CHAPITRE III
droit d'initiative du speaker était ainsi remplacé par un droit de veto préventif. Le speaker rentrait dans le rôle traditionnel d'où les règlements de 1882 tendaient à le faire sortir. Il n'avait plus à se mêler aux débats en prenant l'initiative de la ùiesure ; 'sa fonction essentielle était de nouveau de protéger les droits de la minorité en écartanl les motions de clôture abusives ou intempestives.
Mais, dans cette même année 1887, le gouvernement devait faire inaugurer par rassemblée le système de la clôture à terme ou " guillotine " qui consiste à assigner d'avance à la discussion d'une mesure un temps déterminé qui ne peut être dépassé. Le 10 juin 1887, le gouvernement faisait décider par un vote de là Chambre que la discussion des coercion-biSs devait être terminée dans la semaine. Le 17 juin, M. Eussell qui avait la parole fut arrêté par le speaker au milieu d'une phrase et tous les articles du projet furent immédiatement adoptés par la majorité unioniste/ malgré la retraite indignée des libéraux et des irlandais. Les libéraux n'en devaient pas moins reprendre pour leur compte le procédé, lorsque, revenus au pouvoir en 1892, ils voulurent faire voter par la Chambre des Communes le projet de homerule qui devait se heurter à l'opposition de la Chambre des Lords.
Dans le système de la clôture à terme, le speaker n'a à jouer qu'un rôle purement mécanique qui consiste à constater l'heure marquée par la pendule et à en informer la Chambre. Mais, en présence des désordres qui se sont produits à la Chambre des Communes depuis 1887, une série de règlements sont venus accroître les pouvoirs disciplinaires du président. Le 28 février, un standing order a donné au speaker le droit de suspendre jusqu'à la fin de la séance et sans consulter la
LA CLOTURE
Chambre les membres qui troublent Tordre. Pour la première fois le speaker pouvait prononcer une peine disciplinaire effective de sa propre autorité. Ce droit a été maintenu à son profit et des actes récents sont venus renforcer encore son autorité.
En janvier 1901, en effet, l'obstruction irlandaise avait recommencé. Le 5 mars, le gouvernement fut obligé de faire prononcer la clôture sur la question de l'éducation en Irlande.
A minuit le chairman qui présidait annonça que le vote allait avoir lieu et invita les députés irlandais à passer dans les couloirs de vote/ Sur leur refus, on envoya chercher le speaker" 31. Gully, qui prit possession du siège et intima aux récalcitrants Tordre de sortir. Comme ils refusaient de le faire, le speaker dut les nommer Tun après l'autre et M. Balfour, leader du gouvernement, proposa que "les seize honorables gentlemen dont les noms venaient d'être prononcés fussent déclarés temporairement exclus de la Chambre des Communes." La proposition fut adoptée à une grande majorité, mais on fut obligé d'expulser par la force les Irlandais qui livrèrent une véritable bataille aux policemen introduits par le sergent d'armes sur l'ordre du speaker. Le lendemain la Chambre des Communes décidait que tout député qui résisterait aux ordres du speaker devrait être suspendu pour le reste de la session, et Je 29 juillet 1901, cette nouvelle pénalité devait être prononcée contre M. William Redmond.
En février 1902, le ministre Balfour, qui prenait une allure autoritaire de plus en plus accentuée, faisait consacrer définitivement par la Chambre toutes les résolutions déjà adoptées et, par des modifications importantes au règlement, faisait attribuer au speaker de nouvelles prérogatives. Désormais on ne peut plus dire que le speaker ne