CHAPITRE III
attaque et de tout soupçon, un, homme possédant de vastes connaissances et un esprit apte aux affaires. Il doit être d'un caractère bienveillant et simple, doué de bon sens pratique, de fermeté, et en même temps de jugement droit. Il doit connaître à fond les privilèges de cette assemblée et être capable, en toute occasion, de les soutenir avec autorité et dignité en même temps qu'avec tact et modération. Il doit être, particulièrement à notre époque, capable de remplir la fonction plus importante et plus difficile encore de maintenir son autorité morale, Tordre dans nos débats et la dignité dans nos actes, nous aidant tous ostensiblement et inostensiblement à maintenir ce respect de soimême, cette discipline personnelle, ce mutuel respect pour ses collègues, cet esprit d'obéissance au règlement de l'assemblée qui sont essentiels à l'accomplissement des fonctions du Parlement."
Cette définition des vertus qu'on peut attendre du speaker anglais font ressortir encore plus énergiquement la différence qui existe entre la conception que se font les parlementaires anglais de cette haute fonction et la façon dont la comprennent les politiciens américains.
76. En 1872, la Nation, de Washington, contenait cette définition des devoirs du speaker. " Le speaker ne doit jamais oublier que son devoir est non pas de faire du travail législatif pour le Chambre ou même sans la Chambre, mais de guider la Chambre dans son travail, conformément aux désirs de la majorité." Enfin, M. Reed a donné lui-même dans le Congressional Record (51 Congrès, Ire Ses. 81) la définition suivante du rôle du speaker tel qu'il le concevait : " En tant que ses devoirs sont politiques, je désire qu'ils soient accomplis avec le sentiment de tout ce qui est dû au peuple de tout le pays. En tant qu'ils
LA CLOTIJKE
sont parlementaires, j'espère qu'ils seront accomplis avec le propre sens de ce qui est dû aux deux partis de cette Chambre."
Comme on peut le voir la manière de voir est diamétralement différente dans les deux pays. Au Canada, c'est la tradition anglaise, qui règne lorsqu'il s'agit d'envisager la tenue des assemblées.
La sanction des décisions du speaker.
77. Le speaker, jusqu'il y a vingt-cinq ans, n'avait, clans une assemblée anglaise, qu'à réclamer le silence et l'ordre pour le voir aussitôt s'établir. Il avait en somme peu de pouvoirs, car la Chambre dirigeait elle-même sa procédure et prenait la plupart des décisions. Mais, il n'avait pas besoin de moyens matériels et de sanctions positives pour diriger l'assemblée. Son autorité morale y suffisait. Un mot du speaker était pour les députés un ordre auquel ils obéissaient sans protester, une nomination faite par lui, un châtiment plus rigoureux que la peine disciplinaire dont la Chambre ordonnait ensuite l'application.
78. Mais il est arrivé un moment où la Chambre des Communes a éprouvé le besoin de conférer à son président des prérogatives nouvelles.
Tout d'abord, si des orateurs s'écartent de l'objet de la discussion, le speaker doit les inviter à rentrer dans la question. S'ils s'y refusent, le speaker, après avoir appelé l'attention de la Chambre sur les paroles prononcées en dehors de la question ou sur les répétitions fastidieuses, peut leur ordonner de cesser leur discours. En outre, lorsque le speaker est d'avis qu'une motion d'ajournement du débat ou de la Chambre constitue un abus des règlements et n'a qu'un but dilatoire, il peut refuser de la mettre aux voix