‹ Présentées à la Faculté des Sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur ès sciences naturellesChapitre 25 sur 42 · L. — Modifications subies par les organes végétatifs · texte numérisé non relu

L. — Modifications subies par les organes végétatifs

Nous avons en vue les enveloppes florales et aussi le filet et le connectif des étamines, les carpelles, le funicule des ovules. |

Les cécidies florales, considérées dans leur ensemble, peuvent se rapporter à trois groupes assez nets, d’après la manière dont se comportent les organes végétalifs atteints.

1° Cécidies florales, dans lesquelles les organes végétatifs ne réagissent pas et se dessèchent simplement.

Les cécidies florales de différentes espèces de Papaver el du Ranunculus bulbosus attaqués par des Peronospora, celles du Cerastium vulgatum attaqué par un A phis, appartiennent à ce groupe.

2° Cécidies florales dans lesquelles les organes végétatifs réagissent sans subir d'hypertrophe.

On en distingue deux sortes :

a) Les unes ne présentent pas de »#y/lodie (transformation des organes en feuilles).

Ex. : Le Dipsacus pilosus, le Knautia arvensis, attaqués par le Peronospora violacea, le Matricaria inodora attaqué par le Peronospora Radi, chez lesquels on observe des phénomènes de duplicature.

b) Les autres présentent le phénomène de phyllodie.

Ex. : Plusieurs cécidies produites par des Pucerons.

3° Cécidies florales dans lesquelles les organes réagissent en s’hypertrophiant totalement ou partiellement, et présentant ou non le phénomène de phyllodie.

Cette hypertrophie provient de l’hypertrophie de chacune des cellules, à laquelle peut s'ajouter une augmentalion dans le nombre des assises.

Ex. : De nombreuses cécidies produites par le Cystopus

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candidus, des Urédinées, des Cécidomyes, des Phytoptides.

Tous les organes végétatifs sont modifiés d’une façon analogue dans une cécidie donnée; ils perdent leurs différenciations normales particulières et en acquièrent une autre, la même pour tous.

Les différents tissus qui les constituent sont susceplibles d'être modifiés. Résumons les changements qu'ils peuvent subir.

1° Les tissus peuvent être modifiés en eux-mêmes.

C'est ainsi que la cutine des cellules épidermiques devient plus mince, que les tissus de soutien, collenchyme etsclérenchyme, sont formés de cellules à parois moins épaisses.

Les cellules du parenchyme, dans les cas d’hypertrophie, présentent peu de méats ou de lacunes; elles forment un tissu plus compact; leur protoplasma devient granuleux, le noyau plus gros et son nucléole très apparent ; la chlorophylle s’y présente en grains plus petits et plus rares, toutes ces modifications correspondant à un changement de fonctions évident.

Le tissu sécréteur peut être modifié, la forme des canaux sécréteurs, par exemple, peut varier.

Le tissu conducteur, liber et bois, acquiert dans les organes hypertrophiés, un parenchyme plus développé, à cellules plus grandes ; les vaisseaux du bois peuvent être complètement isolés les uns des autres par ce parenchyme.

Ces différents tissus sont plus ou moins facilement modifiés par l’action parasitaire et nous venons de les nommer dans l’ordre de résistance croissante à cette action.

2° Les tissus peuvent être modifiés dans leur répartition, chez un organe donné.

C’est ainsi qu’il apparaît des faisceaux libéro-ligneux accessoires, en particulier dans les étamines, des canaux sécréteurs accessoires (carpelles de Carotte attaqués par l’Asphondylia Umbellatarum).

3° Certains Ussus disparaissent complètement d'un organe.

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Tels sont la cutine, le collenchyme et le sclérenchyme, le tissu palissadique, le tissu stomalique ({Bromus attaqués par des Phytoptides).

4° Par contre de nouveaux tissus peuvent apparaître dans un organe.

Des élamines du Sinapis arvensis attaqué par un Puceron nous ont montré la, formation d’un tissu de cicatrisation autour des sacs polliniques atrophiés ; c’est le seul cas analogue que nous ayons observé, les organes floraux se défendant en somme très peu contre les actions parasilaires.

Les faisceaux libéro-ligneux des organes attaqués présentent quelquefois du parenchyme secondaire, alors qu'il ne s’en forme pas dans les organes sains correspondants.

Les parasites amènent la formation de poils. Ceux-ci sont rares, uniCellulaires et cutinisés dans les cécidies produites par des Pucerons; ils sont comparables dans ce cas aux poils normaux que présentent la tige et les feuilles de la plante saine; les Diptères gallicoles amènent souvent la production de poils nouveaux pour la plante; ils sont allongés, ordinairement pluricellulaires, mais non ramifiés; on observe dans beaucoup de Phytoptocécidies des poils pluricellulaires, ramifiés. Rappelons ici le fait intéressant qui consiste dans la formation de poils dans le sac embryonnaire du Stachys Betonica, aux dépens des cellules nucellaires de bordure, par l'action d’un PAytoptus.

Les anthères du Raphanus Raphanistrum el du Sisymbrium lIrio nous ont montré la formation, autour des sacs polliniques, de cellules à réseau fibreux, analogues aux cellules sus-endodermiques de la racine des Crucifères; elles apparaissent comme des cellules du tissu mécanique qui ont compliqué leurs épaississements.

Le tissu palissadique apparaît dans les organes qui prennent la structure de feuilles ordinaires.

Du collenchyme peut se développer également dans ces cas de phyllodie. .

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Du sclérenchyme apparaît assez rarement (fleurs de Tunucetum attaquées par un Hormomyia).

5° On observe de nombreux changements de locahsahon pour les différentes substances contenues dans les cellules.

La chlorophylle peut apparaître dans les étamines et jusque dans le funicule de l’ovule, alors même que l'ovaire reste fermé ; elle tend à disparaître au contraire des organes hypertrophiés qui ne subissent pas de phyllodie.

Des pigments apparaissent dans les cellules épidermiques sous l’action du Cystopus, d’Aphis, de Cécidomyes.

L'oxalate de chaux disparaît, en général, des organes hypertrophiés et apparaît souvent dans le connectif d’étamines atrophiées.

Sous l’action du Cystopus candidus, le Sinapis arvensis acquiert de nombreuses cellules à myrosine jusque dans ses étamines, qui n’en contiennent pas trace à l’état sain; il en est de même pour le Raphanus Raphanistrum attaqué par une Cécidomyie.

Les organes floraux hypertrophiés ont une vie beaucoup plus longue qu’à l’état normal.

Ils présentent, tant au point de vue histologique qu'au point de vue de la morphologie externe, des caractères plus jeunes. C’est ainsi que des anthères qui arrivent normaiement à êlre dorsifixes, restent souvent basifixes, que les ovules de l’Arabis sagittata attaqué par un Aphis peuvent rester orthotropes, alors qu'ils deviennent campylotropes dans les ovaires sains. Les cloisons qui apparaissent secondairement dans les ovaires de Crucifères ou de Labiées peuvent ne pas se former.

IT. — Modifications subies par les organes sexuels.

Ce n’est que très rarement (Sherardia arvensis attaqué par le Peronospora calotheca) que les organes sexuels se développent normalement et que les phénomènes de reproduction peuvent s’opérer dans les fleurs parasitées. Le plus

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