BUFFARD
ue
Rien à noter dans ses antécédents personnels.
Aucune habitude d’éthylisme chez ce malade.
Le début de la maladie remonte à six mois. Jusqu'’alors, bien portant, il se dit souvent fatigué, ne va plus travailler régulièrement.
La mémoire de fixation a diminué ; par contre sa mémoire d’évocation serait intacte.
Son humeur est tantôt gaie, tantôt triste ; il se plaint de l’estomac, et depuis un mois reste au lit, parce que, dit-il, il est fatigué.
À l’examen : On se trouve en présence d’un homme petit, d’aspect achondroplasique, qui présente des éruptions cutanées circulaires, un peu en relief, et des desquamations de couleur rosée situées sur la poitrine et les plis des coudes. La bouche est oblique, ovalaire, déviée à droite.
A l'examen mental : Pas de troubles du jugement, mais des troubles de la parole. Il bredouille par moment, sans qu'on puisse parler d’achoppement.
Diagnostic : Paralysie générale.
Le 27 janvier 1930 : Ponction lombaire de 10 ce. Cellule de Nageotte : 24,44 éléments par millimètre cube. Réaction de Bordet-Wassermann et Meinicke fortement positives.
Liquide céphalo-rachidien renfermant :
SUPER 0 gr. 58 ATDUNINE ARERPRERET 0 gr. 48 CHiorures eee Hs en
Bordet-Wassermann-Meinicke positifs dans le sang. Avant la ponction lombaire : T. A. 17-8. I. 4.
CNRS
Après la ponction lombaire : T. A. 20-5 17/2. I. 5.
Cinq heures après : T. A. 22-5 1/2. I. 5.
Le lendemain matin : T. A. 21-5 1/2. I. 6.
Chez ce paralytique général la ponction lombaire semble avoir entraîné une poussée hypertensive, ainsi qu'un accroissement de l'indice oscillométrique.
OBSERVATION IX (BaprT)
Antonin C..., 61 ans. Rentré à l’hôpital pour troubles mentaux.
Antécédents héréditaires : La mère a perdu cinq de ses dix enfants en bas âge ; son père mort à 73 ans d’artériosclérose.
Le malade nie tout antécédent éthylique ou vénérien ; n'a pas eu, à sa souvenance, de maladies de l'enfance ; a fait son service militaire ; réformé en 1914 pour cataracte droite.
Ses troubles mentaux remontent à un an.
L'année précédente il se plaignait souvent de céphalées, qu'il attribuait au port de lunettes qu'il était obligé d’avoir depuis son opération de la cataracte, en janvier 1928.
Depuis le 1* janvier 1929 son entourage s'aperçoit qu'il présente des troubles mentaux.
Il a peur de tout, craint de manquer de tout, prétend qu'il va mourir de faim, qu’il a toutes sortes de maladies, « qu'il vaudrait mieux qu'il se suicide ». Il est préoccupé par des questions d'argent.