‹ Présidence de l'Assemblée législative dans les séances où l'action modératrice ou disciplinaire du Président a dû intervenir, analyse de ces séances ... petites annales contenant la date et l'indication sommaire des faits contemporains intéressant le régime constitutionnel de 1824 à 1853Chapitre 14 sur 120 · TU · texte numérisé non relu

TU

fl) Béuniim préparatoire des électeurs du 2^ arrondissement de P 1

Paris:, du 24 février*

A SES ÉLECTEURS

, c peu dans les abstractions, je ne me laisse point enlacer par nt des formules : c'est dans l'usage et dans la pratique que je place le jeu de tous les pouvoirs et que je juge la vérité de T nos institutions. Aussi je n’ai jamais allégué ou invoqué n. comme théorie ni l’une ni F autre des prétendues maximes er qui partagent en ce moment les dialecticiens politiques.

'j e Selon moi, il importe au pays que nous ayons une royauté et forte, des Chambres fidèles, non moins jalouses de leurs ]j prérogatives que respectueuses pour les droits de la coula ronne ; des ministres enfin qui, en faisant valoir la prérogative royale dans toute son étendue, agissent sous leur responsabilité propre, et, par conséquent, avec une indé» pendance de conseil et une latitude d'action sans lesquelles T cette responsabilité ne serait plus qu’un péril sans gloire, ■r C et le ministère un poste sans influence et sans dignité*

, ur Pour cela, sans doute, il faut y songer mûrement au el moment même où se forment les cabinets ; car c'est avant

r es île sc mettre à l’œuvre qu’il importe de se demander ; Avec j ra qui? — Pourquoi ? — Comment? Là, toutes les stipulations sont permises; et, en effet, ce n’est pas seulement quand ire on quitte le pouvoir, ou quand il vous a quitté, qu'il faut

j 5L * sg montrer résolu ; mais c’est surtout quand il s’agit d'y

tes entrer et pendant qu'on y est,

Fai le premier professé ces principes à une époque où ils il u semblaient à peine compris, et où je ne fus pas soutenu par

| es ceux qui depuis s’en sont emparés! (Relisez mon discours

, r . du ri décembre 185fc). Mais, tout en les pratiquant, je n’ai

je pas prétendu les outrer, ni en tirer des conséquences qui

■oj) pussent excéder la personne même des ministres et réagir

■m contre la royauté.

> re En effet, messieurs, n’oublions pas que la royauté est ,p. au-dessus de nos discussions. Dans l’inviolabilité du roi se

a trouve le premier principe d'ordre et de durée i c’est là

jiii notre véritable ancre de salut. Ne perdons pas de vue que

1rs cette couronne, dont Y origine fut si populaire, date à peine

ne de neuf années! qu’elle fut élevée sur le pavois national

n- malgré les partisans de la république et les sectateurs de la

la dynastie déchue ! que les uns et les autres n’ont point

renoncé à leurs projets#... et que tous s’accordent au ait moins en ceci, que , lions leur dédain pour la royauté de juillet , ils voudraient la rendre si faible et si chétive, qu'elle - ne pourrait: plus résister aux tentatives qui seraient faites pour l'avilir et la renverser!

C'est aux ministres, à de bons et loyaux ministres, qu'il

DISCOURS DE M, DUPIN

Mi

appartient de la défendre contre de telles agressions et de jj la couvrir énergiquement de leur responsabilité; comme j c’est aux deux Chambres, et surtout à la Chambre des Députés (puisqu'elle seule peut les accuser), qu'il appartient j de contenir les ministres dans la ligne constitutionnelle, r on de les y ramener. — Puisse nue majorité décisive, g soutenue et dirigée par une administration vigoureuse, * sortir du vote des colleges électoraux ! Vive le roi ! vive la t France ! s

Discours de M. Dupin au collège électoral de Clwnecy^ après sa . réélection ? te 40 juillet 1842*

Messieurs et chers compatriotes , grâce à vos honorables J su f Ira ges s je vie ns d T é tre élu d ép uté p o ur la d ixi ème foi s (1 ). ''

La prochaine session sera pour moi la vingtième. Nous 1 avons ainsi traversé des temps difficiles, et rencontré plu- ( sieurs fois les révolutions et les troubles sous nos pas. Dans un laps de quinze années, il a fallu tour à tour défendre ^

les droits nationaux contre les coups d'Etat , la monarchie 1

constitutionnelle contre les factions , la liberté elle-même < contre les excès qui la déshonorent et souvent la compro- t mettent. Tous ces obstacles ont été surmontés ; j’ai la coït (lance que nous ne les verrons pas renaître. (

Le besoin de stabilité est celui qui se fait le plus sentir. (

Il ne s'agit plus aujourd'hui d'acquérir, mais de conserver. <

Sans la fixité dans les institutions, dans les lois, dans les |

principes, nul ne peut être assuré de sa tranquillité persan- 1 nelle, de la conservation de sa fortune , de la réussite de , ses spéculations. Nous avons vu s’opérer assez de change- ; ments , de transformations de tonte espèce! Et, sans près- j crire à notre âge une immobilité qui n'est pas dans la na- {

turc de l'esprit humain, et moins encore dans notre {

caractère national, je crois toutefois qu’il importe de s’ar- T réter un peu sur cette pente, et de se prémunir contre cette disposition incessante à tout changer, à tout défaire, s

(l) Elu en 1&I5, ;< Cliùtëau-Chinon ; — eu juin 1827, à Maoim; — en novembre 1827 » à Mamers encore, el par les quatre HiTondissemenis de Lit Nièvre à ta fois; — eu juin 1830, par Corne et Cïamecy réittiis; — en octobre 1830, par les marnes; — le 6 juillet 1831,à Cbmccy; — cl encore k Gbtncey en juin en novembre 1837, ni mars 18139

et en juillet iSiÜ.

A SES ÉLECTEURS

I de à tout remanier, comme si toute chose devait être mieux, ome par cela seul qu’elle sera autrement î

Dé- H y a surtout deux choses fondamentales qui ne doivent ieut pas souffrir d'atteinte : la Constitution et la Dynastie, Te- :lle, noM-mms fermes à ces deux ancres de salut : que d'autres ■sve s S ’y rallient à mesure que l'envie leur en prendra, rien de use, mieux, pourvu qu’ils viennent à nous, et que l’on ne rétrowh grade point jusqu'à eux. Que chacun soit ouvertement de son opinion ; que le gouvernement aussi ait une allure ferme, une marche décidée, afin que les gens de cœur sachent nettement à quelles conditions il vous tient pour km adversaire ou pour ami.

On devrait être dégoûté partout de ces compromis scanda- , ïéwœ, de ces mises en commun des opinions les plus conlradic* df | S loim; de ces associations de mauvaise foi qui recrutent les tlupes au profit des intrigants et des ambitieux ; sociétés S ! MIS vraiment léonines dont la liquidation n ! a amené jusqu’ici Y “ que d’amères déceptions ou de tristes palinodies.

Je ne reviendrai pas, messieurs, sur les diverses questiens agitées dans le pays et devant les Chambres depuis ^ ue votre dernière réunion : vous avez suivi nos débats, j'ai eu einË soin de vous transmettre mes opinions sur toutes les ques- P ro " lions importantes, vous avez pu les juger, con ' Vous savez que si je veux la paix, ce n’est pas aux dépens

de l’honneur et des intérêts ne notre patrie, La France ne n | ir doit pas verser son or et son sang dans des guerres sans cause légitime et sans but raisonnable; mais elle doit, en 1 m toute occasion, maintenir son droit avec dignité, et le faire 301 ?' valoir avec énergie. Tels sont les sentiments qui m’ont

b üt guide dans la discussion de l'adresse de 1841 et dans la

question du droit de visite , question dans laquelle je me fém " licite d’avoir contribué à amener dans la Chambre un vote UR ' unanime, et par là même si puissant, qu’aucun ministre ne pourrait aujourd’hui ratifier ce traité sans encourir une * luise en accusation !

