‹ Présidence de l'Assemblée législative dans les séances où l'action modératrice ou disciplinaire du Président a dû intervenir, analyse de ces séances ... petites annales contenant la date et l'indication sommaire des faits contemporains intéressant le régime constitutionnel de 1824 à 1853Chapitre 25 sur 120 · JOURNÉE DU U FÉVRIER · texte numérisé non relu

JOURNÉE DU U FÉVRIER

QUI A MiS FIN A LA MONAÊCltlE CONSTITUTIONNEL]^,

Sfitof de la Chambre des Députés.

( Extra! Le du Moniteur ,}

M. de Cambacérès . Je demande que la Chambre reste en permanence jusqu'à la fin de la crise, (Oui! oui!)

M. le président . 11 ne peut pas être question de permanence autre que celle-ci : la Chambre a ouvert sa séance; et elle restera ouverte tant qu'il ne sera pas fait motion delà lever. La Chambre s’est réunie seulement en séance publique à l 1 heure ou elle devait se réunir dans les bureaux. (Très-bien ! très-bien IJ

La séance demeure suspendue.

Une vive agitation règne dans l'Assemblée, dont tous les membres paraissent gravement préoccupés. Le nom de M. Qiliîon Barrot^ qui, dit-on, a été nommé président du conseil, est prononcé par beaucoup de membres qui semblent étonnés de son absence. Le bruit se répand de l'abdication du roi en faveur du comte de Paris, sous la régence de madame la duchesse d'Orléans.

A une heure et demie, on annonce que madame la duchesse d'Orléans et M, le comte de Paris vont se rendre à la séance.

Au même instant, en effet, madame la duchesse d'Orléans entre tenant M. le comte de Paris d'une main et M, le duc de Chartres de l'autre* De vives acclamations l'accueillent. Un grand nombre de membres des diverses parties de la Chambre font entendre les cris de : Vive la duchesse d’Orléansî Vive le comte de Paris ! Vive le roi! Vive la régente (1);

(I) M Dupin ignorait complètement les manœuvres et les procédai à l'aide desquels ou avait amené Pabdicailoq dn roi Louis-Phi lippe. Il se rendait a la Chambre , lorsqu'il rencontra son collègue , M, de Grammont, qui lui fit part de la rumeur publique, qui annonçait tout à h fois celte abdication et la régence de madame la duchesse d*Qrïéansî Cela les décida a rebrousser chemin et à se diriger vers les Tuileries

JOURNÉE DU 24 FÉVRIER lS4rt> n 7

Madame la duchesse d'Orléans et ses enfants prennent place sur des sièges que l’on a disposés à lu hâte clans l'hémicycle, au pied de la tribune. M, le due de Nemours se tient auprès de madame la duchesse d’Orléans* Plusieurs officiers et des gardes nationaux en uniforme lui servent d'escorte*

Un certain nombre de personnes étrangères à la Chambre entrent aussi dans la salle et se tiennent debout dans les deux couloirs*

Une grande anxiété se peint sur toutes les physionomies*

il/, Lacrosse, au milieu du bruit. — Je demande que la parole soit donnée à M* Dupin, qui vient d’amener M. le comte de Paris dans la Chambre.

M. Dupin. Je 11e Pai pas demandée.

Voix vwmbreuses* Parlez ! parlez !

M . Dupin. (Ecoutez! écoutez 1 ) Messieurs, vous connaissez la situation de la capitale, les manifestations qui ont eu lieu. Elles ont en pour résultat P abdication de S. M. Louis- Philippe, qui a déclaré en même temps qu’il déposait le pouvoir et qu’il le laissait à la libre transmission sur la tète du comte de Paris avec la régence de madame la duchesse d’Orléans. (Vives acclamations. — Cris nombreux : Vive le roi ! vive le comte de Paris ! vive la régentai)

Messieurs, vos acclamations si précieuses pour le nouveau roi et pour madame la régente ne sont pas les premières qui Paient saluée ; elle a traversé à pied les Tuileries et la place de la Concorde, escortée parle peuple* par la

P 01 ^ savoir ce qu’il y avait de vrai. —Le roi était déjà paHi; madame la duchesse d'Orléans était restée seule avec ses enfants aii pavillon Ma raan. MM* Dupin et de Gram mont étaient auprès d'elle lersfiuan vint dire à la duchesse que le roi Petténdak au pont tournant. Us se mirent aussitôt en marche pour aller le rejoindre, madame îa duchesse d'Orléans donnant le bras à M. Dupin, et M. de üratmnonl la main au comte de Péris ; un valet de pied portait dans ses bras le duc de Chartres, un peu souffrant. Mais lorsqu’ils arrivèrent au poht tourna m , le roi était déjà parti, La duchesse et $nn fils furent accueillis par la garda nationale du poste et par le peuple aux cris de : « Yive le comte de Paris, roi des Français I vive la duchesse d’Orléans ! » et spontanément la foule s ouvrit devant eux et forma la haie dans la direction. du pont de la Concorde. C’est ainsi que madame la duchesse d'Orléans et ses enfants, sans dessein formé d’avance, arrivèrent au palais de la Chambre des Députés» Ils furent introduits dans la salle des séances, oà le duc de Nemours, qui n'était pas avec eux dans le trajet, ne tarda pas à les rejoindre, et se plaça à côté dVux.

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garde nationale (bravo ! bravo I), exprimant ce vœu comme il est au fond de son cœur, de n’administrer qu'avec le sentiment profond de l'intérêt publie, du vœu national, de la gloire et de la prospérité de la France. (Nouveaux bravos.)

(M. Dupin descend de la tribune.)

Plusieurs membres . M. Barrotl M. Barrot à la tribune!

D'autres membres , 11 est absent !

M. Dupin , de sa place. Il me semble que la Chambre, par ses acclamations unanimes, vient d'exprimer un sentiment non équivoque qui doit être, constaté.

V&iir nombreuses. — Oui ! oui!

Voix diverses à gauche et à F extrême gauche* Non! non! attendons M. Barrot! un gouvernement provisoire !

M. Dupin . Je demande, en attendant que l s acte d'abdo tien qui nous sera remis probablement par M. Barrot soit parvenu, que la Chambre fasse inscrire au procès-verbal les acclamations qui ont accompagné ici et salué dans cette enceinte le comte de Paris comme roi des Français et madame la duchesse d'Orléans comme régente, sous la garantie du vœu national (Oui ! oui ! bravo ! — Non ! — Vive et uni' verselle agitation*)

M* le 'président. Messieurs, il me semble que la Chambre par ses acclamations unanimes.

(Approbation au centre* — Réclamations à gauche et à droite de la part des spectateurs qui sont entrés dans les couloirs.)

M. Dupin , Je constate avant tout les acclamations du peuple et de la garde nationale.

(M* Marie demande la parole et monte à la tribune.— Le bruit et Fagitation Fempêchent de se faire entendre.)

i¥* de Lamartine , de sa place. Je demande à M. le président de suspendre la séance par le double motif et du respect que nous inspirent d ? un côté la représentation nationale et de l'autre la présence de l'auguste princesse qui est ici devant nous* (Non 1 non ! — Oui !)

M. le président . La Chambre va suspendre sa séance jusqu'à ce que madame la duchesse d’Orléans et le nouveau rot se soient retirés (1). (Non! non!)

(1) *& retirer!, ** Et où aller, grand Dieu!**. Aucun des mi nieras n'était présent... Ceux dès députés qui avaient le plus poussé à Fabdi* cation du roi étaient ceux qui se montraient le moinsE.. Aucune disposition n*avait été prise pour protéger h situation, ni du ruié thi

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