‹ Pression Veineuse au Cours de l'AsystolieChapitre 23 sur 39 · EU · texte numérisé non relu

EU

D. — LEs MODIFICATIONS DE LA PRESSION VEINEUSE SOUS L'INFLUENCE DES DIVERSES MÉDICATIONS CAR-

DIAQUES.

Il n'existe pas une médication spéciale, qui au cours de l’asystolie donnerait une physionomie particulière aux variations de la pression veineuse. Les divers moyens thérapeutiques mis en œuvre dans ces circonstances l’influencent d’une »façon certaine. Qu'il s'agisse de la saignée, de la digitale par voie buccale ou intraveineuse, de l’ouabaïne ou tout simplement de la diète lactée, leur action se fait toujours sentir sur la pression veineuse à moins qu’il ne s’agisse de l’asystolie irréductible.

D'une façon générale, ces divers agents thérapeutiques tonifient le cœur défaillant qui se régularise, récupère ses forces, fait baisser [Le barrage périphérique, le tout se traduisant par une amélioration générale du malade et par la chute de la pression veineuse. |

Nous étudierons d’abord l’action de la saignée sur la pression veineuse.

En effet, en soustrayant une certaine quantité de sang à la circulation générale on agit doublement. D'abord la colonne sanguine se trouve diminuée par un volume équivalent de sang soustrait, D’autrepart, les pulsations cardiaques se trouvant en face d'un barrage périphérique moins considérable auront une action plus efficace. L'ensemble de ces

faits se traduit au manomètre par la descente de l'aiguille vers la normale.

Nous donnons deux observations qui sont en quelque sorte schématiques.

Obs. XXIII. — Mme L..., quarante-huit ans. Maigre. Teint blafard. Température 38,39 degrés. Pouls tendu, régulier, rapide. Entre en service de médecine venant de chirurgie où elle fut opérée d'hystérectomie pour fibrome.Présente à son entrée une crise dyspnéique à type asthmatiforme. Auscultation: râles sous-crépitants et sibilants disséminés dans tout le thorax. Expiration prolongée. Emphysème. Est asthmatique depuis l’âge de neuf ans et soignée pour crises nombreuses d’asthme, plus ou moins éloignées.

Le 24 juillet, réapparition de dyspnée intense. Subdélire. Pas d'œdème. Albuminurie. Tachycardie régulière. Emphysème généralisé avec foyers de condensation pulmonaire (sommet gauche). Considérée comme urémique hypertendue. Devant cette aggravation des symptômes on pratique une saignée.

Le o1 juillet, T. A., 22-11 1/2.

Le 24 juillet avant la saignée, T. A., 18 1/2, 11 1/2. PaV;23

Après une saignée de 450 grammes. T. A., 181/2, 10. P.V. 15. Pouls 130.

Obs. XXIV. M. G..., quarante-huit ans. Asystolie. Entré dans le service le 21 juillet.

A l'examen: cyanose intense s’accentuant en violet noir dans le décubitus dorsal. Distension énorme des jugulaires. Pouls jugulaire. Anasarque très marqué. Gros foie douloureux. Sibilance et ronchus disséminés dans tout le pou-

mon.

Avant la saignée : T. A. 15/10. P. V.3a. Pouls 104 régulier,

Après la saignée de 600 grammes: T. A. 14-10. P. V. 10. Pouls 104 régulier.

Comme l’on voit, sous l'influence de la saignée la pression veineuse baisse dans le premier cas de 7 centimètres cubes, dans le deuxième de 22 centimètres cubes.

Nous croyons suffisamment explicite ces deux observations pour ne pas en citer d’autres.

L'emploi de la digitale par la voie digestive donne des résultats remarquables. A côté de son action heureuse sur la pression artérielle et sur les autres symptômes de l’asystolie qu’on connaît déjà, son influence sur la pression veineuse est des plus nettes. La digitale fait baisser la pression veineuse d’une façon notable. Toutes nos observations parlent dans ce sens clairement. Sauf l’asystolie irréductible où son action est passagère ou complètement inefficace, dans tous les autres cas, nous voyons la digitale agir de la façon la plus utile.

Ainsi dans l’observation XV, après LXV gouttes de la digitaline per os, la pression veineuse, de 18 centimètres cubes qu’elle était avant le traitement descendit au chiffre de 13 centimètres cubes.

De même dans l’observation XVIIL après L gouttes de la digitaline, on obtient un effet analogue. De 32 centimètres cubes qu’elle présentait avant tout traitement, après la digitale, la pression veineuse descendit à 13 centimètres cubes.

D'une façon analogue dans l’observation X[V nous

br

constatons les faits suivants : Avant le traitement la pression veineuse était de 40 centimètres cubes, alors quelle tom ba à 16 centimètres cubes après le traitement digitalique.

Cependant il faut remarquer que ces résultats ne sont pas obtenus uniquement par l'emploi de la digitale. À côté d'elle, qui reste toujours la note thérapeutique dominante, entrent en considération d’autres moyens thérapeutiques adjuvants comme ventouses scarifiées et la purgation. Aussi dans l'appréciation du résultat final il faut tenir compte de ces éléments qui interviennent sûrement pour une part dans la diminution du barrage périphérique.

Comme exemple de l’action de la digitale par voie intraveineuse nous citons le cas suivant : Il s’agit d’une asystolie qui ne fut améliorée que temporairement par ce médicament administré per os. De 25 la pression veineuse tomba à 13. Mais à cause de la réapparition des phénomènes d’asystolie menaçants, on fut obligé d’administrer la digitale par la voie intraveineuse. De 28, la pression veineuse tomba à 25, mais les jours suivants elle remonta à 35, indiquant le fléchissement irréparable du muscle cardiaque (obs. XX).

Pour montrer l'effet des injections intraveinenses d’ouabaïne nous étudierons deux cas suivants: Dans un premier, la pression veineuse avant tout traitement était de 25 centimètres cubes d’eau, Après deux saignées et deux injections intraveineuses d’ouabaïne de 1/2 milligramme on constate une améliora-

Page 1