. re A l’intérieur, j’accorde volontiers tout ce qui est néces- 1,rCl saire au développement et à la protection des intérêts matériels (idole du jour I ) mais à la condition, cependant, que tout T esprit public, tout le smtiment national ri ira pas se ]lnu f 07î dre et s'absorber dans la pensée du gain et de l'enrichisseméflt* La religion , les lettres, les sciences et tes arts, les r; - professions libérales, toujours dignes de ce nom en pre- I gaiS sen ce de oeil es qu i s on t p u reme n t m e rca ntilc s ; V édue at i on publique, Vinstrueüon et la moralisation du peuple, les

DISCOURS DE M* DUPIN

nobles aclions, celles qui tiennent au sentiment élevé delà véritable gloire, tout cela doit garder le premier rang dans les pensées et dans les affections tVune grande nation 1

Une tendance devenue malheureuse ment trop commune* et dont il faut savoir se défendre, est l'esprit de localité poussé trop loin-11 y a des gens pour qui l'arrondissement est la patrie tout entière; ils ne voient rien au delà. A peine si l'on est de son département, on n'est que de son endroit! et, par un instinct de jalousie que la médiocrité sait Lien faire tourner à son profit, les envieux s'efforcent de présenter leurs plus proches et leurs meilleurs voisins comme des étrangers et presque comme des ennemis!

Messieurs, je ne puis partager cet égoïsme étroit* Les députés sont les représentants de la France entière ; ils doivent être, avant tout, les défenseurs des intérêts généraux du pays; et, pour mon compte, je le déclaré hautement, quelque vif que soit mon attachement pour la Nièvre, en toute question où l'intérêt public exigerait h sacrifice de quelqu'un de nos intérêts locaux, je n*hésiterais pas h préférer f intérêt général, et je connais assez votre patriotisme pour croire que vous approuveriez en cela la conduite de votre député.

Il est un dernier point sur lequel je veux m'expliquer devant vous : ce sont nos finances*

Elles ne sont pas compromises; maïs elles sont fortement engagées* On dépense trop* Certes, les revenus publics ont pris assez d'accroissement pour que les dépcnseSj accrues dans la même proportion, et surtout en y appliquant les 80 millions d'amortissement ainsi détournes tle leur destination, pussent paraître suffisantes ! Et, cependant, chaque année la dépense excède les revenus l on emprunte en pleine paix! on tire sur Sa dette flottante comme on ferait sur un débiteur, tandis que c'est un créancier) — On se fie trop, selon moi, sur ce qu'on appelle notre prospérité toujours croissante1 elle croît, en effet, el c'est une des meilleures conséquences de juillet; mais elle ne peut pas croître indéfiniment : ne peut-elle pas, d'ailleurs, éprouver des vicissitudes et des revers? — On a aussi inventé le mot séduisant de dépenses productives, qui a un sens si on l'oppose à dépenses frivoles , mais qui devient une formule trompeuse si l'on s’en sert pour fasciner les esprits et pour accréditer un système indéfini de dépenses nouvelles , toujours colorées des plus beaux prétextes, et qui, tôt ou tard, se traduiraient en une augmentation

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A SES ELECTEURS

d'impôts, déjà très-lourds à supporter!,.. Je n'adopte point ces sophismes, je ne m’abandonne point à ces illusions. Pourquoi veut on ainsi tout faire à la fois’' Certes, au point où nous sommes arrivés, je nie garderai bien d’employer le mot économies ; nous n'en sommes plus l à l mais y ai toujours désiré et j'ai plusieurs fois réclamé I’équi limie entre les recettes et les dépenses. Cet équilibre, je souhaite plus que jamais de le voir rétabli, en présence d'un déficit que je déplore et qui menace de s'accroître; car, aujourd’hui, il n’y a plus de résistance sur ce point, d'aucun côté : les oppositions mômes, naguère si parcimonieuses, poussent depuis quelque temps à la dépense au delà môme de ce que proposent les ministres ; elles semblent avoir compris que ruiner les finances est Je plus sûr moyen d'embarrasser et de compromettre un gouvernement. J’ai voulu protester devant vous contre cette tendance, que je regarde comme funeste.

Si le gouvernement lui-même apprécie sainement cette situation, s'il s'efforce d’y porter remède, s'il parvient à ramener les finances à leur état normal, je ne vois plus rien de sérieux qui puisse entraver sa marche et l'inquiéter, Il y aura bien encore des luttes de personne ; des chefs de clan soutenus par des groupes d'amis et d’aspirants;.,, chacun voulant arriver avec ses compagnons !... maïs la force des choses l'emportera sur les calculs des ambitions individuelles ; la nouvelle Chambre saura comprendre sa mission : moins tiraillée que celle qui vient de finir , plus calme dans scs deliberations, la majorité voudra s'élever au-dessus de toutes les intrigues, montrer sans équivoque la politique qu'elle entend, soutenir et faire prévaloir; l'esprit de coterie sera vaincu par la raison d’Etat, et la cause de la monarchie constitutionnelle triomphera : Vive le roi! Vive la France î

iVola, Dans ïc discours qui précède* M* Dupin avait encore renouvelé scs doléances sur l'excès des dépenses publiques ; mais, comme le Jnémc débordement continuait, et qu’il semblait, sous le ministère de 1840, constituer un sjtftème de gouvernement!^ M* thipiu, effrayé de voir les finances de ï’JEUtf précipitées sur cette pente, crUÇ devoir adresser à ses électeurs récrit dont nuus allons donner ici uô extrait.

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DISCOURS DE M* DUPIN

Hèflexions sur Vadressa de la Chambre des Députés? indiquant la situation des affaires publiques à (époque actuelle n (mars 1845). i 1

. , v , . Ne quid deirimeiPti res publics capiaL V

Chaque année le Discours de la Couronne et lMrfmse en v réponse posent devant le pays les questions qui sont vérî- h table me rit à l'ordre du jour; c'est le résumé de ce qui a im- c médiatement précédé, et le programme <le ce qui doit U suivre, —Laissant de côté les personnes, j’ai voulu ne li m’occuper que des choses; elles m'ont paru assez graves n pour mériter qu’on les examinât en elles-mêmes et pour a elles seules. — En quelle situation sont les affaires du pays? a — Quelle solution convient-il d’apporter aux quêtions qui g touchent de plus près à sa prospérité comme à sa grandeur? il Ce serait être injuste envers ta révolution de juillet que de méconnaître tontes les améliorations elFeeluées depuis 1830, Mais les avantages incontestables qu'on en a recueillis ne doivent pas rendre aveugle sur des tendances ^ qui ont aussi leurs inconvénients et leurs dangers î Ce n’est c donc point par esprit d 1 agression , c’est en véritable ami y de la révolution de juillet et de la dynastie qu'elle a placée j, sur le trône que je veux me livrer à cet examen. j<

J'ai pris pour cadre de nia discussion redresse de la p Chambre des députés. Je n’ai pas voulu livrer un sujet r , a u s si vas te aux bas a rd s, au x v iv aci tés et au x a cci de n ts d 1 u n g q improvisation de tribune î... J'ai mieux aimé travailler à Técarl:, interroger mes propres impressions dans le silence § du cabinet, rn en rendre compte avec plus de précision , et les fixer par écrit, pour moi-même(1), pour mes compatriotes, et pour quelques amis, désirant mettre chacun d’eux à même d’en juger et de me dire si j’ai rencontré T juste et si leur sentiment est d’accord avec le mien. s >

§ 1 er rm l’adresse. Mort du dm d'Orléans à jamais regret table. — Loi de régence . — Souhaits pour la prolongation ^ de la vie du roi , 111

Ce paragraphe exprime des sentiments vrais; mais il ^ 1 a iss c un e i mp res sion dou 1 ou reu se ; i 1 m o ntr e en p erspectîve ^

——-——-- —‘ ac

(l) A la hâte, comme tout ce qui se fait aujourd'hui; car jamais ou ^ n'eut plus raison de dire avec Boileau : [j

