; certaines présentent les phénomènes que nous avons observés pour le Æaphanus Raphanistrum ; les épaississements ligneux se compliquent, les cellules acquièrent un véritable réseau, semblable à celui qui existe dans la paroi des cellules sus-endodermiques de la racine de plusieurs Crucifères.

Les carpelles subissent une hypertrophie beaucoup moins considérable, et, le plus généralement, les cellules gardent leur aspect ordinaire ; leur noyau reste petit et le protoplasma ne devient pas granuleux.

IT. Les larves vivent entre les pédoncules floraux. — Dans ce cas, les pédoncules floraux s’épaississent beaucoup, au point de se rejoindre les uns les autres et de former ainsi une masse globuleuse, d’où émergent les fleurs; on observe ainsi une galle dite « en ananas », tout à fait analogue à celle qui est décrite par Frank {1) et produite sur différents Nasturtium, le Barbarea vulgaris et le Sisymbrium Sophia par le Cecidomyia Sisymbrü Schrk.; c'est aussi à ce groupe morphologique de galles qu'appartiennent celles qui sont déterminées sur les pousses de Sapin par le Chermes A lietis L. La base du pétiole des feuilles supérieures peut aussi présenter les mêmes renflements. Ceux-ci sont surtout accentués du côté opposé à celui où se tient la larve; ils sont constitués par des cellules corticales hypertrophiées, dans lesquelles le protoplasma pariétal reste clair et le noyau petit; la région interne, qui est en contact avec la larve, est à peine épaissie, ses cellules acquièrent un protoplasma granuleux et un gros noyau ; elles se comportent comme celles des organes floraux attaqués; sur le pourtour

(1) Frank, Die Krankheiten der Pflanzen, p. 745.

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de cette dernière région, l'écorce s’épaissit comme vers l'extérieur ; il en résulte la formation d’une sorte de cavité, dans laquelle se tient la larve.

Les fleurs qui terminent les pédoncules ainsi attaqués sont parfaitement normales et s’épanouissent lorsque les pédoncules ne sont pas hypertrophiés jusqu’en haut; dans le cas contraire les boutons ne s'ouvrent pas et les organes floraux sont eux-mêmes légèrement épaissis. Les étamines se développent moins que dans les fleurs qui abritent des larves ; les cellules mâles sont arrêtées dans leur évolution, sans que le filet et le connectif subissent d’hypertrophie, à l'état de cellules mères, de tétrades ou de grains de pollen à peine différenciés. Cet arrêt de développement est évidemment dû à l'insuffisance de matériaux nutritifs arrivant à la fleur.

Lotus corniculatus L.; Medicago sativa L.; et Onobrychis sativa Lam.

Attaqués par le Diplosis Loti D.C.

{Planche VIII, fig. 1 à 8).

Plusieurs Légumineuses hébergent dans leurs fleurs ce Diplosis qui y détermine des modifications morphologiques et anatomiques très comparables. Les fleurs ne s’épanouissent pas, les pétales s’épaississent beaucoup, se renflent extérieurement et le bouton acquiert une forme ovoïde (PI. VI, fig. 1 à 3); le calice n’augmente pas en épaisseur, mais se trouve entraîné par la croissance des pétales et s’élargit beaucoup ; ses dents deviennent moins aiguës, étant plus larges à la base. L’étendard recouvre presque toute la carène el les ailes ne sont pas visibles. Les pétales peuvent changer de coloration ; ils sont d’un vert pâle chez le Sainfoin et la Luzerne, et, au lieu de rester jaunes dans le Lotus corniculatus, Us acquièrent sur leurs bords une teinte verte et la partie supérieure de l’étendard devient d’un beau rouge. Les élamines épaississent en général leur filet, qui reste court, les anthères sont présentes sans grand changement

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