‹ Présentées à la Faculté des Sciences de Paris pour obtenir le grade de docteur ès sciences naturellesChapitre 26 sur 42 · CRU · texte numérisé non relu

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souvent celles-ci sont infertiles, et cela de trois manières possibles :

1° Le parasite empêche toute apparition des fleurs; c’est le cas normal pour les pieds de l’Anemone nemorosa attaqués par le Puccinia fusca, pour ceux de l'Euphorbia Cyparissias envahis par des Uromyces, pour de nombreuses plantes dont le bourgeon terminal est envahi, avant la formation de boutons de fleurs, par des Cécidomyies, des Pucerons, des Phytoptides.

2° Les fleurs se développent, les cellules sexuelles semblent normalement constituées, mais la fleur ne s’ouvrant pas la fécondation est impossible ; c’est le cas du Lotus corniculatus attaqué par le Cecidomyia Loti.

3° Enfin les fleurs se développent, mais leurs organes sexuels sont altérés ; ils nous offrent des phénomènes que M. Giard a désignés sous le nom de castration parasitaire.

Notons d’abord un fait intéressant que m'ont présenté les fleurs inférieures mâles de l’£uphorbia Cyparissias attaquées par l'Uromyces scutellatus, et dans lesquelles apparaît régulièrement un pistil; c’est un fait du même ordre que M. Roze a constaté dans l'attaque de l’épi mâle du Carex præcox par l'Ustilago Caricis provoquant le développement des ovaires. Ces phénomènes sont aussi à rapprocher de celui qui a été signalé par MM. Giard et Magnin dans les fleurs femelles du Lychnis dioica où l'Ustilago Antherarum détermine l'apparition des étamines.

Rappelons les phénomènes que nous ont présentés les sacs polliniques et les ovules des fleurs appartenant à cette troisième catégorie.

A. Sacs polliniques. — La castration parasitaire des étamines est directe ou indirecte, au sens que M. Giard a donné à ces deux mots, suivant que le parasite remplace ou non les cellules sexuelles.

a) Castration parasitaire dir ecte. — Elle s’observe pour les Ustilaginées; nous avons cherché à préciser la manière dont s’effectuait le remplacement des cellules sexuelles par les

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spores du parasile; nous avons vu qu'il y avait une véritable digestion des cellules mères et des cellules nourricières par le mycélium.

b) Castration parasitaire indirecte. — C'est le cas le plus général; les phénomènes qui se passent dans les sacs polliniques sont très constants, quels que soient les parasites; ils sont de deux sortes, suivant qu'il y a simple atrophie ou transformation des cellules sexuelles.

1° Les cellules sexuelles sont atrophiées. — L’atrophie a lieu à un stade quelconque du développement des sacs polliniques ; de sorte qu’on peut avoir, pour ces sacs polliniques, les différents aspects suivanis :

«. Les cellules mères, les cellules de l’assise nourricière et de l’assise mécanique sont atrophiées et forment une masse protoplasmique plus ou moins desséchée où on peut encore reconnaître les différents noyaux; l’épiderme seul la sépare de l’extérieur.

8. L'épiderme et l’assise sous-épidermique (qui reste parenchymateuse ou se différencie en assise mécanique) délimite une masse atrophiée représentant les cellules nourricières et les cellules mères.

y. La paroi est formée par l’épiderme, deux ou trois assises représentant l’assise mécanique qui différencie ou non ses épaississements ligneux, et une ou deux assises nourricières ; au centre se trouvent les cellules mères atrophiées.

à. Les cellules sexuelles peuvent être arrêtées dans leur développement à l’état de tétrades, de grains de pollen à à un noyau ou à deux noyaux, avec PRTUTR plus ou moins bien différenciée.

e. Enfin les cellules de la paroi not proliférer, on peut en compter cinq ou six assises.

Tous ces phénomènes sont les mêmes qui s'observent dans les anthères qui s’atrophient par manque de nourriture.

2° Les cellules sexuelles sont transformées. — Les cellules mères, au lieu de s’atrophier, peuvent se transformer, dans les étamines hypertrophiées, en cellules parenchymateuses qui

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offrent lous les caractères des cellules du connectif, ou même en tissu conducteur, en un faisceau libéro-ligneux (par exemple dans le Lychnis dioica attaqué par le Diplosis Steini, dans le Bromus secalinus altaqué par le PAytoptus tenuis). Cette dernière transformation est particulièrement remarquable et montre à quel point les conditions extérieures peuvent influer sur la différenciation des tissus; car l’ensemble des actions provenant d’un parasite externe détermine, en définitive, un milieu particulier pour les organes qui s’y trouvent soumis.

Dans d’autres cas, ce sont les grains de pollen eux-mêmes qui se transforment en cellules de parenchyme ; lorsqu'ils ne contiennent qu'un noyau celui-ci prend les caractères des noyaux des cellules hypertrophiées ; s’ils contiennent deux noyaux, l’un peut s’hypertrophier comme dans le cas précédent, l’autre subissant une atrophie ; nous avons été amenés à penser, en raison même du sort qui leur est réservé, que le premier est le noyau végétalif, qui réagit plus facilement que l’autre, le noyau mâle. Ces derniers grains de pollen nous offrent donc à la fois l’atrophie de leur partie sexuelle et la transformation de leur partie végétalive.

B. Ovules. — Les ovules nous offrent de même les deux catégories de castration parasitaire.

a) Castration parasitaire directe. — Elle s’observe dans les

fleurs d’A vena atlaquées par l’Ustilago Carbo, dans celles de différentes Graminées attaquées par des Clanceps.

b) Castration parasitaire indirecte. — Elle à lieu de deux manières :

1° Le sac embryonnaire ne se différencie pas.

2° Les noyaux du sac embryonnaire s’atrophient.

Je n’ai jamais observé de cas de transformation des cellules sexuelles femelles en cellules parenchymateuses.

Dans une même cécidie les cellules sexuelles femelles résistent en général plus facilement que les cellules sexuelles mâles.

Nous avons observé, chemin faisant, que la digestion du

232 . M. MOLLIARD. | nucelle par les cellules de ce tissu bordant le sac : embryonnaire (Knautia arvensis) et que la formation de l'albumen me peuvent se produire indépendamment de la formation de = l'embryon.

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