OBSERVATION VII
(Professeur ABADIE)
M. Pierre P..., 60 ans. Entre à l'hôpital parce qu'il est atteint de troubles mentaux.
Antécédents héréditaires et collatéraux : Père et deux enfants morts de la même affection que la sienne, caractérisée surtout par des crises convulsives.
Il n’a, à son dire, jamais eu d’autre maladie que ces crises convulsives ; de plus il a de petites habitudes d’éthylisme.
Depuis l’âge de 28 ans, crises convulsives, toutes semblables. Environ une fois par mois il est pris d’une sensation indéfinissable au niveau des organes abdominaux. « Il sait qu'il va avoir une crise ». I} s’alite alors et, au bout de deux heures, ses bras et ses jambes commencent à s’agiter, à « trembler ». Il tremble ainsi pendant deux ou trois heures, ne perd pas connaissance et n’est contracturé à aucun moment. I ne crie pas et ne perd pas ses urines. Après sa crise il se met à suer, s'endort et pendant son sommeil respire en gonflant les joues (en fumant la pipe).
Le 17 décembre 1929 il a une crise semblable aux précédentes, mais à la suite il se met à délirer, parlant d’une façon incohérente et souvent inarticulée.
Quelques jours après il devient violent, cesse son travail et ses relations avec ses camarades ; quelques hallucinations visuelles. ‘
Le 23 janvier, à l'examen mental: attention un peu difficile à attirer et à retenir ; jugement sans gros
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troubles ; raisonnement sain ; affectivité À peu près normale ; activité nulle; plus d’hallucinations ni d'idées délirantes, sauf par intermittence (idées de grandeur).
L'examen physique montre qu’il n’a pas de troubles de la parole. Reflexes tendineux légèrement exagérés. Pas de troubles pupillaires.
Diagnostic : Démence sénile incipiens.
Le 25 : Ponction lombaire de 10 cc. ; liquide hypertendu renfermant 0 gr. 55 de sucre, 0 gr. 45 d’albumine, 8 gr. de chlorure par litre. Cellules de Nageotte : 0,66 élément par millimètre cube. Bordet- Wassermann et Meinicke négatifs.
Avant la ponction : T. A. 22-8. [. 5.
Aussitôt après : T. A. 22-8. I. 5.
Cinq heures après : T. A. 22-8. I. 5.
Le lendemain matin : T. A. 20-7. I. 6.
Le malade était resté couché vingt-quatre heures après la ponction lombaire. Cette intervention n'a amené aucune modification ni physique, ni psychique.
D'après cette observation la chute de T. A. n’a été appréciable que le lendemain, ainsi que l'élévation de l’indice oscillométrique.