Le moment où je parle est déjà loin de mol UC

A SES ÉLECTEURS. 61

la vieillesse du roi ! T idée et la crainte de sa mortl la mïîioiite de son successeur 1 une régence entre deux! Raison pressante de profiter des dernières années du règne auquel préside la sagesse du roi actuel, pour mettre les affaires du royaume en si bon état, qu’arrivant (ce que Rien ne en veuille !) la mort de S. &L avant la majorité de son petit-fils, ri- les difficultés inséparables d'une régence ne soient pas m- compliquées par les embarras que l'imprévoyance pourrait oit léguer au jeune roi. — Dans de telles circonstances, des ne hommes d’Etat vigilants doivent faire au moins ce que ne ves néglige pas un père de famille intelligent, lorsqu’après ror avoir toute sa vie travaillé à faire sa maison, il prend ses l$? mesures pour liquider ses affaires, terminer ses procès, répii gler ses comptes, afin de laisser à ses enfants an actif net, u? île bons exemples à suivre, de sages conseils à pratiquer.

u ig § IL L’ordre et la paix* — L’empire des lois.

re ‘ Oui, Tordre et la paix : la paix avec dignité, comme il m convient à la France. — L’empire des lois: autrement, c’est l’anarchie. — Des lois exécutées : sans cela elles sont l! ï f vaines ; et j’ajoute : exécutées par des fonctionnaires sages, 'M impartiaux, intègres, animés de Tamour de la patrie , jalon x de mér ite r V est i m e p ubl i que, et qu i sa ch ent reh a u ss e r par leurs qualités personnelles les dignités dont ils sont revêtus. C’est là surtout qu’est le secret de la puissance et in ? que réside fhonneur du commandement.

icc § lit. Finances. — Rétablir r équilibre entre les recettes et les et dépenses.

^ Ce paragraphe est important clans toutes ses parties; il ^ mérite la plus sérieuse attention. Plus on fait de choses avec l’argent, dans le siècle où nous sommes, plus on doit s'effrayer de ce qui arriverait le jour où, pour avoir trop û- dépensé, on se trouverait aux prises avec des embarras on financiers. 11 faut considérer ici le passé, ïe présent, T avenir. Que nVt-on pas dît contre les budgets de la Restau- II ration/ Alors, en effet, les recettes comme les dépenses de ve chaque année s’élevaient à peu près à wi milliard. Depuis 1850, le revenu public a rapidement augmenté. II s'est accru d’année en année ; mais, il faut le dire, les dépenses m ont augmenté aussi d’année en année avec une telle émulation, que, loin de trouver dans l’accroissement des revenus un moyen de se tenir au-dessus des dépenses, on a, comme

DJSCOUiïS DE M. DUPIN

à plaisir, multiplie les dépenses, au point non-seulement d’absorber, mais de dépasser les recettes.

Et, Ton doit en convenir, loutle monde y a mis la main. Depuis longtemps le gouvernement éLait accoutume à rencontrer de F opposition à i T augmenta lion soit des impositions , soit des dépenses ; au nom des contribuables, on ne parlait que de réduire les unes et les autres, — On appelait cela taire des économies ! Et ces économies, il faut le

'lire, fréquemment provoquées par la passion, et dirigées sans intelligence , n’ont abouti le plus souvent qu a quel-

ri - . V- i ~ t ■Inrkt In trktül fiAu ^nneiilfL

ques réductions de traitements dont le total, peu considcrnble en lui-même (1), n’a opéré par le fait aucun degrèvement appréciable pour les contribuables, et na eu pour résultat que d’amoindrir quelques-unes de ces positions élevées qui sont au sommet de chaque carrière comme point de récompense et d’émulation.

Mats bientôt les choses ont pris un autre cours* Non-seulement chaque ministre s’est mis à demander plus, mesurant Féteiiduc de son pouvoir et de son influence sur le chiffre toujours plus élevé de son budget; maïs chaque député, comme s il eût été le gouvernement, et s il eut eu à lui seul le secret, l’intelligence et la responsabilité des besoins publics, a proposé de son chef et par amendement, non plus, comme jadis, des réductions, mais des accroissements de crédit, des dépenses nouvelles. Le s eonïréîfitp se sont faits dépensiers! Les oppo si lions mêmes sont entre® dans cette voie, comme si elles eussent compris que la guerre aux finances était un auxiliaire de la guerre au* institutions! Qu’en est-il résulté? Qu’en pleine pma? nous sommes tombés en plein déficit,

L’Adresse a raison de dire qu’il faudrait profiter de lac-

* . -, . > 1 s JT„., rIflfinc MC

plus du nio t économie ; f équilibre,-

balance exacte entre les recettes et les dépenses.

Est-il permis de f espérer? Hélas ! ce n’est pas la première fois que la Chambre tient ce langage : les précédent® adresses en font foi* Mais les budgets elles lois des compte: attestent que la Chambre des Députés (et elle seule est cou pable, car Vautre Chambre, en fait de finances, n a qma triste honneur d’homologuer le budget), la Chambre

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(1) 500,000 francs peUl-ctrc sur un budget d'un millhuM.

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A SES ÉLECTEURS

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Députés, loin de conformer ses actes à son langage, a constamment rompu F équilibre qu’elle avait paru conseiller , Et quant au budget actuellement en discussion (celui de 18Ü, présenté au moment même où FA dresse venait d'être votée), voici le résultat annoncé dans ie discours de présentation du ministre des finances :

« En résumé, dît le ministre, les crédits qui vous sont » demandés pour le service ordinaire du budget s'élèvent à a 1,281,015,710 fr. Les évaluations de recettes montent » seulement à 1,247,228,566 fr. D’où il résulte, sur le ser- » vice ordinaire, un découvert de 55,785,544 fi\

» En réunissant aux recettes et aux dépenses les 80 mil- « lions à prendre sur l’emprunt, et aux dépenses les » 15,500,Ou0 fr, des chemins de fer , on arrive à un total » général de 1,404,515,710 fr. pour les dépenses; de » 1,527,228,366 fr. pour les recettes : d’où 77,285,54-4 fr. m à demander à la dette flottante, b E t soyez-en surs à l’avance, ce déficit de 77 millions sur le budget de 1844 sera encore accru par les lois de détail qu’on est dans l’usage de présenter une à une dans le cours et surtout vers la fin de la session, et par les crédits extraordinaires, complémentaires, supplémentaires, qui aujourd’hui sont devenus une sorte de droit commun des plus commodes, dont les ministres usent avec d’autant plus de hardiesse, qu'on a cessé de considérer cette] manœuvre comme un abus.

En résultat, où sommes-nous arrivés avec cette manière de faire? Non-seulement la dette perpétuelle consolidée s r est singulièrement accrue depuis 1850 (elle était alors, y compris ramortissement, de 245 millions ; elle est aujourd’hui de 2G7 millions) ; mais le ministère des finances traîne a sa suite une sorte île boulet qu'on nomme la dette jlottmte^ et qui excède aujourd'hui d'une manière démesurée le chiffre que la prudence la plus vulgaire commande de ne point dépasser.

Dette flottante (1). On nomme ainsi la somme dont le trésor est a découvert pour ses services , et qui, entre autres valeurs, sc régularise et se solde avec des bons royaux a échéance fixe, qu’on renouvelle et qu’on remplace par d’autres au fur et h mesure que le besoin s'en fait sentir.

0) h’ipn ürn\ ice est Ltilo dans plusieurs esprits, qu’on a pu rire auï dépens Je celui... qui s’imagmail qu'on appelait date flouante la dette de la marina.

