‹ Prêtre et hostie (volume 2)Chapitre 153 sur 204 · XII I I I · texte numérisé non relu

XII I I I

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Là roi sollicitude inquiète, ce zèle jaloux, cet amour ardent, passionné pour la pureté de la Foi : et parce que un grand amour implique toujours une grande haine pour ce <|iii es! ennemi de l'objet de L'amour, ils ont tous porté dans leur âme une extrême horreur de L'hérésie, -de L'hérétique, non: tant s'en faut: ils n'avaient pour lui que commisération et indulgence; mais, pour Le péché d'hérésie, pour ce mal qui ruine totalement L'œuvre de Dieu, l'œuvre de la Rédemption, tous Les desseins de la miséricorde éternelle, pour ce mal qui ue détruit |>;is seulement l'édifice de la grâce, mais qui en arrache et disperse Les fondements, pour ce mal donl saint Thomas a dit (en le considérant dans toute son étendue), <|u'il est le plus grand de tous les péchés qui sont contraires aux vertus morales1 >, Les âmes sacerdotales, qu'anime Le zèle de Dieu, n'éprouvenl qu'aversion violente et profonde haine. Le P. Faber a dit avec une grande éloquence : « Où il n'y a pas la haine de l'hérésie, là il n'y a pas de Bainteté... C'est le péché des péchés, Le plus rebutant des objets sur Lesquels puisse s'abaisser L'œil de Dieu, dans ce monde de malice L'hérésie est La souillure de la vérité divine, la pire do toutes les impuretés. Il ajoute avec douleur : Cependant, combien aous la trai tons Légèrement : Non- la regardons, et noua demeurons calmes: mais la touchons, et nous ue frissonnons pas; nous dous melons avec elle, et nous n'éprouvons pas de crainte; nous la voyons toucher Les choses saintes, et nous n'avons pas le sentiment du Bacrilége; dous respirons son odeur, et non- ne manifestons aucun Bigned horreur ou de dégoût. Quelques uns d'entre dous recherchent son amitié, d'autres cherchent même à atténuer

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sm malice. Noua n'aimons pas assez Dieu, pour entrer une sainte colère pour m gloire. Nous n'aimons pas

1«-^ hommes, pour rendre à leurs âmes le Bervice d'être vrais à leur égard... Notre charité n'est pas Traie, parce qu'elle n'est pas sévère; et elle n'est pas persuasive, parce qu'elle n'es! pas vraie. Nous n'avons pas de dévotion à la vérité, entant que vérité, en tant que vérité de Dieu i. >

Faisons de ces énergiques paroles la règle de notre conduite. Maintenons en nous, nourri lans nos

cœurs une opposition absolue à tout ce <|"' n'est pas !<• pur enseignement <\<- l'Eglise catholique et du Saint . Pas d'imprudence, dans n"- relations avec qui <\uc de curiosité, à l'occasion d'un livre <|iii t'ait «lu bruit Soyons les rigides observateurs des Règle* l'Index, et de Bes décisions. S'il nous semble que le de \«»ir nous Impose la lecture d'un livre douteux, en matière de doctrine, consultons d'abord notre I ■ que, notre ancien Supérieur ou Directeur de séminaire; et -i l'on nous permet de lire <«,t ouvrage, mortifions encore notre empressement, Bi empressement il y a, et prions, afin que rien n'altère ou même ne trouble la reine

pureté de notre foi. Dans une multitude d< irtoul

quand il B'agit de certaines publications, où nous ne pou

éellement rien trouver d'utile, pour l'esprit, pour

là roi notre instruction et surtout notre édification, nous ferions bien de nousrappeler la belle parole de Tertullien, qui est parfaitement applicable au cas présent, et de nous en tenir à La grande vérité qu'elle renferme : Nobti curiogitate iijiiis non est j><>st Jesum Christum, nec inquixitioiu posi Ecangelium... Cedat curiositas fidei, et gloria hu mànœ saph ntiœ saluti '.

.'!. Si notre Foi est très pure, elle sera nécessairement simple. La simplicité de La Foi est La disposition intérieure qui réside autant dans Le cœur <|iw dans L'intelligence, et suivant Laquelle nous disons tout » 1 1< » î t « • ment, uniment et pleinement, avant, pendant et après toute étude et tout examen, avant, pendant et après toute objection et toute tentation : Je crois! Je crois Dieu qui a parlé, je crois L'Eglise qui me L'enseigne. Il y a des obscurités, il y a des invraisemblances même,je crois! il y a Les prétentions toujours plus absolues de la science, je crois ! il y a des défections et des apostasies, hélas ! même dans les rangs de La sainte Biérarchieje crois! sans trouble, sans agitation et sans hésitation au— i. Ma Foi, c'est la vérité, unique, inébranlable, éternelle, je crois! A mes propres doutes, aux assauts de L'ennemi «lu dehors, que ce soit le monde ou le démon,je réponds par ce mot : Je crois! il est humble, mais net, précis et invariable. Mais, ne cèderez-vous jamais rien, jamais rien? ne craignez-vous pas que Le progrès de l'esprit humain n'amène telle découverte qui infirme votre créance? Non! c'est le simple non, sec et court ,dont parle Bossuet, et qu'il faut tout simplement opposer à la tentation, quelle qu'elle soit, et de quelque part qu'elle vienne8.

