V. Markovitch
douloureux. Pouls imperceptible. Pas d’œdèmes. Entre à l'hôpital.
Examen. — Œdème violacé, douloureux, prenant tout le membre plus la région scapulaire antérieure et postérieure. Cordon de la jugulaire externe thrombosé. Pouls petit. LA 49/7.
Le 2 août entre dans le service de médecine. Amélioration, Œdème diminué mais toujours volumineux, violacé. Circulation collatérale du thorax. Mouvements conservés.
Jugulaire thrombosée. Quelques taches purpuriques.
Etat psychique normal.
Gros râles à la base. Cœur : souflle systolique à la pointe. Anasarque. Pas d’albumine.
Le 20 juillet: T. A. 12/7.
Le 4 août : T.A. 11 1/2/8 1/2. P. V. 25. À été déjà traité en chirurgie par la digitale (L gouttes).
Le 5, 6,7 août, X gouttes de la digitale.
Le lendemain du traitement, hémiplégie passagère caractéristique droite. Paralysie faciale. Babinski positif. Durée de une demi-heure. Amélioration pendant un ou deux jours puis le coma progressif. Pouls incomptable. Pression veineuse prise dix minutes avant la mort, précédée dé cinq minutes par une injection de morphine. P. V. 3.
Nous citerons un autre cas tout aussi intéressant où dans une première phase nous voyons la pression veineuse d’élevée revenir à la normale à la suite d’un traitement intense, coexistant avec une amélioration notable et permettant au malade de reprendre presque son exislence habituelle pendant deux mois. Puis, dans une deuxième phase, l’asystolie devient franchement irréductible comme le
Le
montre la fixité de la pression veineuse qui reste à un chiffre élevé jusqu’à la mort.
Obs. XXII. — M. L.….. 55 ans. Asystolie avec aortite, insuffisance mitrale et signes de symphyse précardiaque.
Entré dans le service pour asystolie.
Antécédents personnels. — Pas de spécificité. Pas de rhumatisme articulaire aigu. Rhumatisme chronique déformant.
Le 30 mars, à l'examen : dyspnée (46). Facies pâle. Œdème des jambes. Double lésion aortique. Augmentation du ventricule gauche. Souffle systolique à la pointe (insuffisance mitrale fonctionnelle ?) Légers signes de symphyse. Reptation légère de la paroi. Gros foie.
T. A. 12 1/2/9. P. V. 25. Pouls 100, avant tout traitement.
Le 6 avril, T. À. 11/8. P. V. 12, après saignée, deux injections de 1/2\milligramme d’ouabaïne et dix comprimés d’ouabaïne. Amélioration considérable, œdème très diminué. Disparition de la dyspnée.
Avril-mai: malade soutenu par doses répétées de digitaline. Symptômes de symphyse plus marqués. Radioscopie montre une ombre cardiaque très augmentée. Symphyse pleuro-péricardiaque. Augmentation du cœur dans son en-
semble.
Depuis 5 juin état de dyspnée subpermanent. Digitaline
quotidienne. Depuis Le 1° juin jusqu'au 1° juillet a eu 1 milligramme d'ouabaïne intraveineuse, CXX gouttes de digitaline et ro comprimés d’ouabaïne. Malgré tout, l’état de dyspnée subpermanent persiste.
Réapparition des œdèmes et le 3 juillet:T. A. 11/9. P.V. 22. Quelques jours après le malade décédait.
Les conclusions qui se dégagent de ces observa-
tions sont des plus nettes.
Elles indiquent clairement que le maintien fixe à
— 52 — Pat un chiffre élevé de la pression veineuse, malgré un traitement énergique est d’un pronostic fatal, et que les améliorations passagères qu’on peut observer au cours des états asystoliques ne sont souvent qu ap-
parentes.
C. — LA PRESSION VEINEUSE PRISE DANS LES DERNIERS MOMENTS DE L’ASYSTOLIE
Nous venons de voir qu’au cours de l’asystolie la pression veineuse se trouve très au-dessus du chiffre normal. Par contre, aux derniers moments de cet état deux cas peuvent se. produire : ou la pression veineuse reste élevée jusqu’à la mort, ou au contraire elle baisse considérablement dans la période préagonique de l’asystolie. Nos observations du chapitre précédent soulignent très nettement la première éventualité. Les deux cas que nous allons étudier plus loin mettent bien en relief les faits de la seconde.
Pour comprendre ces variations il faut avoir toujours présents à l'esprit les deux facteurs qui régissent la pression veineuse : l’état de stase dans la circulation de retour et la vis à tergo ou le résidu de l'impulsion cardiaque.
Si ce dernier vient à manquer, il est facile de se rendre compte que le vaste lac sanguin immobile, ne recevant aucune impulsion du cœur déficient marquera un chiffre bas au manomètre. Car si l’obstacle périphérique persiste, le cœur épuisé donne des contraclions de moins en moins fortes.
ee L JRES)
Ainsi dans notre première observation XIX il s’agit d’une malade qui au début de son asystolie avait comme pression veineuse 25 centimètres cubes d’eau et la pression artérielle 13/10.
Malgré le traitement par l’ouabaïne intraveineuse, la pression veineuse persistait à 26 et la tension artérielle était de 13/9 1/2. Quelques heures ‘avant la mort, la tension artérielle ne pouvait être prise au Vaquez tellement les bruits étaient faibles. Le pouls était imperceptible. La pression veineuse était descendue à 12. Avec Pachon on ne pouvait pas davantage prendre la tension artérielle, les oscillations n'étant que d’un quart de degré.
Dans un deuxième cas, la pression veineuse très élevée au cours de l’asystolie, était descendue à la période terminale à 8, alors que le pouls était imperceptible et que la tension artérielle ne pouvait être prise ni par la méthode oscillométrique ni par la méthode auscultatoire.
Vu le petit nombre d'observations il nous est difficile de conclure d’une façon ferme, mais d’après ces deux exemples cités il semble résulter que la pression veineuse aux dernières moments de l’asystolie peut marquer un chiffre très bas pour les raisons que nous venons d'indiquer plus haut.