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toyer le plus possible de ses candidats dans la nouvelle Aï semblée, et avec une exigence qui, pour quelques-tnu dépassait de beaucoup dans quelques départements 1 proportion des voix auxquelles correspondait leur opium Parmi tous les conservateurs ainsi élus, il y avait hknrn pensée commune toujours persistante, celle de eombaltr l’anarchie révolutionnaire, la démagogie, le socialisme mais le désir aussi de remporter dans certaines question particulières. .*. ïl faut le dire enfin, il y avait peu de disp: sinon à consolider la République ; on arguait des vices à de La Constitution, non en vue de la perfectionner, mais b la détruire ; les partis considéraient Tordre de choses existant comme une sorte de séquestre t un terrain ncuin on y restait, mais provisoirement * en disant: C*t$H qui nous divise le moins . Maïs iï y avait aussi ce (i est capable de diviser le plus; chacun nourrissait » lie espérances, et gardait ses arrière-pensées!.... Bref, ilj h avait au moins quatre partis, dont chacun ne se dissM tat lait pas que, s’il se mettait eu avant, il aurait lestm 1 en antres contre lui,.,. des
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Avec ces dispositions, il ne faut pas s'étonner si T Assemblée législative s'est trouvée sans cesse tiraillée en sens divers avec une majorité de deux tiers des voix, toutepuissante pour arrêter ou condamner les excès révolutionnaires, toujours d'accord pour défendre la triade exprimée par cette formule : la religion, la famille et la propriété; mais impuissante pour aller en avant et rien fonder par un commun accord.
Si telle Otait la majorité, il faut voir aussi ce qu'était la minorité.
Dans l’Assemblée constituante on comptait h peine vingt montagnards; dans l'Assemblée législative on en comptait plus de cent. Jl y avait en outre une section républicaine, qui ne partageait pas les doctrines de la Montagne, et qui s'en séparait quelquefois ; mais qui, souvent aussi, tout en déplorant les excès des démagogues, pactisait avec eux, leur prêtait son concours, et portait dans l'occasion à plus de deux cents, c’est-à-dire au tiers de toutes les voix, la force de ces deux oppositions réunies.
La lutte avec la Montagne a été la plus rude besogne de l'Assemblée législative, depuis sa première séance jusqu'à la dernière.
Dans les précédentes assemblées, il y avait eu des luttes de tribune, des luttes vives, des luttes d'opinion; quelquefois des scènes ardentes, comme sous la Restauration en 1815 et 1819; mais enfui ou y retrouvait les mœurs françaises ; à côté de la vivacité, l'urbanité, l'&prit ; des talents divers, mais qui savaient s'estimer, et au fond se rendre justice. Cette fois, au contraire, certaines élections, à force d'être descendues dans les derniers rangs de la démagogie, avaient ramené au sommet de la représentation nationale quelques hommes violents, grossiers, incultes, profondément ignorants des affaires publiques et des usages sociaux ; des hommes dont le langage accusait
33i CONSIDfiRATIOlSS HISTORIQUES
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le manque absolu d’éducation (1), et qui transportais . dans les discussions et dans les votes des expressions pruntées à des palefreniers de manège et à des hommes \
d'estaminet.
Allons, houpl dît Ton d'eux ati moment où la majorité se levait pour la contre-épreuve (2)*
A chaque instant, partaient du haut de ce Sinaï du jacobinisme des éclairs et des tonnerres d'injures persan* nelles, d'agressions, dlnsultes; des clameurs dont les journaux ne pouvaient donner mie idée que par ces locutions qu'on trouve fréquemment dans'leurs comptes rendus: cris inarticulés ! — cris sauvages! — tiimuik! — tumulte effroyable ! — hourras frénétiques !la confusion est à son comète ! etc. s etc.
Il y avait assurément dans tout ccîa une tactique.
D'abord la Montagne, quoique en minorité, se sentant plus nombreuse que sous ïa Constituante, crut qu'elle pourrait, à force de bruit, empêcher les délibérations;ci de fait, on put croire pendant quelque temps qu'elle j réussirait.
Matée par le président, contrariée par les peines à règlement, elle finissait par se soumettre, mais en frémissant, et de guerre lasse; et toujours est-il que pendant deux ans et demi il ne se passa pas une semaine m que plusieurs séances offrissent le spectacle des scèneste plus bruyantes et parfois les plus scandaleuses.
Ces scènes étaient calculées pour correspondre avec le passions du dehors, toutes les fois que les questions étaient de nature à les exciter.
S’agissait-il des clubs, des sociétés secrètes, il fallai!