1 Lib.cL Prcucript. c»p. vu. l'.-m. l.a.. t Il I 90-21.

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La 8ciencen'e8t pas ennemie de cette humble et franche sition ilr cœur et d'esprit C'est le contraire, puisque la vrai-' science nous révèle la pure nature de l'acte de foi, dans 1» •• n i« -1 ni le talent, ni le génie, ni la contempla t î < • 1 1 et la \ Ki"ii elles-mêmes ne Boni intrinsèquement pour rien, l'acte de t'"i étant une pure b I un don

de Dieu. Cette connaissance dégage l'exercice de la foi du Théologien de tout alliage étranger, de toute erreur. Aussi les plus grandes intellig saint Augustin, -ami

Thomas, * » 1 1 1 été, dans l'J les plus simples ••! les

plu- humbles < îroyants.

Cette belle disposition intérieure a pour objet tout ce <|iii est défini par la Foi : mais eu vérité, <-ll«- s'applique a toute doctrine qui. livrée encore à la discussioi cependant réputée la doctrine préférée du Saint S

ut ou non, le Prêtre est, plus <i'"' tout fidèle, l'enfant de l'Église '-t du Saint Siège, qui ne se trompe jamais. s'il n«- t'ait pas encore l'acte de foi formel, sur le point contesté, il sait déjà où se trouve la vérité; <-i > il m- «lit

. ncore: Je crois! il dit, sans crainte d'aucune d< tj..ii : J'ai confiance] Il est évident que ce sentiment est Belon Dn i et vient de Imi i . C'est l'acte d'amour filial qui est, suivant saint Augustin, la preuve que nous avons <-n nous le l'i'ii '•

\. Notre Foi doit être ferme. La simplicité même de U ,it la fermeté. < !e qui est simple eel un, ce q un est Indestructible. L'humble paroi*

udant a tout, mu ne peut concevoir ce qui pourrait

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mettre en péril une telle consistance, cette sorte d'immofcabilité. Il faut que, dans le Prêtre, la Foi soit simple ••! ferme, parce qu'il est, plus que tout autre, en présence <!<■ faits, qui sont de vraies épreuves <-t des tentations contre la Foi.

- taits sont, surtout à l'heure qu'il est, les voies mys térieuses de la Providenee de Dieu. Que d'énigmes! que d'obscurités! Dieu est le Souverain < l « - l'univers^ et l'en dirait que la liberté humaine dispose de tout, sans retenue et sans mesure, au détriment des droits de Dieu. L'Église est la Fille bien-aimée du Père, l'Épouse immortelle du Fils et la ( 'oopératriee toujours fidèle du Saint-Esprit Point de gloire, par conséquent, u'est comparable à la sienne, et par suite le triomphe devrait être, semble-t-il, l'état habituel de son existence. Non! c'est le contraire, au moins en apparence, et -a cuise, la cause de sa liberté et de son honneur parait être une cause perdue. Son Sacerdoce est méprisé, son enseignement rejeté, tout ce <iui est d'elle est sans crédit Le monde est le vaincu de JÉfll >-<iii;ist, et pourtant le inonde l'emporte; Bes maximes, ses desseins, ses Bectateurs : tout cela semble triompher des Saints, de l'Évangile et de la grande œuvre de la Rédemption. Humainement, c'est le mal, «-t non point le bien, qui a le [.lus «le succès, «-t d'honneur et d'influence. Voilà le Mystère du temps présent, c'est ■> dire de tous les Biècles temporels. Eh bienlil B'agil de donner toujours raison a 1mm . à -.1 sa con

duite.à toutes ses voies, de ae jamais 8e icandaliser de >,,ii silence, de s,»ii apparente abstention, de l'audace qu'il permet a ses ennemis d'avoir contre lui II simplement <•! fermement d'adorer set Incompréhensibles Jugements, et Bes voies impénétrables '. Il -

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d'abaisser avec force notre raison et de l'obliger à «lire: X"/i ■ \tia, non est prudent ia} n onsilium

tra Dominum1. Et encore: Ce qui paraît folie , impuissance, insuccès, et défaite définitive du coté de 1 »n i

t, d'une manière certaine, - , puissance, vic-

toire et triomphe. Quod rtultum est Dei} tapientiué été hominibus ; et quodinfirmum est Dei,fortitm est homini Le Mystère flsl la condition de cette \i<- d'exil. Nous s immes maintenant dans l'ordre de la F<»i. <-t non dans celui de la vision Bans voile3. L'obscurité, l'énigme, 1<' problème <1<- tant <l<' choses humaines ne tient pas à la Bubstance des choses, mais à l'incapacité de notre esprit, <iui n'en peut connaître ni la raison, ni la fin, ni la vraie place dans 1"- plan immense «1»- la Providence de I >n i ». est pourquoi, 1<- in<»t qui exprime la disposition inté rieure de notre âme, disposition constante, ferme, simple, Bûre, joyeuse même «-t affective, c'est toujours l'humble et tranquille : je crois! Abraham fut tenté, tent< Diei : et il n'hésita ]">int à croire < -< • 1 1 1 r« ■ toute sorte d'opposition <!<• la raison. Sa foi a excité l'admiration Saint Paul l'a chanté. I ls( i •• que les belles paroles des deux Épltres aux Romains et aux Hébreux*, ne Bont pas un cantiqu< L< Pères l'ont exalté à l'envi*, et l'Église quia recula plénitude '!<• la

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