04 DISCOURS DK M. DUPIN

Ce mode de roulement est indispensable, parce que, si Je d trésor ne payait qu'avec l'effectif de ses recettes, il y aurait s; alternativement engorgement ou disette de fonds. Avec kg n bons royaux pour complément, on est toujours à flot. Mais, à ce jeu , il faut de la prudence et des limites ; car le caractère de la dette flottante est d’être incessamment ed- p gible, au moins dans un délai très rapproché. Elle repose d sur le crédit, et le jour où le crédit viendrait à se resserrer p sensiblement, il y aurait gêne ; à se resserrer tout à fait, & il y aurait cessation de payement, si la dette exigible se p, trouvait montée à un taux tel que le trésor, avec toutes les n

ressources dont il dispose, ne put pas y faire face dans un i!

cas donné, c

Aussi, pendant longtemps, la dette flottante n'a guère excédé 150 on 200 millions. Lorsqu'on l a vue pour la pie- t

litière fois à 500, les esprits prévoyants ont commence à y f

faire attention. — Aujourd'hui, c’est vraiment bien autre n

chose. Le chiffre de celte dette est porté, par l'un des r

hommes les plus expérimentés en finances, par M. d'Audi f- c

fret, président de la Cour des comptes (1), a la somme à t sept cents millions; auxquels il faut ajouter une autre dette t sans cesse exigible T et qui le deviendrait d’une manière 1er- i

ri b le dans un cas imprévu : je veux parler des caisses ù'é- r

pargne, dette du pauvre, dette de l'ouvrier, dette sacrée, dont le chilfre actuel est de 500 millions.— Je le porte ici c pour mémoire.. . Ne l’oubliez pas. (

On a senti le besoin de diminuer la dette flottante, el f

d en consolider une portion. C’est pour cela que l’on a voté r

un emprunt de 450 millions. Mais on n’a encore pu en réalè 1

ser qu’une partie (150 millions seulement), qui même ifont c

pu fl*écouler entièrement en deux ans; il faudra donc du t

temps pour réaliser les 500 millions restants. Mais, outre I:

que cette somme est insuffisante pour faire rentrer la dette £

flottante dans des limites raisonnables, il faut s'attendre, a

si l'on ne change pas immédiatement de système, que le t

produit des autres emprunts sera dévoré comme le reste par r les dépenses courantes, et que la dette flottante continuera h

de s'accroître encore ; car, tandis qu'autre foi s on ne votait »

îles dépenses que sur un fonds correspondant, aujour- »

______ - ___ JC

(S) Dans le discours qifil a prononcé à la Chambre des Pairs, en présence de M. le ministre des finances, qni ne Ta pas démenti (sêanci: dn 25 janvier 1843).— Il est bien évident qu’en tout ceci je xi'impuie jri en à f honora Mc M, La plaine, te mai vient de plus foin ..*,. I

A SES ÉLECTEURS

, si k d’hui on vote des dépenses à prendre sur la dette flottante , iurait sans faire attention que c’est tirer, non pas sur un débiteur, ec la niais sur un créancier.

flot. Je dis : si l’on ne change pas de système ; car le système car le actuel, système aveugle, système insensé, est qu’on ne détexi- lieuse pas assez 1 — qu’un grand peuple ne saurait trop epose dépenser ! — L’Angleterre, dit-on, a une dette cinq fois serrer plus forte que la nôtre ! comme si la puissance et la richesse fait, se mesuraient à la dette!.-, lïaiLleurs, ajoute-t-on en se «le se radoucissant, il y a des dépenses productives. .. Et alors on es les ne met pins de frein aux velléités de dépenser chaque jour us un davantage, puisqu’au lieu de nous ruiner, cela doit nous enrichir.

guère Ces sophismes sont désastreux. Ouï, il y a des dépenses « pre- utiles, comme il y a des dépenses folles ! — Mais j’appelle

ïeày folles des dépenses même utiles qu’on précipite et qu’on

autre accumule de manière à rompre tout équilibre et a compvoit îtt mettre son crédit. — Un grand peuple doit dépenser beau-

lu cil f- coup ! — N’ est-ce donc pas assez de dépenser quatorze cents

ne de millions par an ; un tiers de plus qu’il y a douze ans ! N’est-

dette ce pas assez, lorsque les recettes croissent d’année en an-

■e ter- nés, d’accroître les dépenses dans la même proportion,

s dé- mais sans aller au delà!

idée, On ne parle que de notre prospérité toujours croissante : rte ici cette phrase est passée en formule dans tous les discours officiels. — Mais si cette prospérité venait subitement à dé- :e, et croître? — Et si, après de bonnes récoltes, il y en avait de

i volé mauvaises?—Et si..,? Et si.,*? L’avenir entier est là avec tous

réali- les mécomptes qui surviennent dans la vie des nations

n’ont comme dans celle des individus! Si l’on se plonge dans le

ne tlu déficit en pleine paix, que serait-ce si quelque événement

outre imprévu amenait la guerre? On aurait y comme l’a dit éner-

dette giquement un des vice-présidents de la Chambre, on aurait

nuire, ainsi à F avance désarmé financièrement (1). Ce n’est pas là

pie le de la prudence. L’Adresse est donc sage lorsqu’elle s auto-

Le par lise du rapide accroissement du revenu public pour dire :

mjer* « Qu’il doit servir surtout à rétablir l’équilibre entre les revotait » celtes et les dépenses, et à préparer, dans des temps pros-

ijour- & pères, pour des joufs moins heureux , des finances en bon

- » ordre et un crédit fondé sur notre économie comme sur

. » notre richesse. »

irs, en

in»p le (l) M, Lepeleiier-<TAî&ay.—On so t'appelle aussi ïc mot du baron Louis, ministre dos finances : Le crédit, c'est de l'artillerie*

DISCOURS DB M- DUPIN

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§ IV, — Rappel du droit de visite*

La Chambre s’est rendue l'organe du sentiment national en exprimant le vœu que notre commerce soit replacé sous /a surveillance exclusive de notre pavillon ,

Ce sentiment n'a rien d’équivoque. Le droit de visite déplaît et pèse à la France, La pensée publique n’aura de repos que lorsque ce vœu sera accompli. Personne ne saurait se flatter de pouvoir l’éluder : ni les ministres actuels, car c'est à eux surtout que la recommandation est adressée; ni leurs successeurs à venir, car on ne serait pas d’humeur a les en dispenser. Sans doute le traité du 45 juillet est entré pour beaucoup dans la vivacité des réclamations élevées contre le droit de visite. Un ministre wigb a causé un grand mal à sa patrie en réveillant par de mauvais procédés , dans l'esprit du peuple français, quelque chose de l’ancienne antipathie contre l’Angleterre! de même que chez nous on a eu la maladresse, par des fanfares et des armements irréfléchis, de rallumer des défiances déjà trop entretenues de Fautre côté du Rhin contre l'ambition française et l’ardeur belliqueuse et inquiète de notre nation ! Le bon sens public , il est vrai, a bientôt fait justice de ces dernières alarmes. Non, nous ne songeons point à repasser Je Rhin et à devenir agresseurs contre l’Allemagne ; si celle Jolie pensée tombait dans l'esprit de nos gouvernants, nous mériterions d’attirer sur nous la colère et. la vengeance des peuples dont nous irions, sans motifs légitimes, troubler le reçus et menacer l'indépendance, — Chacun chez soi ,

Maïs aussi chacun son droit , et quand la France se borne a alléguer le sien, elle doit être écoutée* C’est ce qu’elle fait en demandant le rappel du droit de recherche par les motifs suivants * 4° on en a abusé contre nous; Fariiclc5 f en réservant, pour la fixation du nombî^' des croiseurs, une convention annale, a voulu réserver aussi chaque unnée un moyen de modifier les traités ; o° les articles G et 7 sont contraires à fous les principes d une législation crim in elle bien ordonnée; l'article î> a été violé par les Anglais dans le dernier traité qu'ils ont consenti avec l’Amérique ; 5" puis, la cause de ces traités n’est pas perpétuelle; le but seul est immuable, les moyens peuvent changer; et l'expérience a démontre que le droit de recherche était dans ce cas; 6° une négociation doit donc être entamée sur ce point, non en demandant à l’Angleterre si elle a

A SES ÉLECTEURS. 67

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pour agréable de négocier, mois en déduisant nos griefs , qui ne sont pas de nature à être résolus ni écartés par une simple négation ; cela est si vrai que les Anglais, soit dans leurs journaux, soit à la tribune, dans la Chambre des Lords comme dans celle des Commîmes, n'ont osé aborder aucune de ces objections; 7° enfin, la nature de ces griefs est telle, qu'en toute circonstance, soit qu'il s'agisse de traité de commerce ou de toute autre chose proposée ou désirée par l’Angleterre, le rappel du droit de visite devra toujours apparaître nomme première condition de tout bon vouloir ultérieur do noire part, et de notre adhésion h quoi que ce soit.