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(ï) Voyez la séance n* 116,
(2) Voyez le* bornes n*" 10 ei Wl,
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dire il la tribune pour leur défense tout ce que ces associations auraient pu dire elles-mêmes si leurs orateurs avaient pu y monterj et approuver par conséquent tout ce qui s'y était passé.
Dans les questions intéressant la presse, il fallait à tout prix défendre et justifier les articles des plus maniais journaux.
I avait-il une pétition, ou un projet de Joi sur les boissons, les octrois, il devenait indispensable de parler dans nu sens favorable â tous les cabaretiers dont les arrièreboutiques fournissaient des lieux de réunion aux frères et amis (i).
Pour plaire à ceux-ci * il fallait préconiser les apôtres du jacobinisme : louer hautement Robespierre, Saint-Just, Danton, Marat; exalter 1793 et la Convention.
Chaque fois qu'il y avait au dehors un désordre, nue émeute, une résistance à l’autorité, il fallait prêcher l'indiscipline à 1 armée, déclamer contre les gendarmes, la police, les procureurs de la République et les juges d’instruction.
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failli!
Dans les derniers temps on avait imaginé une tactique nouvelle : quand il y avait eu une séance violente, le lendemain on réclamait ta paroi® sur te proebs^vevbat f quoiqu il fût parfaitement exact et qu’on m demandât aucune rectification ; mais uniquement pour prolonger et renouveler le scandale de la veille.
Enfin, on faisait arriver les questions les plus ardentes, tantôt à l’aide d'interpellations, tantôt par des propositions accommodées aux vues des partis,
Une loi était-elle proposée, on la couvrait d’amendepieuts.
Stn presque tous les votes, quand cela se rattachait
i,l; Voyrà les écviu de Ctiuwidière, Chenu, ele,
liïii CÔNêtDÉRATIONS HJSTORIQÜÉS
aux passions anarchiques et socialistes, on demandai)! ni scrutin public, pour fatiguer l’Assemblée et chercher qu intimider ses membres sur les suites de leurs votes ,f co publiant leurs noms comme pour les vouer aux sou rai po de la colère publique, et comme si les listes du senti étaient destinées à devenir des listes éventuelles de pt pr
scription I ïe
Scrutin public, funeste invention d’un autre teiap te qui dans les époques de calme favorise le pouvoir A ve despotisme, sous les regards duquel on vote (vulk instantis tyranni) ; et qui, dans les temps de tiouN tourne souvent au profit de l’anarchie, jamais au pa de l’indépendance et de la vraie liberté (1).
Dans une assemblée ordinaire, polie, pacifique, bip réglée , si les esprits s'échauffent, ils ne tardent pas t pc calmer. D’un mot, en Angleterre, le spiker de la Ciiainl n des Communes fait tout rentrer dans 1 ordre : à peine*, or dit: Ordcr ait (tout le monde b l’ordre)! chacun | e < tait. C'est le si fortevimm qutm conspexêrc, sito nu Mais avec les montagnards de la législative, de ! o moyens étaient bien loin de suffire. Il fallait presque tj j 1 jours que le président soutînt une lutte personnelle ctf 17 ainsi dire corps à corps, tantôt avec les individus, M da avec la masse (2), pour les réfuter, les confondre, relieurs mauvaises paroles, mettre en relief leurs follesd p ], trines, leurs méchants desseins, les Stigmatiser t sa ainsi dire, en leur disant par exemple : « Eh quoi t o: lo » pourra donc pas citer un fait répréhensible qui sa „ trouve ici des défenseurs! pas un crime qui ne s» cc
____-—---——-4g ad
fl) Celte opinion contre le scrutin public a cle emise par MU — dans la Chambre des Députés dans la séance du 18 mars, celle triste innovation fut introduite. Lite a fan vivre le niinisM lors six mois de irop.
(2) Ost un démon qui s’appeilè Légion, —
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Sùaiice n* 1T0,
ndaiil nm apologiste comme pour un fait personnel (1)1 « Dans rchêr quel pays, a quelle époque a t-il jamais été besoin de retes, f courir i de telles sévérités pour ramener des hommes uvenir politiques à la morale et au bon sens? scruti Quelquefois des paroles graves et sévères suffisaient et de pc produisaient leur effet ; d'autres fois le ridicule seul en venait 5 bouc Souvent, en effet, on trouve dans le Mbniteuijt leur, après un mol piquant du président suivi d'un mourir tt: vement d’hiiarité, ces mots : Le silence se rétablit (2). vuik Tant est vrai ce qu'a dit Horace :
roubr
^ Bidicuium acri
' ' Fortins ne tneliiw magnas plcrumque secai ns,
16 > ^ Et rem arquez-le bien : ce n’est pas seulement dans les
pas )} petites choses, c'est aussi dans les grandes affaires, magnas lliatiii reSj q Ue i e ridicule jeté a propos sur une situation par un HÉtv orateur qui sait habilement manier le sarcasme entrante acuo les assemblées et les calme plus sûrement et plus rapide- ^ ment quelquefois que ne ferait l'argument le plus sérieux. ^ 1 Cela d’ailleurs dépend beaucoup des circonstances, de l'état W 1(1 d'une assemblée, de la disposition des esprits ; il faut saisir ïetpf Y à-propos , ce qui exige à la fois beaucoup de soudaineté 3 »dans l'esprit et de vivacité dans la repartie. f r* Le président de l'Assemblée législative a souvent em- Mt ployé cette arme du ridicule quand elle s'est trouvée sous î6î ‘ f" sa main, surtout lorsqu'il s'agissait de faire taire un brouil- ^ m ton et de le clouer sur son banc par un mot qui le réduiqu'il sait au silence. Cela déridait l’Assemblée et servait de e su* contraste â ce qu’avaient ensuite d’âpre et de poignant ces ^ admonestations vigoureuses que nécessitaient les écarts de
t l&fr ~ -~---—---—
ciistÈfii (l) Celle assertion est clairement justifiée par le langage de Peiiréme gaudie dans les séances n*» 18, 70,05 et 152.
I (2) J'ai ri , me voilà désarme,
certains orateurs ou les soulèvements séditieux de la Mon* iagne*
Jamais, du reste , aucun président ne s'est trouvé en présence de plus grandes difficultés. On ne se fait pa assez une juste idée de ce qu'est * en pleine révolution, !s direction et la police d'une assemblée nombreuse (,7j[ membres), composée de plusieurs partis animés les um contre les autres par des passions à découvert ou des nu eu nés cachées, qui s'emportent quelquefois pour un mm plus encore que pour le fond des choses, se soulèvent à J; moindre occasion, et qui, à certains moments, scruta en quelque sorte avoir perdu le sens l C'est en faisü allusion à quelques-uns de ces moments d'effervescena où tous les députés à la fois se lèvent, quittent leurs plices pour descendre dans le préau de la salle, s’interpelle, et s'objurguer mutuellement, que le président a dit « offraient le spectacle d'une fourmilière dans laquelle donné un coup de pied*
Un seul homme alors est chargé d'élever la vois* milieu et au-dessus de tous, de garder par devers lui tou le sang-froid que les autres ont perdu* Seul pour toc voir, tout entendre, tout saisir, tout préciser; sans conseil, sans délibération possible, sans délai; obligé de faîn brusquement te coup de pistolet avec les assaillants, et A ramener les esprits à ce qui doit faire le véritable objet Æ j la délibération; il faut incessamment qu’il s'interpose, tantôt avec l'opposition la plus ardente, tantôt avec! majorité elle-même, quelquefois avec tous ; obligé d’à™ vite et toujours raison , car, s'il a tort, on ne le lui pardonne point*
M. Dupin, président, a caractérisé cette éminentee difficile fonction en disant d’elle ; Honneur et doidm' Grand honneur, en effet, que d'être h la tête de la ràjrêLj sentation d’une grande nation ; mais douleur aussi,
leur profonde par Ja difficulté, la fatigue, le péril des situations, 1 emanct altâ mente reposlum des amourspropres blessés, et trop souvent, hélas! pour la chose publique, le néant des résultats.
En effet, ces agitations incessamment renouvelées, ces tiraillements intérieurs épuisaient les forces vitales de l’Assemblée; leur retentissement au dehors détruisait sa considération. Et cependant quelle n’était pas la puissance des éléments d’ordre qu’elle renfermait dans son sein ! On y trouvait l’élite de tous les hommes qui avaient brillé sous les régimes précédents. Si certains discoureurs de l’opposition ont souille la tribune française par leurs discours et montré jusqu’où peut descendre l’abjection de la parole; les orateurs de la majorité, MM. Thiers, Berryer, Montalémbert, ont déployé dans plusieurs mémorables occa- 1 S ' 0I1S plus hante éloquence ; leur passé n’avait rien offert de plus élevé, de plus fort, de plus brillant. D'autres hommes encore, en plus grand nombre, avec un talent moindre, mais avec un patriotisme égal, des connaissances positives, un dévouement qu’on ne saurait trop louer, ont soutenu la lutte dans une longue suite d’importantes questions. Eclairée par leurs discussions, qui contribuaient anssi à éclairer l’opinion publique, l’Assemblée a repoussé ict'l-, de cent P ro Pbsitions ineptes ou dangereuses. Toutes nos , f ° 1S <IU ’ il s ’ a S issait d’éloigner le mal , la majorité des ’denx tiers n’a jamais fait défaut. Elle s’est rencontrée aussi pour certaines lois de détail, des lois philanthropij ^ ques sur les logements insalubres, le patronage des jeunes détenus, les caisses de retraites ou renies viagères pour la
nt(t™p IeS ? C ’ lcs conditiolls de l’apprentissage, l’assistance judnaa’re, les hôpitaux; elle s’est même occupée des
•eméf pu ^' cs RJais eI ^ e o’a jamais su s’accorder pour dou- , es g rand es lois ou prendre les grandes mesures qn on attendait d’elle avec le plus d’impatience.