§ V. — Pologne .

Ce paragraphe passe toujours, nemine contradicente. Il prête cependant à une réflexion qui a son importance, A quoi hou répéter chaque année un vœu toujours le même, toujours stérile, et qui n'est pas meme accompagné d'un discours qui retrace les griefs et les malheurs de l'héroïque nation polonaise ? C'est comme un article de fonds , qui va se traîner d’année en année , à perpétuité, dans les Adresses de Ja Chambre, de manière à rendre, à la fin, insignifiant et presque ridicule un vœu dont le principe est pourtant si respectable* ÎNe suffirait-il pas une fois pour toutes de déclarer à la tribune que ce vœu, tant de lois émis, continuera de vivre dans les cœurs, mais sans en faire désormais l’objet périodique d upe déclaration oiseuse et impuissante? — Déjà les anglomanes n’ont-ils pas prédit avec dérision qu'il en serait du paragraphe sur le droit de visite , comme du paragraphe sur la Pologne!.^

§ YL — Les îles Marquises.

Par la possession des lies Marquises, le gouvernement a voulu assurer à nos navigateurs, dans des mers éloignées, an refuge et un appui. Le but est louable : favenir nous apprendra si la prévision a été heureuse. Dieu veuille seulement qu'on n'ait pas fart de rendre encore celle nouvelle possession onéreuse, par la manie de guerroyer aux environs » et par une surcharge de fonctionnaires plus coûteux eL plus multipliés que ne le comporte la modicité de rétablissement!

§ VIL — Traités de commerce.

Depuis quelques années, dès que l'on sait qu'il se négo-

68 DISCOUHS DE M. DUPIN

cie un traité de commerce, tous les intérêts français sont en émoi. Et, en réalité, soit manque de dextérité dans la conduite des négociations > soit manque de fermeté dans la conclusion, toujours est-il que depuis déjà longtemps, comme on a vu plusieurs traités défavorables, et pas un seul avantageux, on s'est trouvé tenté de dire à notre diplomatie : ff Ou ne faites plus do traités, ou faites - les un peu mieux. »

Déjà l'an dernier, o la seule annonce d’un traité projeté avec la Belgique, les deux Chambres ont inséré dans leurs Adresses chacune un paragraphe pour recommander au gouvernement d’agir avec prudence, et de conserver à la production nationale et au travail de nos ouvriers la protection qui leur est due.

Cette année, les alarmes se sont renouvelées avec plus de vivacité. Des réclamations énergiques se sont fait entendre à propos du traité belge, qu'on supposait cette fois sur le point de se conclure! et le ministère s’est arrêté, non sans regret; car, apres avoir paru céder aux résistances élevées sur plusieurs points, il a presque aussitôt quêté des adhésions sur d’autres. Toujours est-il que l’opinion la plus générale avait vu là un grand danger. Aussi l’Adresse de cette année reproduit les mêmes recommandations que celle de Tan dernier.

Ce n’est pas tout : F Angleterre, dans le vif désir qu'elk témoigne de se rapprocher de mus (vous entendez \), presse aussi la conclusion d’un traité de commerce! C'est ainsi qu’en 1841, pour nous faire oublier les dédains qui avaient accompagné le traité du 15 juillet, on avait amené notre cabinet à signer le traité du 31 décembre, portant une extension démesurée du droit de visite ! L'intervention des Chambres, survenue à temps utile, a empêché ce dernier traité d’être ratifié ; le qui - vive qui vienM’être renouvelé empêchera-t-il la conclusion du traité de commerce actuellement en projet?

Une première réflexion se présente. N’est-ce pas d’abord une excellente occasion de mettre en avant le rappel du droit de visite comme condition préalable de tout nouveau traité?

Maïs ce préliminaire ne doit pas rendre in attentif sur le fond même du traité proposé : non - seulement parce que tout arrangement de ce genre avec F Angleterre inspire une juste méfiance, mais parce que tout traité de commerce de la part d’une puissance comme la France implique des dan-

A SES ÉLECTEURS

mt «ers particuliers à la nature même de ces sortes de conla ventions.

la On en a fait répreuve dans le traité aven la Hollande, q (l ï ? heureusement, a une durée fort limitée, et dans le an premier essai de traité avec la Belgique , qui n*a eu Tien de

li- plus pressé que de nous sacrifier à l’Allemagne : — que

un serait-ce avec rAngleterre?

On mauvais traité de commerce une fois signé a ce déssté avantage , qu'il entraîne de deux choses l’une : ou la ruine,

irs si on T exécute comme la bonne foi F exige ; ou la guerre,

au si r on e ntrepren d de s’y s o us t raire.

la Aussi les meilleurs esprits préfèrent la balance qui s’éta- 0“ Mit naturellement par les tarifs, dont la baisse ou la hausse, toujours mobiles, offrent incessamment un moyen hts de protection, de défense ou de représailles, et qui exigent n- Fintervention des Chambres.

;ur En tout cas, notre gouvernement doit se tenir pour

on averti de bien prendre garde à ce quil va faite (surtout pour

ees les fers, les tissus, etc, ) 1 les

lus 5 VIII. — La Chambre examinera avec soin les lois de finances de et les divers projets de loi dont on lui annonce la communt- F cation.

é An nombre de ces lois, se trouvent, quant à présent,

sse celles sur la fabrication du sucre indigène ; — sur le prêt

nsi de deux millions demandé pour le chemin de fer de la mt Teste; — les patentes; — l'instruction secondaire— les tre retraites.

^ Sacre indigène . — On propose de nouveau de consacrer les quarante millions au rachat des fabriques de sucre indigène,

ier — A ce moyen, on interdirait cette fabrication à l’avenir, et

elé l'on récupérera it sur les doua nés le mon tan t de Y i nde mn i té,

eh A ce projet, je réponds : i° Qu'il est presque sauvage, à Y époque oîi nous vivons, de flétrir ainsi le sol et le travail trd français, et de frapper à la fois F agriculture et Findustrie du de la mere patrie au profit des colonies et de l’étranger ;

;au 2 Û Ouï, de Fétranger; car, après avoir sacrifié la fabrication française à la fabrication coloniale, on sacrifierait ► le bientôt celle-ci au désir d’accroître les transports et les pie échanges avec les pays lointains. Pour en donner la preuve,

me lu chambre de commerce de Lille rappelle les paroles de

de M. le ministre des finances lors de la discussion du projet

in- dans les bureaux de la Chambre : — « On m'a reproché, a

DISCGUKS DE M. DUPIN

» il il le ministre, de vouloir faire l'affaire des sucres êtmn - » gers .'j’en conviens, c'est là ma pensée.»— Ce n'est pas la nôtre*

7> ù On remplacerait ainsi une richesse réelle, permanente, et qui ne peut que s’accroître au profit de tous, celle de. la production territoriale, de la fabrique et du travail indigène, par un revenu purement fiscal, et par conséquent artificiel, variable et périssable*

4° Avec le système d'indemnité, on entrerait dans une voie pernicieuse : on autoriserait chacun à croire que l'État ne peut plus toucher aux lois sans indemniser , à beaux denkn comptant , tous ceux qui prétendraient que les changements appariés dans la législation vont leur porter préjudice. Cette doctrine ne saurait prévaloir. Il faut sans doute, autant qu'il se peut, faire des lois équitables; mais il ne faut pas altérer le principe de la souveraineté et de la liberté législative.