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3 4o CO K SIDÉRÂT] O NS HISTORIQUES
Elle a enfanté à grand’peine la loi sur renseignement, ( qualifiée transaction, et qui u’a que médiocrement si- ; tisfait les esprits : <
TttntÆ molis ernt togatam saltare geiiteni!'..
La loi électorale du 31 mai 1850, comprimée dans de; j limites que ses auteurs ne pouvaient ou n’osaient franchir, n’a prévenu aucun mal et ne rassurait pour l’avenir aucune
opinion. (
La loi hypothécaire, malgré les efforts persévérants de ^ son très-habile rapporteur (M. de Valimesnil), succomb s sous le poids d'amendements infinis et d’interminables & .
eussions. ,
En un mot, l’Assemblée législative a constamment vouli f le bien ; elle a essayé de le faire ; mais en général elle u': j guère réussi que dans les négations. }
La révision de ]a Constitution devait être la grande prki cupation de cette Assemblée * en présence de FécW nie naçanl e de m a i 18 5 2 f j o u r fatal où dev aient expirer 1 1: ^
fois les deux grands pouvoirs de l'Etat t s il n y été s
pourvu ! t
Cette révision sans doute était rendue difficile part ^ disposition formelle de Fart, lîl de la Constitutions qi ^ exigeait la majorité des trois quarts dvs voix . K
L’effort fut tenté une première fois, — et si la majorHj ^ ne fut point des trois quarts , du moins une majorité for- # midable se prononça pour la révision. ( Nombre des votanlsj ^ 724. Pour la révision, 446 ; contre ,278, — Séance du i b juillet 1851.) j u
L’opinion publique qui désirait cette révision s indigon ^ de voir que la majorité fût ainsi tenue en échec par te ^ minorité dont les éléments causaient toutes les cr|i pour Favenîr.
Les pétitions éclatèrent ; elles se multiplièrent au P-
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d'offrir un iota! qui dépassait deux millions de signatures ! Nombre énorme dans un pays où si peu de gens savent et osent signer leur nom.
D’un autre côté, ies conseils généraux, qui s'étaient préoccupés de la meme question, avaient presque à Tunaanuité exprimé le vœu que la révision eût lieu.
Appuyée sur ce double renfort, que devait faire T Assemblée ? — Evidemment elle devait revenir il la charge t travailler à avoir encore une majorité la plus forte que faire se pourrait; — et si elle n’était pas des trois quarts ; —s’il restait un scrupule en présence du texte réglementaire de l’arL 111 ; — si Ton croyait doctrinalement n’avoir pas un mandat suffisant pour passer outre, il fallait que la majorité eût l’énergie d’appeler à son aide la ratification nationale, qui eût tout couvert par son vote, Ratihabitio mandata compara tur (1).
C’était le moyen qu’avait dès l’origine et d’avance indiqué M, Dupin dans son Commentaire sur la Constitution d& 1848, publié en janvier 1849. Pendant trois mois de suite, la Patrie et le Constitutionnel ont reproduit en tête de leurs numéros de chaque jour son opinion ainsi formulée : « Une assemblée pourrait-elle, au lieu de pro- » poser quelques articles à la révision d’une autre assemb blée, proposer directement cette révision a la sanction » du peuple souverain (ait, 1 er de la Constitution) ; — du j» peuple de qui tous les pouvoirs émanent (art 18), — et « dont l’Assemblée nationale elle-même n’est qu’une délé- » gation (art 20)? — Si cela arrivait, qui pourrait » s’en plaindre, puisque le peuple entier serait appelé à » prononcer clans les comices du suffrage universel n (art 24) ? n
Eu prenant l’initiative de cette grande mesure, la révi-
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(l) Même en droit rigoureux , ratification équivaut ii maudai»
skm se faisait naturellement ; rien n’était plus facile qae de s’entendre à cet égard avec le pouvoir executif, qui % montrait alors peu exigeant; il en fut sorti moins fait mais les libertés publiques eussent été moins froissées; la chose publique eût été moins émue, et T Assemblée aussi eût pu dire qu’elle avait sauvé le pays.
Pourquoi la majorité n’ad> elle pas eu recours h ce moyen héroïque ? — C’est qu’au fond elle était divisée.
Sous la Constituante * la réunion de la rue de Poitiers avait offert un noyau dirigeant ; c’est de là que partirent les résolutions d’ensemble qui mirent fin au gouvernement provisoire, qui constituèrent un nouveau pouvoir exécutif énergique et loyal, et qui préparèrent les moyens à résister énergiquement aux attaques de juin*
Sous la Législative, dans les premiers temps, une réunion centrale au palais du conseil d’État donna aussi de l'impulsion et de l'unité aux résolutions de l’Assemblée, Ou y sondait l’opinion des différentes nuances des partis, on obtenait des acquiescements, des silences ! et Ton prévenait ainsi des dissentiments qui, sans ces préparations, auraîenf éclaté à la tribune.
Mais bientôt les chefs des divers partis se trouvèrent mal à Taise dans cette grande réunion; ils y rencontraient des résistances dont leur amour-propre s'indignait On ainu mieux alors se scinder en plusieurs réunions distinctes dam lesquelles les opinions singulières étaient plus sûres de dominer : Tune rue de Rivoli, l’autre pïaee des Pyramides, une autre encore rue du Bac; chacun sortait de là a m des résolutions diverses et des directions opposées!
Et cependant, en rassemblant tous ces éléments, il j avait une majorité honnête, une majorité forte, avec des publicistes éminents, des hommes d’État expérimentés, des orateurs puissants!,,,, mais ils étaient divisés; il n’en pouvait sortir qu’un des&iaèîtur^ ,.
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Les plus éiWfheilts d'entre ces hommes politiques ne pouvaient se dissimuler le péril de cette situation. Dès l'origine, leur clairvoyance le leur avait fait pressentir: — h Savez-vous, disait l'un d'eux à ses électeurs (t), savez- » vous com m en t les mei Heures eau ses s u ceo m be n t q u oi * qu’elles aient pour elles l'immense majorité des esprits? » C'est par î f indifférence , ta modes se , ta division t de ceux-là mêmes qui ont te plus d y intérêt à les » défendre, »
Ceüe division alla toujours en augmentant : elle se produisit surtout à l'occasion de la nouvelle loi électorale,
L’Assemblée, par sa loi du 31 mai 1850, avait voulu restreindre le suffrage universel.
Le pouvoir exécutif proposa de le rétablir.
Sa proposition fut rejetée.
Mais quand il s'agit de mettre une autre proposition 5 la place, au lieu d’aborder résolument la question des élections politiques , on prit un détour, et l’on commença par le petit bout, par une loi sur les élections municipales !
Là mémo encore on ne put s’entendre; et quand on vint à la question de domicile et à sa durée, qui était au fond le mystère de toute la loi, T Assemblée, dans sa séance du k novembre 1851, se divisa au point que le scrutin montra 321 voix pour et 320 voix contre (2) : majorité d'une seule voix, rendue douteuse elle-même par
t (0 Circulaire du représentant de Bordeaux aux électeurs de h Gi- J J rnndc le 23 septembre 1848.
df!
(®) Déjà dans sa séance du 25 juillet 1851, sur no amendement de tŒ, M, Baze qui blâmait le ministère d'avoir excité fes citoyens nu pétition^ . jj nefltériï, la majorité n'avait été que de 333 bulletins Jdaims contre 320 J . eil8 ï cesb^à-dire 13 voix sur 653. La division des esprits allait touj jours croissant à mesure qu'on approchait du dénouaient.
les réclamations qui s’élevèrent sur la sincérité île plusieisr:
votes !
Cependant 1852 approchait !... le vaisseau de l’Etat était dans la position d’un navire battu de la tempête, que Si mer et les vents 'poussent à ta côte, et dont l’équipage, sans énergie, sans résolution, et comme frappé de stupeur en face du danger, se croiserait les bras, et fuisserait arriver sur les brisants, sans savoir, après le chat, sur quel esquif, sur quels débris chacun pourra tt sauver
Le 21 novembre, l’Assemblée, qui n’avait voulu entendre aucun orateur sérieux, se plaisait à écouter pendant trois quarts d’heure comme une sorte do délassement les billevesées de Pierre Leroux, inientiqm on tene&ant.,..— Et le président de s’écrier avec un acccm douloureux.... : O Athéniens!..., h
Il avait raison : Philippe n’était pas loin. P
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