5° D’ailleurs, on se fait illusion par le mot indemnité; car, en indemnisant les possesseurs de fabriques actuelles , on n’indemnise pas les travailleurs et tous ceux dont les industries accessoires se sont groupées autour de la fabrication indigène. Les quarante millions iraient dans la caisse d’un petit nombre d’industriels, dont plusieurs n’ont pas seulement spéculé sur le sucre, mais ont surtout spécidé m rindemnité; et il resterait un dommage général, profond, durable, causé pour toujours à FËtat tout entier parla disposition qui interdirait à jamais à tous les Français, dans le présent et dans F avenir, une branche honorable et lucrative de production, de commerce et d’industrie.

6 ° On attendait quelque secours de la proposition analogue faite aux chambres législatives de la Belgique; mais cc projet malencontreux a été rejeté. L’exemple se rétorquera donc contre la proposition faite aux Chambres françaises, et nous espérons que cette proposition, humiliante pour le sol et pour l’industrie, sera définitivement écartée, — 11 vaut mieux chercher l’équilibre dans les chiffres du tarif.

Prêt de deux millions aux propriétaires du chemin de fer de la Teste. — Ce projet a déjà été rejeté; mais on ne se décourage pas : Chassez le naturel , il revient au galop . Eh quoi ! le budget est en déficit, et l’on choisirait ce moment pour prêter] L'Etat emprunte h quatre, et il prêterait à trois! Et puis qu est-ce que tous ces prêts? Des dons déguisés. Qu'est devenu le prêt de cinq millions si imprudemment fait aux actionnaires du chemin de fer de la rive gati-

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A SES ÉLECTEURS

die de la Seine établi par duplicata de Faris à Versa il le s? Lorsqu'il s’agissait de le voter, on promettait toutes sortes tic garanties. Le remboursement devait être cautionné par douze capitalistes des plus accrédités ; c'eut été un blasphème que d'oser en douter, de demander leurs noms, de discuter leur solvabilité! E h biens] qu'est-il arrivé? On n’a pas même payé les intérêts ! Et Ton voudrait, s’il est possible j obtenir la remise du capital, et Fou offrira peutêtre plus tard de faire racheter le chemin par l'Etat, afin de reporter sur le trésor tous les mécomptes d’une entreprise insensée ! — Évitons de multiplier ces précédents fâcheux. Le secret est trouvé par les spéculateurs d'agir dire ctement sur le budget et de faire voter a chaque session 7 au profit tantôt d'une entreprise , tantôt dune autre , un certain nombre de millions que les intéressés répartissent entre eux dans l'intervalle. C’est un abus. 11 n’y a déraisonnable que les garanties d’un intérêt modéré accordé aux entreprises de chemins de 1er, non pas à toutes (pas d'égalité en cette matière), mais à celles qui paraîtront mériter ces encouragements , et non pas aux entreprises folles ou avortées.

Loi des patentes, — À force île dépenser, il faut bien en venir a toucher à l’impôt; et, comme le disait un ancien financier, il faut lui faire produire tout ce qu’il peut produire. Cela était juste pour les portes et fenêtres, et pour les terrains récemment bâtis et non encore imposés. Maïs voici venir les patentes , Des rectifications, je le sais, étaient désirées dans les classifications ; mais, s'il doit y avoir des redressements sur quelques points, on propose des innovations douloureuses sur d’autres. Ainsi, par exemple, en 1 état actuel des choses, les laboureurs et cultivateurs sont exempts de patente pour le bétail qu'ils élèvent et qu’ils engraissent* Cette fois, on propose formellement <Fassujettir a la patente ceux d’entre les cultivateurs qu’on désigne sous le nom iVherbagers. Quant aux autres laboureurs et cultivateurs, voici comment on procède à leur égard : un article spécial du projet de loi prend cette tournure, de les fVMFîîp/cf de Ja patente pour le bétail qu'ils élèvent , c’est-àaiFû apparemment pour les veaux et les agneaux nés de leurs vaches et de leurs brebis. Mais il n’y a pas de petite propriété rurale, pas de ferme, si faible qu’elle soit, où, m Rième temps qu’on élève de jeunes sujets, on n’engraisse aussi le vieux bétail, les bœufs fatigués de travail, qu’on doit vendre après F hiver pour les remplacer à la pousse des herbes et au renouvellement des travaux par des a ni-

DISCOURS DE M. DUPIN

maux plus jeunes et plus vigoureux* Ceux-ci sont c[uelqiicfois nés et élevés dans la ferme, mais souvent aussi ils sont achetés en foire pour en jouir de suite ou pour les appareiller avec ceux qu'on a, selon que le besoin s’en fait sentir. H n’y aura donc pas de propriétaire faisant valoir scs terres , pas de fermier, qui ne puisse, à F aide du nouvel article de la loi propose» être réputé négociant, marchand de bestiaux» et mis à la patente, sous le prétexte qu’ outre les besLiaux qu’il élève^ il en a qu'il engraisse , qu il vend et qu'il achète. — J'ai déjà combattu cet article dans mon bureau, et j’espère bien que , lors de la discussion devant la Chambre, tous les amis de l'agriculture s'accorderont pour le combattre énergiquement et le faire rejeter ou amender.

Dis

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Je bornerai ici mes réflexions j mon dessein n’est pas d’épuiser toutes les questions : ce que j’ai dît suffit.

Je ne parle pas des projets des réformistes ; ils ne sont à l’ordre du jour que dans F opposition, et J1 n’y a pas chance pour elle d’amener le gouvernement et les Chambres à s'eu occuper prochainement* 11 y a deux mots d’un grand ellet dans les questions parlementaires ; la nécessité pour les choses qu'on veut T et Y inopportunité pour celles dont un ne se soucie guère. Mais la révolution de juillet tout entière n’a-t-elle pas été une grande, une immense réforme 4 ? Ne veut-on pas laisser cette société fatiguée de tant d’agitations se reposer un peu sur elle-même?

Pour moi, ce n’est pas à de nouvelles lois que je voudrais demander une reforme !... c'est aux hommes chargés de faire exécuter celles qui existent. Que chacun fasse son devoirL*. Mais ce chapitre nous mènerait trop loin,— Concluons.

Je n’ai pas l'espoir que toutes les questions que j'ai abordées seront résolues dans le sens que j’ai indiqué. J’aurai du moins réclamé 3 j'insisterai encore comme député autant qu’il dépendra de moi, et j'aurai mis ma responsabilité à couvert, en prenant acte, hautement et à F avance, de lopinion que j’ai cru de mon devoir d'émettre sur toute cette situation,

DUPIN , député de la Nièvre.

Mars 1313,

A SES ÉLECTEURS

|ue-

ont Discours de M. Dupin aux électeurs de l'arrondissement de pa- Clamecy , après sa réélection , Je % août 1846*

en-

jijjji Maintenir et contenir*

am Messieurs et chers compatriotes, en présence de 1 agita- TB1! tion qui s’est manifestée aans d’autres colleges, des luttes l e . qui divisent si profondément les esprits, et laissent, après elles, de longues traces d'animosité entre les citoyens, l j a nous devons nous féliciter de ce que, pour vous, l'élection m d'un député est le résultat spontané u’une même pensée, [ er d’une même opinion, calme, réfléchie, et qui, depuis 1830, n 1 a pas varié un seul instant*

pa& Sertis voulons l’ordre, sans lequel la vraie liberté ellemême ne se conçoit plus; et la liberté, sans laquelle l’oront dre ne serait plus qu'un silence de mort, tel qu’on le voit pas régner dans quelques États despotiques voués au pouvoir ires absolu*

and Nous sommes conservateurs : mais fixons bien le sens de our ce mot, — Nous sommes conservateurs des grandes et utiles on conquêtes de la révolution de 1789, en opposition avec ère ceux qui regrettent T ancien régime, ses privilèges de caste, Ne son intolérance religieuse et ses nobles abus*—Nous souilla- mes conservateurs du principe monarchique, en opposition avec ceux qui voudrait tenter de nouveaux essais de répuou- blique sanguinaire , spoliatrice et banqueroutière, — Nous gé$ sommes conservateurs d'une paix honorable fondée sur le son respect du droit des gens et 3e sentiment profond de notre — propre droit, en opposition avec ceux qui, sous couleur de gloire p auraient voulu, après la révolution de .juillet, se ior rucr sur les autres peuples, sans cause légitime d’agression irai et dans lin fol esprit de conquête, qui, par la nécessité anl d’une juste défense, eût de nouveau ameuté tous les peuples é à contre nous (I). — Nous sommes conservateurs enfin , par Po- apposition à ceux qui rêvent le rappel des faibles débris d’une dynastie trois fois déchue et repoussée, parce que nous avons souvenir des faux semblants, des pas rétrogrades, des supplices réactionnaires, de Fintolérance, et

(1) C'est à ceutdà que, dès le mois de décembre 1830, j’opposais comme barrière ma pensée ainsi formulée * Chacun cher. $oi f chacun wa droit; ce qui, avec le respect pour le territoire et les droits des antre* peuples, implique avant tout de faire aussi respecter le territoire, les droits cl la dignité de la France.

DISCOURS DE M. DUPIN

des coups d'Éfcat qui ont marqué le cours et la fin du régime connu sous le nom de Restauration*

Mais nous n'accordons pas le titre de conservateurs à ces caméléons égoïsLes don t Punique souci est de se conserver eux-mêmes ; ccs spéculateurs politiques qu'on voit soàs tous les régimes incessamment occupés à trafiquer de leur position et de leurs votes, qui ne s'approchent des ministre que pour les exploiter quels qu'ils soient (hier ceux-là, demain d'autres); assez habiles pour se grouper et se lier entre eux par une sorte d'assurance mutuelle on les calculs de F intérêt personne} remplacent avec impudeur tout sentiment de patriotisme, d'indépendance et de dignité, — Ces gens là, heureusement en petit nombre, ne sont pas les soutiens du pouvoir qu'ils obsèdent, mais ils sont k fléau du gouvernement représentatif, qu'ils faussent cL qu'ils déshonorent 1,,..

Ce que les conservateurs vraiment dignes de ce nom entendent fomerrer et maintenir , envers et contre tous , d une manière franche, énergique et désintéressée comme h voulu dès l'origine Casimir Perler, notre illustre chef, c'est le système d'institutions libres et de raisonnable progrès intronisé en ISoO, lorsqu'à celte époque à jamais mémorable nous avons établi une charte nouvelle, une dynastie nouvelle, une pairie nouvelle, un gouvernement nouveau, avec un esprit nouveau : gouvernement essentiellement/e- £iii!»e (!), car il a été fondé sur la plus large, la plus solide , la plus puissante de toutes les bases ; sur le principe de la souveraineté du pays, sur la volonté nationale énergiquement manifestée et loyalement comprise par un roi qui, en proclamant que désormais la Charte serait une vérité, a juré solennellement entre les mains des représentants de la nation a d'observer fidèlement celte Charte,de » ne gouverner que par les lois et selon les lois, de faire » rendre bonne et exacte justice à chacun selon son droit, » et tÇagir en toutes choses dans la seule vue de l'intérét, » du bonheur et de la gloire du peuple français. »

Voilà ce que naguère, en ramenant l'attention de mes collègues sur le tableau qui, dons l'enceinte de nos séances, représenté celte scène nationale, voilà ce que j'appelais noire tableau du sacre , pour montrer par une image simple

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(I) Ce tiVei c j u c pnr laisser-a lier ou par a]ous <le langage qu'un appdlceu^qre quçKpuqcjis les jiarlbans Je la déduit; légitimité

Cela vent dire seubmeiH qidils se croient, ou pnheudent lots*

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A ses Electeurs.

ré- et palpable fjne notre monarchie constitutionnelle, que la couronne de juillet , ayant été déférél par le vœu du peu- 's à nie français, n’avaiL pas besoin d'aütre sâfrction : à la différence des précédents rois, qui n’alléguaient jadis le droit sous divin que pour nier plus à Taise le droit national, et cri tar prendre occasion de ne se prétendre liés envers leurs sujets tpfô par aucune loi sur la terre (I V

de- c’est en vue de consolider Tordre de choses ainsi fondé en- que, dès le commencement de La dernière législature, ait cub iïioiileilt même où une mort aussi funeste qu 1 inattendue ve~ seQ- naît de nous ravir notre cher due d'Orléans ; afin de mettre — immédiatement la France à Tabri des incertitudes et des pas m'alités de pouvoir qui trop souvent ont uffügé la minoit Je rité des rois; noiis avons constitué la règeitCB (21 en apport îiintà sou exercice des princes capables par la tête et par le cœur de protégër nos institutions et de défendre l’État ; en- et cela, sans préjudice de la garde immédiate et de la tuune telle assidue a Une mère si capable elle-même cTélever et J lî de diriger son royal pupille.

-'est C’est cette situation, messieurs, qui il ci line à la légisteg:i b ês turc quVm élit en ce moment une importance bien supéma* Heure au but que les partis osent avouer. Fasse le Dieu qui istie protège la France, et qui a déjà si visiblement étendu sa m f protection sur le roi, que les jours de ce prince se prolotittë- gent assez pour voir les passions continuer de s’éteindre et 50- 1rs partis achever de se déconsidérer et de se dissoudre! ripe P Hissions-nous ri 1 avoir point de minorité! Mais si Celui qui ner- lient dans scs mains le sort des peuples et des rois en déroi ridait autrement, St, dans les desseins de la Providence, i ] $- 1 événement sinistre de te mort du roî, attendu par les fac- 50E3- liüïls qui semblent s’être donné rendez-vous sur sa tombe, , ilt ve n a t L tout à c ou p nous su r ] i re n d ce h.. C est a 1 o rs, ni eshire sieurs, qu'une Chambre des Députés, fidèle à son origine mit, fit à son mandat, dévouée à 1a couronne et aux intérêts de rêt, t Eut, peut à l'instant même, par une altitude ferme, digne et Sagement dirigée ; et, s’il le fallait, par dés manifesta' mes lions énergiques et promptes, contribuer pilîssnmment à ce&, préserver Tordre politique de toute secousse, en contenant les ambitions jusque-là comprimées qui tentétaient de dé- □pïe ______

~ (I) Suivant Paxiome féodal r f^Ëntrc toi et ton vilain il îCy a de

3 a^- iufiu que Dieu, t.

ÙtWn (-) J'avais élu rapphrffetir de îa Charte dé 1830 ; la Chambre d voulu quu je fusse aussi rapport îtr île la toi de Hd^cnce.

7fl DISCOURS DE M. DUPIN

limier, en faisant face à ceux qui voudraient d'autm nu princes, comme à ceux qui n'en voudraient pas du tout. m Il importe aussi, à Va van ce, de maintenir dans son inté- lei grité la prépondérance et l'unité de la puissance publique; xt de ne pas permettre, par connivence ou par faiblesse, que et dans l'État il s'élève de puissance rivale, qu

— Personne, en France, n’a droit de protester contre les fai lois, de les braver avec audace ou de les éluder par la ruse, afin de se soustraire à leur action ; encore moins ne so doit-on pas permettre à qui que ce soit de se révolter cou- ai tre le principe même de leur autorité. Ce sont ces maximes il* fondamentales de l'ordre civil que j’ai eues à défendre et fa que j'ai défendues de toutes mes forces par mes paroles et é par mes écrits; et j'ai été soutenu par le gouvernement, (é parce qu’il a compris à la fin qu’il était temps de venger sï les lois outragées et son autorité méconnue, — J’ai eu à p lutter aussi, et je l'ai fait avec la conscience et l’énergie du devoir, contre ceux qui, par des moyens empruntés à ce v système ténébreux et mystique qui a tant contribué a per* d dre la Restauration, et dont notre glorieuse révolution a r eu principalement pour objet de détruire l’influence et il d'empêcher le retour, voulaient derechef s'impatroniser dans l'État, s'y glisser et s'y établir à l'insu des lois, ou \ même en narguant les pouvoirs publics par l’allégation t abusive et hypocrite du mot liberté! La liberté comme ils a l'entendent 1 C'est-à-dire la liberté de se rendre indépen- i dards de toute autre puissance que la leur propre, et de s marcher ainsi sourdement à la domination. La Chambre i s’est hautement et nettement prononcée sur ce point; elle < a indiqué le remède : Faire exécuter les lois de F État. <

Une grande question de poliüque extérieure a occupé lu 5 Chambre pendant plusieurs sessions : celle du droit de v&iie, < Dès l'année 1842, il a fallu s’opposer à l’extension imprudente qu'on voulait donnera ce prétendu droit par un nou- < veau traité ; —plus tard, demander formellement le rappel t du droit de visite , et arriver enfin, après plusieurs voles unanimes, à faire replacer notre commerce sous la surveülam exc lus ive de n otre pa v i 11 o n, Vo ns c û nu aissez 1 a part que j’ai prise à tout ce long débat (1).

Messieurs, toutes les fois que la Chambre le voudra t les |

(1) Discours des 22 janvier, 19 et 20 mai 1842, 2 février 18U £3 janvier 1844* 22 janvier, 10 cl 27 juin 1843, et 3 février 184Ü,

res

A SES ÉLECTEURS

ministres marcheront constitutionnellement et nationale- S S’ils"égarent dans le choix .le leurs moyens dans leurs procèdes, dans leurs actes, c est aux députés a les redresser, à les contenir, à les ramener dans la lionne voie, et lorsqu’il y à lieu , d’avertir par leurs votes la couronne qu'elle est mal servie, que les affaires du pays sont mal faites, et qu’il est à propos de changer de conseillers.

ci f es députes ne font pas leur devoir dans 1 occasion, ils soin coupables; et o’est à vous, électeurs a y pourvoir avec indépendance et fermeté quand vous Oe» appelés a Soseï vos suffrages dans l’urne électorale. S. vous ne le faisiez pas, la prévarication passerait de votre coit . et c’est à vous qu'il faudrait s’en prendre, puisque vous seuls (et c’est là qu’est votre honneur, mais aussi votre J^ponsabilité), vous seuls êtes chargés d’exercer le droit electoi al

■"ÜK “m ™Tp»lml pas au KSI. d. nu, affaires ■ — de nos finances . pour lesquelles je n’ai pas cesse depuis 18ô0 de réclamer un équilibre si malheureusement rompu. et pourtant si indispensable a garder entre les dépenses et les recettes, surtout en temps de paix. .. . - De l'Algérie, qui appelle à grands cris une colonisation puissante, et qui! depuis seize ans et dans une progression toujours croissante, nous coûtos! cher en|œftmes argent (cent mille hommes et cent millions) sans aqéun résultat que l’on puisse encore regarder comme satisfaisant i ... — Du soin et du discernement ou il convient d’apporter dans U choix des fonctionnaires publics, surtout quand il s’agit des grands Corps de l Etat.. . . J ® ®ms expliqué maintes fois sur ces divers sujets, soit a la tribun^, soit dans Vexposé que je vous ai adresse en 1840 ( 1 ). ,<■ questions reviendront encore,

1 D’autres projets seront aussi reproduits sur des w^tieres qui touchent à F économie politique et a la reforme de quel ques branches de notre législation (2). La mission de cette

les

(I) Voyez ci-devant, page 60, l'écrit iulitulé , s»

L'adresse tic la Chambre des Députés indiquant la situation des a flair publiques a Y époque actuelle (mars 18 43), avec celle épigraphe. le tfuid detritwnti res publia capiat. « — Voyez aussi e 1Ji 13 juin 1836 , relatif :■ la cour des comptes, m Projets de loi sur la reforme des prisons, le régime liypcu iecaire, la réforme postale, Vimpôt du sel, etc,, etc. e système toi Plier Kçnu par ttoben Peel à ses successeurs aura aussi darw

DTS COUR S DE M. DUPIN

législature sera de les examiner avec soin et de les nppré- [ni-i cier avec maturité'. En ellêt, réformer ne consiste pas seii- ses Jement à changer ce qui est, maïs à faire mieux en parfaite mai connaissance de cause. m

C’est dans ces dispositions, messieurs, que je retournerai lier à la Chambre pour continuer d’y suivre la ligne de conduite îaqi qui m’a valu jusqu’à ce jour vôtre approbation. 1 J rofondé- :icl ment attaché au roi et a sa famille, au fils du due d’Orléans ira comme je Pétais au due d’Orléans lui-même, dévoué à l'Etat, m étranger aux coteries et aux coalitions, en dehors de toutes m les questions de personnes, libre de mes actions et de mts votes, vous me verrez uniquement préoccupé de l'intérêt et de Ta venir de la France, toujours prêt à donner mon loyal ? |] t concours ait gouvernement contre les factions qui essaye- tfc raient de lui susciter des embarras ou des périls, et disposé clu à appuyer ses propositions dans tout ce qui sera bon et do utile, et propre à donner à nos affaires de LM stabilité et tle la grandeur : mais aussi, je n’hésite point à le dire, avec >

une invincible disposition à désapprouver et à combattre ' h tout ce qui ne me paraîtrait point s'accorder avec l’intérêt et l’honneur du pays.

C’est ainsi t messieurs , que j’aîmè à vous rendre compte de mes votes et à vous annoncer mes résolutions , non pas avant F élection en vue de captiver artificieusement vos suffrages, maïs après les avoir obtenus, et quand jë n’ai plus qii’à remercier librement et cordialement ceux qui ont bien voulu me les accorder,

.Messieurs et chers compatriotes, lors de vos précédentes élections, au sortir de cette enceinte , vous me reconduisiez comme en triomphe jusqu’à la maison paternelle. Là m'attendait pour me presser dans ses bras ce vénérable vieillard qui* lui aussi, avait eu l’honneur d’être trois fois le représentant de la Nièvre, et que vous avez vu dans la magistrature et dans les fonctions administratives, pendant plus de cinquante années, se montrer habile, intègre, religieux, grandement désintéressé pour lui-même, ami dévoue de sa ville natale et de sa patrie. Les remer ciments qu’il vous adressait étaient toujours accompagnés de conseils et de vœux pour son fds 1 II vous promettait en mon nom tout ce que son patriotisme aurait pu promettre pour

prosélytes el rencontré^ de vives résistances datis ce qii'il aurait à’èxcrtSSff lITI préjudice die notre production agricole v,t industrielle,...

A SES ÉLECTEURS. 79

i'f- - lui-m è m 6 ï Ce jour, si h on 0 râ bl c p on r mot, s*i lo u ch a n t par cin ms retours vers le passé, ne doit plus finir de la même \m maniéré. . . Mon père n’est plus 3 , . . C'est à sa tombe , conliee a la garde de votre Cité, que j’irai désormais demanm Jer des inspirations et des conseils; à sa tombe, près de (le laquelle ma place est marquée à côté de celle d'un frère ^cher a mon cœur et si universellement regretté l Puissé-ie ns à mon tour, quand mon heure sera venue/obtenir de mes H, [onedoyeps de semblables témoignages, et pour ma niées moire de pareils souvenirs !

ta

■ 7 ♦ * * revenons, messieurs, à nos sentiments al publics, et en presence des tentatives criminelles qui nous ^ avertissent de quel malheur nous pouvons être frappés à ïé chaque instant, rendons grâces à Dieu , et disons du fond ïi w cœur et d une voix unanime : .Vive le roi! e ,

c ^ LAssemblée, vivement impressionnée par ce Discours, en a e dEmanüe 1 impress 1011 par acclamalion.

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